Pour une poignée de films… #4

Au programme de ces nouvelles chroniques en mode rapido, deux séances de rattrapage – l’une décevante et l’autre attachante – et une découverte qui s’avère une bonne surprise…

SHERLOCK HOLMES (2009) de Guy Ritchie

D’ordinaire, je ne suis pas fanatique des réactualisations de classiques. Pour vous donner un exemple récent, le film DRACULA UNTOLD ne m’inspire pas grand chose. Peut-être à tort, je pense très sincèrement qu’il vaut mieux repartir sur des bases totalement neuves que de tenter d’attirer un public plus jeune en « modernisant » une icône qui a déjà fait ses preuves. Certes, pour être franc en ce qui concerne les dernières variations sur les vampires, les pseudo bluettes fantastico cul-cul de la série TWILIGHT ne confirment pas ce que je viens de vous dire. Mais transformer le Prince des Ténèbres en émule de Batman n’est certainement pas une meilleure idée…

Le SHERLOCK HOLMES de Guy Ritchie est, à mes yeux, un autre exemple de mauvaise réactualisation. Je n’avais vu aucun des 2 films, bien qu’ils soient sortis depuis quelques années. Et à la vision du 1er opus, je ne suis absolument pas convaincu. Le résultat d’une série de fausses bonnes idées, fort probablement. Et ma grande préférence pour l’excellente série tv SHERLOCK avec Benedict Cumberbatch, bel exemple d’une réadaptation moderne d’un grand classique de la littérature, y est aussi pour quelque chose. Les connaisseurs de Conan Doyle diront que les romans sont, à la base, eux-même d’une modernité certaine. Ça n’empêche pas la version de Ritchie de taper haut et fort dans le toc à force de tics agaçants et de sfx ultra-digitalisés.

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Blackwood (Mark Strong) vient de révéler à Sherlock Starck (Robert Downey Jr) qu’il s’est trompé de film…

L’âge veut peut-être ça mais le trop plein d’effets digitaux me donnent la nausée. SHERLOCK HOLMES sent trop souvent l’image retouchée, recolorée, réétalonnée. Quant aux (trop) nombreux effets de ralenti, ils m’ont très vite fait bailler ! Mais je pense que la plus grande fausse bonne idée du film est le choix de Robert Downey Jr en Holmes. En temps normal, j’adore cet acteur depuis ses débuts. Et l’idée de l’avoir fait incarner IRON MAN à l’écran reste l’un des grands coups de génie des studios Marvel. Pourtant, le choisir pour dépoussiérer l’image de Sherlock Holmes ne m’apparaît pas comme un choix judicieux.

L’acteur semble nous faire une variante du rôle qui l’a relancé, nous offrant une interprétation entre Tony Holmes et Sherlock Starck, un réchauffé du mec névrosé super futé et attachant mais totalement insupportable pour son entourage. J’imagine d’ici les producteurs cherchant à reproduire le coup de poker des créateurs de la série des James Bond avec Daniel Craig : « prenons un type qui n’a en apparence rien à voir avec notre personnage principal ! ». Après la bancale série tv ELEMENTARY, on replonge dans le Holmes sociopathe cynique, proche de la folie ! Je ne suis pas un fin connaisseur du personnage d’origine, c’est vrai, mais ça me semble quelque peu limité et assez facile de ne jouer le célèbre détective du 221-b Baker Street uniquement de cette façon…

Dans ce déluge de maniérisme digne d’un jeu vidéo haut de gamme mais bien creu, seul Jude Law m’a convaincu, sobre et juste dans son interprétation. Que dire aussi de Rachel McAdams, mignonne mais guère crédible dans le rôle de la vénéneuse Irène Adler. Et l’histoire de l’ennemi ténébreux, défiant Holmes en revenant d’entre les morts, ne m’a absolument pas passionné… Bon, ceux qui ont apprécié se réjouiront : un 3ème volet vient juste d’être annoncé.

