Séance de rattrapage : RED LIGHTS de Rodrigo Cortés

L’histoire :

Deux experts en psychologie et parapsychologie, Margaret Matheson (Sigourney Weaver) et Tom Buckley (Cilian Murphy), partagent leur temps entre conférences et chasses aux pseudo phénomènes paranormaux. Ils apprennent bientôt que Simon Silver (Robert De Niro), un medium aveugle réputé, revient après 30 ans d’absence. Contre l’avis de Margaret, Tom veut prouver que Silver est un escroc. Une série d’évènements étranges et dramatiques se déclenchent…

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La vérité n’est jamais très loin.

Réalisé il y a déjà 2 ans par l’espagnol Rodrigo Cortés, RED LIGHTS n’a pas eu les honneurs d’une distribution en salles en France et se voit, depuis peu, proposé uniquement à la vente ou à la location vidéo. Comme beaucoup de monde, j’ai une tendance à me méfier de ces « Direct To Video », pensant parfois à tort, que cette issue n’est jamais bon signe pour un film. Mais avec un tel casting, un sujet intriguant et une bande annonce mystérieuse, je me suis laissé tenter par cette coproduction fantastique à l’arrière-goût X-Filien.

À plus d’un titre, RED LIGHTS évoque la célèbre série de Chris Carter : son duo d’enquêteurs, son image favorisant les tonalités sombres et une approche « sérieuse » de l’inexplicable… jusqu’à cette affiche « I want to understand », pastichant celle de Fox Mulder et que l’on aperçoit au détour d’un bureau en début de film ! Nous voilà en terrain connu, gage de qualité et de frissons bien agréables à défaut de véritables surprises. Et pourtant, il est bien question de surprise puisque le film se termine par un « twist » que l’on peut toutefois découvrir si l’on est attentif aux indices disséminés au cours du récit…

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RED LIGHTS ne se résume pas à ce simple retournement de situation. D’ailleurs, celui-ci s’avère quelque peu décevant après une montée progressive de l’angoisse. J’ai été pourtant rapidement captivé par l’intrigue, oubliant les astuces un peu faciles (téléphones qui sonnent brusquement, objets cognant contre les vitres…) ou les effets de mise en scène et de jeu appuyés (De Niro retirant régulièrement ses lunettes pour bien nous montrer son inquiétant regard vide…). Le duo formé par Sigourney Weaver (toujours impeccable dans un rôle de mentor) et Cilian Murphy (dont l’étrange visage hermaphrodite provoque parfois la suspicion) s’impose de lui-même dans une belle relation « mère/fils » faîte de respect et de rebellion. Il reste l’intêret principal du film, hélas un peu vite sacrifié par le scénario.

Après une introduction intriguante, le dit scénario s’étire mollement, l’excès de classicisme ralentissant le rythme du récit. L’envie de demeurer dans une tonalité sobre et « réaliste » pour évoquer ce qui apparaît au premier abord comme une réflexion sur nos croyances en est peut-être la cause. On espère que le canevas triangulaire réunissant Weaver / De Niro / Murphy décolle et nous offre un suprenant final… en vain ! Le twist est révélé et le soufflé retombe, un rien décevant. Toujours cette envie de rester dans une certaine « normalité », d’éviter les excès abracadabrantesques auxquels nous ont parfois habituer les grosses productions hollywoodiennes ? Ou faiblesses d’un scénario intéressant mais inabouti ? Probablement un peu des deux et c’est bien dommage…

Que dire également de cette gratuite scène d’affrontement entre deux personnages, vers la fin du film, exagérément longue et violente, et n’apportant rien d’autre qu’un peu de mouvement dans un film quelque peu engourdi ? Elle semble avoir été placé là sans aucune raison valable et au mauvais moment. Problème de sensibilités artistiques divergentes due au satut de coproduction américano-espagnole du film ? C’est probable mais ça ne fait qu’ajouter au sentiment de frustration ressenti après la vision de ce RED LIGHTS.

À défaut d’une histoire  pas vraiment maîtrisée, l’image et l’ambiance sonore du film sont soignées. Le casting reste de qualité, seconds rôles inclus, malgré le manque de sobriété d’un Robert De Niro venu payer ses arriérés fiscaux, et l’absence de consistance d’une Elizabeth Olsen dont le personnage apparaît souvent inutile. Grand amateur d’Hitchcock et remarqué pour son précédent film, BURIED, thriller anxyogène et claustrophobique, Rodrigo Cortès nous prouve sa maîtrise de la caméra. En espérant que son prochain film emballe aussi pour son scénario…

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RED LIGHTS (2012) de Rodrigo Cortés.
Avec Cilian Murphy, Sigourney Weaver, Robert De Niro, Toby Jones, Joely Richardson, Elizabeth Olsen…
Scénario : Rodrigo Cortés. Musique : Victor Reyes.

Crédits photos : © Warner Bros.

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    Si je comprends bien, le film n’est pas mauvais mais il mérite quand même sa place en DTV. Je n’en avais même pas entendu parler, merci pour l’info 🙂

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    1. Ça n’est pas un bon film, du moins, il ne m’a pas laissé une bonne impression. Mais il y a de bonnes choses malgré tout, des éléments qui m’ont plu… Je ne crois pas en tous les cas qu’il aurait marché en salles. À voir éventuellement en location ou lors d’une diffusion télé mais sans plus…

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