Humeur : des espoirs et déceptions #4

Pour ce nouveau billet ronchon de la mauvaise foie évidente, en mode « je râle donc j’existe », petit tour d’horizon de quelques sujets récents d’agacements, liés aux rapports incontournables entre les planètes web et ciné…

CRIME SEXUEL DANS LES NUAGES

Horreur et putréfaction dans le monde enchanté du net : des photos très privées auraient été dérobées sur plusieurs comptes / serveurs internet et publiées aux yeux de tous dans la foulée ! Se pourrait-il que ce monde merveilleux permette ce genre d’actes répréhensibles ? Ben en fait… oui ! Créer un blog, quel qu’en soit le thème, pour partager ses avis et humeurs sur toutes sortes de sujets, équivaut à laisser traîner son journal intime sur un banc public, même si on peut se dissimuler derrière un certain anonymat.

Dans cette logique des choses, avoir un compte Cloud, qu’il soit « i » ou pas, revient à posséder un coffre à la banque. Le compte est privée, le mot de passe et l’identifiant sont connus de vous seul. Mais un coffre peut être percé, tout comme un compte en ligne. Apparemment, l’actrice Jennifer Lawrence semblait l’ignorer. Victime du « scandale » avec quelques unes de ses consœurs, la jeune américaine aux joues rebondies de petite fille sur corps de femme, nouvelle coqueluche des geeks et des ados grâce à sa participation à 2 des franchises ciné les plus lucratives du moment (pour rappel : Hunger Games et X-Men) et source d’affolement pour jeunes et moins jeunes en mal d’émotion érotique, s’est répandue dans la version US du magazine Vanity Fair, évoquant un « crime sexuel » pour le vol de ses photos très intimes… tout en posant nue (mais savamment camouflée) pour la couverture du dit journal !

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Jennifer Lawrence est vénère : un hacker vient de publier ses photos intimes avec Chewbacca !

Bon, franchement, moi je n’ai rien contre la bougresse. Son jeu dans le très surestimé HAPPINESS THERAPY, même si il ne méritait peut-être pas un Oscar, était plutôt convainquant et touchant. Ses boulettes, entre franc-parler (aujourd’hui, on dit « être cash ») et prise de pied dans le tapis aux cérémonies mondialement retransmises, la rendent attachante, à 100 lieues des conventions Hollywoodiennes classiques… Mais tout de même, comparer un vol de photos intimes, déposées dans un « lieu » virtuel, accessible à qui le veut à une aggression sexuelle, c’est une bévue de plus à mettre à son actif. J’imagine les femmes victimes de telles monstruosités face à ce déballage d’absurdité…

On pourra placer les dires de la starlette bimbo sur le compte de son jeune âge, voire de la colère. Dans ce cas, poser pour Vanity Fair avec un bonnet et un cache-boobs aurait été plus compréhensible. Partir en guerre contre toutes ces photos de la donzelle dévêtue et provocante, et disponibles après une simple recherche Googleu, aurait été une suite logique. Nous prendrait-on alors pour des abrutis ? Ça se pourrait bien ma bonne dame et mon bon monsieur, ça se pourrait bien…

LE RIDLEY N’A PLUS TOUTE SA TÊTE

Avant que le film PROMETHEUS ne sorte sur les écrans en 2012, tout et son contraire avait été dit sur le film. Prequel de la saga ALIEN, puis film de SF indépendant des aventures de Ripley et de son Xénomorphe fétiche, avant d’être bombardé nouvelle franchise située dans le même univers que la série ALIEN mais évoquant d’autres lieues et personnages… Bref, de quoi embrouiller le quidam, d’essayer de contenter tout le monde tout en ne satisfaisant personne ou presque. Ajoutez à cela une bande-annonce hautement référentielle, comme un retour vers l’espace où personne ne vous entend crier. Et voilà que le film, attendu au final comme le prequel promis, répondant à des questions que l’on se pose depuis plus de 35 ans, s’avère un pétard mouillé. Beau visuellement mais plutôt vide côté scénario, bel hommage à l’univers glauque de HR Giger mais bourré d’incohérences et de contre-performances (Noomi Rapace en mode « Oh mon Dieu que je suis contente » ou « Horreur ! Je suis enceinte d’un monstre !! »).