Moi, en général, quand j’ai la désagréable impression d’avoir perdu mon temps devant un film, il m’en faut un autre qui me redonne confiance. Je n’ai pas hésité, je me suis revisonné LE CHIEN DES BASKERVILLE avec Peter Cushing ! Tout autre chose qui donnera l’occasion d’un article sous peu, c’est promis…

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CRÉDITS PHOTO : © Warner Bros

JE FAIS LE MORT (2013) de Jean-Paul Salomé

Sorti l’an dernier, le dernier film de Jeam-Paul Salomé (réalisateur inégal de RESTONS GROUPÉS, BELPHEGOR ou LES FEMMES DE L’OMBRE) avait reçu d’assez bonnes critiques. Le metteur en scène semblait prendre la tangente en s’attaquant à une petite comédie policière décalée et sympathique, loin des ambitions blockbusteriennes mais bancales de ses œuvres précédentes. Bien lui en a pris ! Mené par le duo François Damiens / Géraldine Nakache, JE FAIS LE MORT est un film à part, une comédie teintée de polar ou un suspense matinée de comédie douce-amère.

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Quand François Damiens fais le mort, Géraldine Nakache et Lucien Jean-Baptiste cherchent ce pays merveilleux où ceux qui s’aiment vivent à deux…

Le film suit le personnage de Jean Renault (François Damiens), comédien has-been qui eut son heure de gloire 25 ans auparavant en obtenant le césar du meilleur espoir masculin. À cause de son caractère égocentrique et ingérable, Renault s’est éloigné des plateux de cinéma et court le cachet avec les petits boulots qui lui tombent sous la main. Il finit ainsi par participer à une reconstitution de crimes perpétrés dans les Alpes, sympathisant avec le Lieutenant Lamy (Lucien Jean-Baptiste) mais se mettant à dos la jeune juge d’instruction Noémie Desfontaines. Maniaque et suffisant, l’acteur sur le retour va pourtant débroussailler une enquête trop hâtivement conclu et s’attirer les foudres du véritable assassin…

Sans rouler des mécaniques, le film de Salomé s’avère plein de charme. Grâce à François Damiens, parfait dans le rôle du « François Pignon » type, loser sympathique et drôle à force d’être pénible, et sur qui le film repose en grande partie. Son duo avec Géraldine Nakache fonctionne plutôt bien, même si cette dernière s’avère peu crédible en juge d’instruction. Le film surprend en nous emmenant là où on ne s’y attend pas, entre la comédie de mœurs décalée et l’intrigue policière à rebondissements. JE FAIS LE MORT évoque par moments le Claude Chabrol de POULET AU VINAIGRE ou le SALUT L’ARTISTE d’Yves Robert.

C’est léger, attachant et mérite d’être vu ne serait-ce que pour saisir les qualités de jeu de François Damiens, entre humour et sensibilité.

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CRÉDITS PHOTO : © France 2 + Fidélisations Prioductions

EQUALIZER (2014) de Antoine Fuqua

Robert McCall (Denzel Washington), manutentionnaire dans un grand magasin de bricolage, vit chaque jour selon des règles immuables et spartiates. Discret et modeste, c’est un homme dans la foule, secret et solitaire, que l’insomnie amène souvent au resto de son quartier pour boire un thé tout en lisant un classique de la littérature. Un soir, il fait la connaissance d’Alina (Chloe Moretz), une jeune prostituée tyrannisée par un caïd de la mafia russe. La jeune femme est fragile. Les malfrats sont véreux. Et McCall cache à tout le monde un lourd passé de tueur à gages pour les services secrets…

The Equalizer - 2014
Toute la pluie tombe sur Denzel. Mais lui, au moins, ne se laisse pas faire…

Le mot EQUALIZER peut signifier plusieurs choses. Il s’agit d’abord, pour le film d’Antoine Fuqua, réalisateur de TRAINING DAY avec déjà Denzel Washington devant la caméra, d’une adaptation d’une série tv des années 80, avec le so-british Edward Woodward dans le rôle d’un ancien agent-secret rangé des voitures, soucieux de racheter ses actions pas nettes en aidant la veuve et l’orphelin dans le besoin. Un « égaliseur » dans la traduction littérale, comme celui de nos chaînes hi-fi d’antan, avec ses petites briques de lumière, stabilisant le son pour une meilleure écoute mais stabilisant ici un monde semé d’injustices. Un Batman sans la cape et la cagoule si vous préférez !

