5 films pour vous (re)donner envie d’être amoureux !

D’accord d’accord ! Le 14 février, ça n’est qu’une date. Et les plus belles preuves d’amour se donnent tous les jours (oui, je sais, je suis un grand romantique qui s’ignore…). Il n’empêche que cette pénible période de froid nécessite souvent de se réchauffer l’âme. Vous en doutez et avez mis votre cœur en hiver ? Voilà un choix personnel de 5 films, dans le désordre, qui vont vous prouver, même si cela reste du cinéma, que l’amour, c’est pas si mal au fond.

LOST IN TRANSLATION (2004) de Sofia Coppola

Venu à Tokyo tourner une improbable publicité pour un whisky local, Bob Harris (Bill Murray), un acteur sur le retour, rencontre Charlotte (Scarlett Johansson), une jeune américaine fraîchement mariée à un photographe suractif qui la délaisse. Paumés et isolés, Bob et Charlotte vont se rapprocher…

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Perdus dans la traduction, Bob (Bill Murray) et Charlotte (Scarlett Johansson) vont pourtant se trouver…

Poursuivant dans sa veine mélancolique entamée avec VIRGIN SUICIDE, Sofia Coppola (la fille de Papa Apocalypse Now, pour ceux qui ne suivent pas…) nous offre un petit bijou de comédie romantique en mode spleen. Ses anti-héros sont « perdus dans la traduction » mais pas seulement. Esseulés physiquement et moralement, leurs aventures au pays du soleil levant, terre inconnue au propre comme au figuré, les mèneront vers la délicatesse et la beauté des non-dits, vers cette pudeur des regards qui en disent plus que des mots inutiles.

Porté par un couple d’acteurs en état de grâce – soit un Bill Murray en clown triste charismatique, tout en retenue, et une Scarlett Johansson post-Avenger, touchante et sexy « girl next door » – LOST IN TRANSLATION, sans tomber pour autant dans la conventionelle happy-end, redonne goût à l’amour, vous submergeant d’émotions entre rires et larmes. Une séance de douceur dans un monde de bruttes.

QUAND HARRY RENCONTRE SALLY (1989) de Rob Reiner

12 années de la vie d’un couple, Harry Burns (Billy Crystal) et Sally Albright (Meg Ryan), de leur rencontre en 1977, encore étudiants, en passant par des croisements fugaces tous les 5 ans, juqu’aux retrouvailles à New York. D’abord ennemis, ils connaîtront la complicité et l’amitié avant de comprendre qu’ils sont faits l’un pour l’autre…

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Quand Harry (Billy Crystal) dine avec Sally (Meg Ryan), gâre à l’orgasme !

« You can’t hurry love » disait la chanson. C’est aussi ce qu’explique QUAND HARRY RENCONTRE SALLY. Devenu un classique de la comédie romantique, le film de Rob Reiner doit en grande partie sa réussite à son postulat de base : rien ne sert de courir après un impossible amour, il viendra à vous sans que vous ne le réalisiez. Partant du principe connu que deux êtres qui se détestent en apparence cachent en réalité deux amoureux qui s’ignorent, Reiner et sa scénariste Nora Ephron brodent une trame pétillante, source de scènes et de répliques cultes.

Proche dans sa mise-en-scène, son décor Manathanien, sa musique jazzy et ses dialogues mordants d’un film de Woody Allen (période « chefs-d’œuvre » à la chaîne), QUAND HARRY RENCONTRE SALLY imposera, dès sa sortie et le succès qui en suivit, un couple de cinéma mythique. Tous les spectateurs peuvent se reconnaître en Billy Crystal, tête-à-claques macho mais sentimental qui se cache derrière une constante ironie. Quant aux spectatrices, elles peuvent sans peine s’identifier à la beauté lumineuse mais accessible d’une Meg Ryan, maniaque attachiante et cœur d’artichaut… avec la sauce à part ! Leur complcité traverse l’écran et le temps. Et nous donne indéniablement envie d’y croire.

SUR LA ROUTE DE MADISON (1995) de Clint Eastwood

En 1965, dans le comté de Madison en pleine campagne américaine, restée seule alors que son mari et ses enfants se sont absentés durant plusieurs jours, Francesca Johnson (Meryl Streep) croise la route de Robert Kincaid (Clint Eastwood), un reporter photographe. Le coup de foudre est inattendu pour ces deux êtres que tout semble séparer…

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Entre Francesca (Meryl Streep) et Robert (Clint Eastwood), un amour sincère et éternel sur 4 jours…

À l’époque de RAWHIDE puis de L’INSPECTEUR HARRY, il aurait été difficile d’imaginer Clint Eastwood, flingue en pogne, jouer les amoureux transis ou réaliser un film romantique. Quand le film sort en 95, le doute est encore de mise. Il sera de courte durée : mettant son affection pour le classicisme à la John Ford au service d’une bouleversante histoire d’amour , Eastwood nous cueille et nous offre le beau récit, pudique et simple, d’une passion courte dans le temps mais d’une pureté éternelle.