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Scoop : pour PROMETHEUS 2 – LA REVANCHE, Scott devrait remplacer Noomi Rapace par un nouvel Alien !

Semi-déception ou demi-échec, PROMETHEUS aura pourtant sa suite, chose que l’on nous a déjà promis dans la foulée de la sortie du premier film. C’est récemment le réalisateur Ridley Scott qui s’est lâché sur le « contenu » du film : il n’y aura plus de bébête dedans ! Fini les Xénormorphes, on les a assez vu, on les renvoie à la niche ! Mais, dans un article plus récent, le même Scott nous promet « une nouvelle race d’Aliens » !?

Politique de désinformation ? Signes de sénilité pour l’ex brillant réalisateur des DUELLISTES, BLADE RUNNER ou THELMA & LOUISE ? On peut aussi envisager le pire : face à la cohorte de « gardiens du temple », soucieux qu’on ne touche pas à leur saga favorite, Scott, après l’annonce d’un film sans aucune créature, est revenu sur ses paroles, histoire de rassurer les fans purs et durs et ses chers producteurs, inquiets quant aux éventuels avis négatifs propagés sur le net.

Je vous laisse vous faire votre propre avis. Pour ma part, aucune de ces deux infos contradictoires ne m’a donné envie de voir cette suite. J’attendais plutôt qu’on évoque un meilleur scénario. Ou qu’on ne fasse pas de suite à PROMETHEUS, tient !

En vrac et en toc…

• À la sortie d’INTERSTELLAR, certaines critiques autour du film m’ont fait faire des bonds. Fan du film, je peux comprendre ceux ne l’ayant pas apprécié, n’ayant peut-être pas adhéré au(x) message(s) ou n’étant pas accros au cinéma de Christopher Nolan. Mais le descendre en argumentant un contenu scientique impossible me paraît hors propos. Ce que certains semblent avoir oublié, c’est qu’INTERSTELLAR est avant tout une fiction. Un conte basé, certes, sur un contenu scientifique et des recherches biens réelles. Et mettant en avant un contexte scientifique certifié. Mais n’y a-t-il pas autre chose à dire sur le film qu’une pseudo remise en cause d’éléments dont nous ne connaissons, à l’heure actuelle, que bien peu de choses ? N’est-il plus possible de rêver ou de croire à l’impossible dans ce monde si chaotique, désorganisé et déshumanisé ? Il y a 40 ans, nous rêvions encore de cités dans l’espace, de bases lunaires et d’exploration spatiale. Aujourd’hui, même si notre monde en crise nous recommande (nous impose ?) d’être pragmatique, comme le film de Nolan le décrit avec une conquête spatiale remise en question, le monde de l’imaginaire que représentent souvent les films devrait être pris comme tel. INTERSTELLAR est avant tout un film, pouvant emmener très loin ceux qui désirent y plonger. À mon humble avis, ne l’aborder que par le biais de la remise en cause scientifique est faire preuve d’un bien petit esprit…

• 2 bandes-annonces ont récemment fait parler d’elles (aujourd’hui, on dit « faire le buzz ») pour leurs aspects événementiels : celle de JURRASSIC WORLD, 4ème volet de la saga JURASSIC PARK entamée en 1993 par Steven Spielberg, et celle de STAR WARS ÉPISODE VII, connu aujourd’hui sous l’appellation THE FORCE AWAKENS. Deux « séïsmes » dans le monde du 7ème art, n’en montrant qu’un peu mais pas trop pour faire saliver les fans. De quoi rapidement lancer les parodies et autres détournements, plutôt drôles dans l’ensemble. Et les emballements de toutes sortes, positifs et négatifs, bien évidemment ! Entre ceux qui ont déjà repéré les faux-raccords, les uns qui ne comprennent pas pourquoi le T-Rex n’est pas présent dans le trailer de l’un et les autres qui n’aiment pas le sabre laser de l’autre, le monde des blogueurs et autres chatteurs en manque de défouloires anonymes n’en ressort pas grandi. Bien sûr, nous vivons en majorité dans un monde démocratique où chacun peut s’exprimer comme il l’entend, sans être réprimandé en retour. Et c’est certain qu’il s’agit là de deux suites de franchises s’adressant à tous. Mais à la vue de certains commentaires purement haineux et bas du front (à lire la réponse de l’acteur John Boyega sur les commentaires racistes quant à sa participation au film…), la communauté ciné-web actuelle me donne, en général, le dégoût voire la nausée…