En allant plus loin, EQUALIZER est également utilisé dans le language courant pour désigner une arme à feu, ce qui est en parfaite adéquation avec ce thriller efficace et violent. Mais loin d’un film d’action type à la Charles Bronson ou Jason Statham, cet EQUALIZER s’apparente plus à un drame matinée de scènes d’action redoutables, mythifiées par le jeu décontracté et intense de Denzel Washington. Avec son interprétation classieuse, entre sobriété, émotion et rage intérieure, il porte tout le film sur ses épaules et évite de le faire sombrer dans une énième variation du vengeur rachitique du bulbe.

Bien entendu, EQUALIZER n’a absolument rien de réaliste ! C’est un film basique mais carré, une histoire simple où les bad guys sont vraiment immondes et le héros jubilatoire à force d’avoir le dernier mot. Quoique dans son cas, ce serait plutôt le dernier geste… Le film surprend agréablement par sa lente mise en place, son découpage lisible malgré la fulgurance de certaines séquences et sa tonalité très 70’s, à milles lieues des thrillers épilleptiques d’aujourd’hui. Un bon polar à ne pas prendre au sérieux mais qui s’avère prenant dès les premières minutes.

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CRÉDITS PHOTO : © Columbia Pictures

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    J’ai vu l’ adaptation de SHERLOCK HOLMES par Guy Ritchie et je te rejoins sur le côté très agaçant des ralentis. Je me souviens que ça m’avait vraiment tapée sur les nerfs. Le reste m’a moins dérangée. Robert D. Jr en fait des tonnes, c’est vrai mais sincèrement je l’ai trouvé drôle. Bon après j’avoue que je ne suis peut-être pas très objective sur ce coup-là vu que je l’aime vraiment beaucoup 😀 J’ai trouvé dommage que l’intrigue ne soit pas plus développée surtout que Mark Strong en impose naturellement.
    J’ai trouvé la suite meilleure même si c’est loin d’être un chef d’œuvre. J’ai l’impression que l’on a choisi Holmes uniquement pour le nom, histoire de ne pas avoir à faire connaître le personnage. Et puis venant de Guy Ritchie, il ne fallait pas attendre des miracles non plus;)
    Pour moi ce sont des films de divertissements sans prise de tête, parfois ça fait du bien. Mais c’est sûr que si on cherche une intrigue solide et bien ficelée, il vaut mieux regarder la série de la BBC 🙂

    Je n’ai pas vu les deux autres films, JE FAIS LE MORT est celui qui me tente le plus 🙂 EQUALIZER, je le verrai peut-être en DVD.

    Merci pour ton avis et bonne soirée !

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    1. De rien fidèle Potzi 😉

      Oui, tu as raison pour SHERLOCK HOLMES, si on le prend pour ce que c’est, soit un film de divertissement et rien d’autre, ça passe… Après, sans en attendre quoi que ce soit, le film ne m’a pas plu. Comme déjà dit, j’aime beaucoup RDJr mais pas là-dedans… Pour ce qui est de Ritchie, je le trouve plus à sa place dans un fim comme SNATCH par exemple. Mais ça n’est que mon avis… Sans aller jusqu’à la classique série de la BBC avec Jeremy Brett, que je trouve très bien cependant, je préfère, dans les versions récentes, la série SHERLOCK à cette version ciné…

      Pour ce qui est des 2 autres films, je pense que JE FAIS LE MORT devrait te plaire. Pas un grand film mais un film très sympathique et légèrement décalé… Pour EQUALIZER, si tu aimes bien Denzel Washington, ça devrait aller. Pas un chef d’œuvre mais plutôt bon dans son genre 😉

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