Grande actrice, s’imposant sans efforts apparents quelque soit le rôle, Meryl Streep donne à son personnage de femme au foyer, transcendée par l’amour, une crédibilité si désarmante qu’on en oublie, une fois de plus, l’actrice derrière le rôle. C’est un sourire, une façon de redresser une mèche qui lui cache les yeux. Et on a tous, pour elle, les yeux de Robert Kincaid. Le grand Clint aura gagné son pari en adaptant le best-seller de Robert James Waller. Et ajoutera une pierre supplémentaire à sa personnalité complexe, entre lourdeur républicaine, légende hollywoodienne et justesse d’un artiste plus fin qu’il n’y parait.

LA ROSE ET LA FLÈCHE (1976) de Richard Lester

Après des années de croisades aux côtés du roi Richard (Richard Harris), Robin des Bois (Sean Connery) et Petit Jean (Nicol Williamson) rentrent à Nottingham. Le pays est toujours sous la coupe d’un tyran nobliau et du cruel shérif (Robert Shaw). Quant à Lady Marianne (Audrey Hepburn), désespérée après le départ de Robin, elle est entrée sous les ordres…

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Pour Robin (Sean Connery) et Marianne (Audrey Hepburn) l’amour est dans les bois…

J’en entends d’ici se plaindre d’un « film de mecs » dans une liste de films romantiques. Détrompez-vous ! Au delà d’un inévitable postulat incluant aventures et combats à l’épée, LA ROSE ET LA FLÈCHE est avant tout une belle histoire d’amour, illuminée par son éclatant duo d’acteurs vedettes. Jouant avec humour et complcité la carte du temps qui passe, Audrey Hepburn et Sean Connery s’imposent d’emblée dans des rôles taillés sur mesure. Le charisme de ces stars et la légende désormais célèbre du prince des voleurs évitent de s’étaler sur le passé des personnages : Robin et Marianne font partis de la culture populaire, tout comme Roméo et Juliette ou Tristan et Yseult.

En équilibre constant entre ironie et émotion, le film de Richard Lester s’éloigne de l’image surranée du Robin en collant pour se teinter de réalisme et de références historiques au delà de la légende. Ici, le héros est fatigué et se dégarnit. Mais son instinct amoureux lui redonne vigueur et fougue quand sa chère et tendre est en danger. LA ROSE ET LA FLÈCHE semble nous dire que l’amour n’a pas d’âge. Même si la fin bouleversante en retournera plus d’un(e), on en est totalement persuadé.

LES ÉMOTIFS ANONYMES (2010) de Jean-Pierre Améris

Angélique (Isabelle Carré), une chocolatière de talent mais d’une timidité maladive, est engagée par Jean-René (Benoît Poelvoorde), patron d’une fabrique de chocolats en difficulté financière. S’impliquant en trouvant une façon détournée pour relancer la petite entreprise, la jeune femme tombe progressivement amoureuse de son employeur. Lequel s’avère lui aussi timide et émotif !

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Entre Jean-René (Benoît Poelvoorde) et Angélique (Isabelle Carré), le chocolat, l’amour et l’amour du chocolat.

Dans le paysage français des comédies romantiques récentes, LES ÉMOTIFS ANONYMES se démarque par son humour délicat et sa manière de renouveler un thème déjà abordé. Sans être régulièrement mise en images, la timidité amoureuse a souvent donné l’occasion de grandes et belles histoires contrariées, que ce soit chez Chaplin, Pierre Richard ou même le ROCKY de Stallone. Par un traitement décalé et cette opposition entre la grande pudeur de ses personnages et l’évidente sensualité du chocolat, Jean-Pierre Améris apporte à son film un ton novateur aux vertus bienfaisantes. Ici, on entame une chorégraphie de comédie musicale en pleine rue quand on est trop heureux, comme on quitte précipitemment un repas pour changer de chemise quand on est submergé par le stress !

À nouveau, le charme du film vient en grande partie de son couple d’acteurs. Loin de la noirceur d’ENTRE SES MAINS d’Anne Fontaine, où ils jouaient déjà une histoire d’amour mais dans une ambiance bien plus sombre, Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde nous offrent une partition d’une justesse indéniable. Et vengent tous les grands timides en mal d’amour.

Cet article fait partie du Ciné Club du BRIC-À-BRAC DE POTZINA à découvrir en cliquant le lien !

 © Crédits photos : Focus Features / Columbia Pictures / Warner Bros Pictures.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    Je n’ai pas vu Les Émotifs Anonymes et tu en parles tellement bien que je l’ajoute à ma longue pile de films à voir 🙂

    Tu m’as fait rire avec «la sauce à part» parce que j’étais en train d’y penser 😀 J’adore Quand Harry rencontre Sally. Je crois que de toutes les romcoms, c’est ma préférée.

    Sur la route de Madison, je l’avais vu au ciné avec mes parents. On est tous ressorti en larmes ! C’est un très beau film dont je ne me lasse pas. Perso, je préfère ce Clint à celui de la chaise vide 😉

    Quant à Lost in Translation, c’est mon film préféré de SC et pas seulement à cause de Bill Muray :

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    1. QUAND HARRY RENCONTRE SALLY est ma romcom préférée à moi aussi… LOST IN TRANSLATION, je ne m’en lasse pas !

      Bien d’accord sur le Clint de LA ROUTE DE MADISON, je le préfère quand il est vraiment talentueux 😉

      Je te recommande vivement LES ÉMOTIFS…, ça devrait te plaire et te toucher. Dans un autre genre, si tu n’as vu LA ROSE ET LA FLÈCHE, je te le recommande aussi !

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