Pour une poignée de films… #1

Tant de films à voir et pas toujours le temps pour en parler ! J’emprunte ici à mes amis blogueurs et cinéphiles, Nio et Potz Ina, leur idée de revues express de films. Des tests approuvés ou pas, en quelques lignes. Premier épisode avec une révision décevante, un inédit en demi-teintes et une très bonne séance de rattrapage…

EXCALIBUR (1981) de John Boorman

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Arthur est content. Guenièvre a passé un petit coup de polish sur son armure rutilante…

Autant vous prévenir tout de suite : je sais d’avance que je vais me faire quelques ennemis en tapant ces mots. S’il y a peut-être des films que l’on ne devrait déplacer de leurs pieds d’estale, certaines œuvres sacralisées se prennent le poids des ans dans les dents. EXCALIBUR, réalisé il y a 33 ans par John Boorman, et devenu depuis LE film sur la légende d’Arthur, m’est apparue d’un kitsch suranné au cours d’une récente révision. Comment ? Un tel chef d’œuvre ? Une telle pierre angulaire dans la filmo du célèbre metteur en scène ? Ben oui ! Ça n’est que mon humble avis, bien sûr. Et à ceux qui argumenteraient le contraire en brandissant d’autres pièces inoubliables de Boorman comme DÉLIVRANCE ou LE POINT DE NON-RETOUR, je leur répondrais que le cinéaste fut aussi l’auteur il y a 40 ans d’un ZARDOZ bien balourd et grotesque à force d’intellectualisme pompier et de SF woodstockienne.

Évidemment, cette interprétation de la légende d’Arthur et des chevaliers de la Table Ronde doit se voir comme un opéra (Wagner à la BO, ça n’est pas innocent…) ou comme la vision animée d’enluminures issues du Moyen-Âge. Mais si la version de Richard Thorpe (LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE avec Robert Taylor et Ava Gardner) sent le technicolor des années 50, celle de Boorman, toute en « halos flouttés », reste bien trop ancrée dans les années 80. EXCALIBUR, film qui m’avait ébloui à sa sortie, m’est apparue très daté : images excessivement léchées, acteurs surjouants tels des « comédiens de théatreeuuu », musique classique par trop envahissante… Certaines scènes demeurent d’une grande beauté, comme la séquence finale du départ d’Arthur pour Avalon. Et le concept des armures rutilantes s’est imposé jusque dans la récente série KAAMELOTT d’Alexandre Astier. Mais ce mélange entre réalisme cru et imagerie d’épinale m’a laissé de glace pendant plus de 2 heures. EXCALIBUR a certainement marqué son époque, mais j’avoue ne plus être convaincu de son statut de film culte. Reste, pour l’anecdote, l’amusement de revoir des acteurs comme Liam Neeson, Helen Mirren, Patrick Stewart ou Gabriel Byrne à leurs débuts…

THE WORDS (2012) de Brian Klugman et Lee Sternthal

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Bradley Cooper est sous le choc : il vient de reconnaître Jeremy Irons sous son mauvais maquillage…

Vu sur le câble lors d’une diffusion tardive, THE WORDS, film inédit en France bien que récent, m’a tout d’abord intrigué pour son récit à tiroirs. Soit un écrivain à succès (Dennis Quaid) qui, au cours d’une conférence suivie d’une soirée mondaine, séduit une de ses admiratrices (Olivia Wilde) et lui conte la trame de son dernier roman : l’histoire d’un jeune auteur en manque de succès (Bradley Cooper) découvrant dans une vieille mallette en cuir, offerte par son épouse (Zoe Saldana), un manuscrit qu’il s’accapare en le publiant sous son nom. Alors qu’l connait enfin le succès, le véritable auteur (Jeremy Irons) vient lui demander des comptes…

Histoire dans l’histoire dans l’histoire et casting plutôt séduisant, THE WORDS est une demi-réussite ou un demi-échec, selon que l’on voit le verre à moitié plein ou vide. La faute à plusieurs clichés (dans le film, on passe forcément sa lune de miel à Paris, en flânant dans un Montmartre cher à Hemingway, et on écrit fiévreusement durant la nuit…), aux aberrations scénaristiques (comment admettre que personne n’ait découvert le manuscrit dans la mallette en plus de 40 ans ?) et à une trame ambitieuse mais inaboutie. THE WORDS se veut une réflexion sur les affres de la création, sur le poids des regrets, sur l’ambition, le talent et le mensonge. Mais la sauce ne prend pas vraiment. À trop vouloir mélanger les idées, on perd aussi le fil conducteur.

Malgré ses multiples maladresses, l’intrigue reste assez prenante. Pas de véritable spoiler, on peut imaginer sans peine que les personnage de Dennis Quaid et de Bradley Cooper ne sont qu’une seule et même personne. Dans ce sens, la dernière scène laisse le doute planer tout en étant évocatrice. Son statut auteurisant permet au film de ne pas (trop) céder aux diktats Hollywoodien, avec le « happy end » de rigueur. Et le fait de ne pas avoir affaire à un remake, reboot ou à l’énième épisode d’une franchise est plutôt rafraîchissant… En bref, THE WORDS peut s’avérer une agréable découverte pour qui aiment les récits romanesques et les beaux castings. Il manque cependant un véritable souffle émotionelle pour être complètement conquis.

LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ (2013) de Sam Raimi

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Surprises et stupeurs pour Oscar (James Franco) et ses comparses dans la Sombre Forêt …

Rien à l’origine ne me donnait envie de voir ce prequel du célèbre MAGICIEN D’OZ, produit par les studios Disney. Pourtant fan du cinéma de Sam Raimi, l’aspect trop « enchanté » du film, avec son déluge d’images de synthèse, ne m’avait pas interpellé lors de sa sortie en salles. Et bien qu’ayant vu le classique avec Judy Garland, je ne comprenais pas vraiment l’intérêt (sinon financier) de revenir aux sources de ce monde imaginaire.

Cette séance de rattrapage, occasionnée par une nuit d’insomnie, s’est avérée une très agréable surprise. Dans le genre, LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ s’avère une réussite, un beu numéro de funambule entre une trame féérique très premier degrès, accessible aux enfants, et une fable morale s’adressant à une cible plus mure. Sombre sur de nombreux points, le film n’est d’ailleurs pas adapté à un public trop jeune. On ne baigne pas dans le gore, loin de là, mais dans une histoire que n’aurait probablement pas renié Tim Burton, effrayante et torturée derrière un univers coloré et magique.

Se déroulant au début du XXème siècle, LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ suit les aventures d’Oscar Diggs, dit « Oz », un jeune magicien charmeur et un rien escroc, propulsé au cours d’une tempête dans un monde imaginaire portant son propre nom de scène. Manipulateur et peu impliqué face aux évènements, les circonstances et les multiples rencontres qu’il effectuera au cours de ses aventures l’amèneront à changer et à s’engager pour devenir le célèbre Magicien d’Oz…

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Evanora et Théodora (Rachel Weisz et Mila Kunis), 2 sœurs nées sous le signe des sorcières…

Si de premier abord le synopsis s’apparente à un simple conte moralisateur pour petits enfants, LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ ne tombe jamais dans le trop plein de mièvrerie, propice à ce genre de films. Le personnage de Diggs, parfaitement interprété par un James Franco roublard et rusé, n’apparait pas immédiatement sympathique. Anti-héros pleutre, avide de fortune et de gloire, il présente une orientation originale et bienvenue pour ce genre de récit fantastique. Au final , ses défauts le rendent plus humain et l’identification du spectaeur n’en est que facilitée.

Rendant régulièrement hommage au classique de 1939 dans son traitement visuel (le début en noir et blanc, la tempête menant au pays d’Oz…) et par de multiples clins d’œil (l’apparition d’un lion durant le périple d’Oscar, les singes volants…), le film de Raimi offre également un nouveau regard sur le personnage de la Méchante Sorcière de l’Ouest, ses origines dramatiques la faisant plutôt apparaître comme une victime. Quant au spectaculaire final, il nous donne l’occasion d’une belle allusion à la magie du cinéma, tout en revenant au passage sur les véritables premiers pas du Magicien d’Oz.

Ce MONDE FANTASTIQUE D’OZ s’avère une belle séance de rattrapage, au final. Un joli conte, dépayasant sans tomber dans l’excès, divertissant et prenant. Un prequel respectueux de l’œuvre originale qui m’a donné envie de me replonger dans le film de Victor Fleming, et d’emprunter la route de briques jaunes…

Crédits photos : © Warner Bros / CBS Films / Walt Disney Pictures

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    Excalibur, je ne l’ai jamais vu. J’ai vu la bande-annonce sur Youtube et ça m’a refroidie : le côté kitsch pique aux yeux 🙂

    The Words, forcément je ne l’ai pas vu mais je me souviens que j’avais trouvé l’affiche US très belle et intrigante et avoir regretté que le film ne soit pas sorti en salles. Maintenant, je regrette beaucoup moins !

    Quant à OZ, je l’avais vu en salles avec ma mère et nous avions beaucoup aimé. Même la 3D était réussie. J’en garde un très bon souvenir.

    Bravo pour tes chroniques express 😀

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    1. Merci fidèle Potzi 🙂
      C’est toi et Nio qui m’en avez donné l’idée !

      EXCALIBUR était un film évènement à sa sortie. Et cela reste encore une référence pour de nombreuses personnes… Malgré de belles choses, le film a pris un méchant coup de vieux, je trouve :-/

      Pour THE WORDS, il y a de belles intentions… mais ça reste là. Trop ambitieux ? Probablement… Et rempli de lieux communs 🙂

      Le prequel d’OZ m’a vraiment plu. D’autant plus que je n’en attendais pas grand chose, je le reconnais… Une réussite dans son genre.

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