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JAWS 38 ? Non, JURASSIC WORLD, 4ème volet des dinos en goguette !

• Quand il n’y a rien à dire, il n’y a rien à dire. Vivant une époque très difficile, certains magazines ciné actuels n’hésitent pas à faire des articles de près de 10 pages… sur des spéculations véhiculées uniquement sur le web. Bon… Ça ne mange pas de pain, certes. Mais que l’on m’explique l’intêret de débattre sur plusieurs pages de l’éventuelle participation de tel acteur ou telle actrice à tel film, alors que rien n’est sûr ni signé. Le tout juste illustré par des photos récupérées sur la toile, suffisamment « gonflées » pour passer l’épreuve d’images destinées à l’impression (je ne vais pas faire un cours mais les résolutions d’images destinées à une publication sur un site web sont bien en deça de celles utilisées pour une impression papier…). La course à l’info, sans les réelles vérifications qui s’imposent, ne contaminent plus seulement le net. Elle pollue aussi la presse papier.

Pour en finir un temps avec la noirceur actuelle…

Une dernière pour la route, pour ne pas se quitter sur une note trop sombre… Il y a quelques semaines de cela, j’ai eu l’occasion de participer à une grande convention sur le thème du culte du « Vintage ». Ceux qui me connaissent un peu mieux (et respectent mon anonymat) savent déjà de quoi je parle. Pour tous les autres, sachez juste que ma profession dans l’univers de la communication graphique publicitaire me donne l’occasion de réaliser des posters de films fan-arts. Et que la convention en question était l’occasion de présenter et vendre mes créations.

Une première, en ce qui me concerne, durant 3 journées pleines de 8 heures, debout le plus souvent, à sourire et répondre aux questions les plus incongrues aux visiteurs de passage (« Non, c’est pas vous qui faîtes tout ça ? » « Ben si, pourquoi ? »). Dans sa globalité, un très bon souvenir. Et la possibilité de rencontres formidables.

Ainsi, l’un des stands à côté du mien abritait un couple de hollandais, Richard et Inge, propriétaires d’un site de vente en ligne d’objets kitsch et vintage des 50/60 dernières années. La proximité de nos stands aidants, nous fîmes rapidement connaissance et devinrent assez vite complices… rapprochés bien sûr par des souvenirs communs en matière de cinéma ! Vint alors l’inévitable question : « Do you like STAR WARS ? »

STAR WARS
Ne jamais basculer vers le côté obscur…

Comme Obélix dans la potion magique, je suis tombé dans le space opéra de tonton Georges il y a près de 40 ans. Alors me poser cette question équivaut à peu près à demander à un poisson si il sait nager ! Richard et moi commençames alors, tout en anglais et ce malgré mes lacunes évidentes quant à la langue de sir William, à évoquer nos souvenirs d’enfance liés à la saga Lucassienne, à grand coups de bruitages sonores de sabre-lasers ou de cris de Chewbacca, devant le regard faussement réprobateur d’Inge et les yeux amusés des passants.

Peut-être pas de quoi devenir les plus grands amis du monde, ni les plus proches. Mais de s’apprécier au delà des barrières de la langue et de la culture. Sans clavier, ni écran, ni blog, ni chat, ni avis péremptoires et pompeux sur les derniers trailers en date. Une belle leçon de vie, de celle qui n’est pas virtuelle mais qui fait croire encore que la passion du cinéma permet de s’ouvrir un peu sur le monde…

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    Ouf ! Tout n’est pas négatif dans ce billet, la fin vaut un 10/10 ! 😀 Eh oui, le web n’est pas toujours le meilleur endroit où traîner et la blogosphère est souvent un bouillon assez infect. Il faut savoir faire le tri et côtoyer des gens sympas. Il y a peu de temps, j’ai décidé de faire le ménage dans mes relations 2.0. J’en ai plein les bottes des gens irrespectueux et vindicatifs. Qu’on ne partage pas mon avis c’est une chose mais qu’on me parle comme à une gourde, c’en est une autre !
    Après il y a tous les énergumènes qui balancent tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux et c’est fatiguant parce qu’on peut difficilement y échapper à moins de ne plus y venir du tout. Les deux trailers ont fait un boucan d’enfer et c’était assez pénible. Ce que j’ai lu sur Jurassic World rejoint ce que tu as lu sur Interstellar : des scientifiques reprochent au film (dont on a vu que 2 min !) d’être irréaliste parce que certains dinos n’ont pas de plumes et que le moustique dans l’ambre n’est pas de la bonne espèce ! On croit rêver.
    Quand on pense à toutes les horreurs qui se passent dans le monde, je ne vois pas l’intérêt de dépenser son énergie avec de telles vétilles…

    Concernant Ridley Scott, c’est no comment parce que l’info qui n’en est pas mais qui en est une quand même me gave. Entre lui et James Cameron qui parle comme un charretier… Même Ian McKellen s’y met en prétendant que Peter Jackson va faire d’autres films en Terre du Milieu ! Qu’il nous laisse voir la fin du Hobbit et pour le reste on verra en temps voulu.

    Enfin le boobsgate de miss Lawrence m’a laissée totalement froide. C’est sûr qu’il n’est pas normal que son compte ait été piraté, elle a droit a la protection de ses données comme tout à chacun mais quand on est célèbre, on ne balance pas sur le cloud des photos intimes, il faut être très naïf. Sa comparaison avec « un crime sexuel » ne m’étonne même plus venant de cette bimbo.

    Bon ben voilà, je me suis lâchée un peu aussi, ça fait du bien ! 😉

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    1. Merci pour ton avis Potzi, venant de toi, ça ne me dérangera jamais 😉

      C’est vrai aussi pour James Cameron : ses propos vulgos n’apportent absolument rien mais tout le monde, sites pro y compris, relaie ça comme si c’était un évènement !? Sans jouer les bégueules, quel intérêt ?

      Toutes ces dernières news du ciné / web m’ont mis les nerfs. Pour Jennifer Lawrence que j’apparente comme toi à une bimbo, ce qui m’a le plus mis en colère, ce sont ces comparaisons inappropriées qu’elle balance à la cantonade. elle n’est pourtant pas dupe et doit avoir un staff d’agents qui lui disent quoi faire et quoi dire. Donc, oui, on nous prend pour des cons, c’est évident…

      Enfin, pour ce qui est de la protection des données sur le net… sans vouloir jour les paranos ou les Mulder « Trust No One », je pense qu’il faut se faire à l’idée qu’il sera toujours envisageable de se faire voler des données par qui le peut. Déposer des photos intimes sur le net, même pour son petit ami, faut être quand même bien demeuré ! Elle pouvait pas lui donner en mains propres ? Je ne dis pas qu’elle l’a cherché… mais un peu quand même 😉

      Il y a bien heureusement des gens biens dans l’univers des blogs/sites liés au cinéma, comme toi, Nio ou Le Chat Masqué. Mais j’avoue qu’entre les bobos intellos, les névrosés en manque d’insanité et les sots (remember l’affaire Spielberg / dino), j’ai de plus en plus souvent envie de raccrocher.

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      1. potzina dit :

        J’ai pensé aussi qu’elle était demeurée mais je n’ai pas osé le dire ! 😉 Je pense qu’il faut avoir un petit pois pour balancer ce genre de photos sur le net, comme tu dis elle pouvait lui donner directement. Surtout après ce qui est arrivé à Scarlett Johansson. Bad buzz, good buzz, c’est toujours du buzz et pour ces filles-là et c’est le principal.

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      2. Oui, je le pense aussi. Du buzz pour elles et leurs agents…

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