LA THÉORIE DES DOMINOS – 1 DVD / 1 article avec Cinétrafic

Nouvelle opération DVDTrafic avec le site Cinétrafic . Et une chronique sur LA THÉORIE DES DOMINOS, un thriller politique 70’s de Stanley Kramer avec l’excellent Gene Hackman.

L’histoire

Dans les années 70 aux États-Unis, Roy Tucker (Gene Hackman), un ancien sniper durant la Guerre du Vietnam, purge une lourde peine de prison pour un meurtre qu’il prétend ne pas avoir commis. Loin de sa femme Ellie (Candice Bergen), il n’a plus d’espoir lorsqu’il est contacté par le mystérieux Tagge (Richard Widmark). Ce dernier lui promet, en échange d’un « service », de lui rendre sa liberté…

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La critique

Profondément marqués par l’assassinat du président Kennedy, la Guerre du Vietnam et le scandale du Watergate impliquant le président Nixon, les États-Unis traversent dans les années 70 une période de doute et de remise en cause de leurs institutions. L’ennemi n’est plus vraiment à l’Est. Il est à l’intérieur même du système. Les médias, la littérature et le cinéma vont devenir plus engagés et se faire le relais de l’opinion publique. Exit la confiance naïve envers le gouvernement et ses hommes, la paranoïa est de rigueur.

Cette crise de confiance va engendrer un genre cinématographique à part entière : le « thriller parano », souvent illustré par un individu honnête, avide de vérité et de justice mais broyé par une machination qui le dépasse. Des films comme LES 3 JOURS DU CONDOR de Sydney Pollack ou À CAUSE D’UN ASSASSINAT d’Alan J. Pakula en sont probablement les meilleurs représentants.

Sorti en 1977 et réalisé par Stanley Kramer (LE DERNIER RIVAGE, JUGEMENT À NUREMBERG, UN MONDE FOU FOU FOU FOU, DEVINE QUI VIENT DÎNER…), LA THÉORIE DES DOMINOS suit ce courant du polar politique. Dans une mise en scène moins subtile que ses prédécesseurs, le film fait clairement allusion au drame de Dallas et nous montre comment la destinée d’un homme peut-être contrôlée jusque dans les moindres évènements de son existence.

Richard-Widmark-et-Eli-Wallach-dans-La-Theorie-des-Dominos-de-Stanley-Kramer

Je connaissais LA THÉORIE DES DOMINOS sans avoir vu le film par le biais d’une diffusion tv ou d’une ressortie en salles. L’opération DVDTrafic m’a permis une belle séance de rattrapage. Tout d’abord pour la qualité du combo DVD / Blu Ray sorti chez ELEPHANT FILMS. Et bien sûr pour le film en lui-même, dont la fiche est disponible sur le site Cinétrafic parmi d’autres titres affichant un côté totalement psycho ou sur la page affichant les derniers bons films par là.

Les intentions engagées du film s’affiche dès son introduction, parsemée d’images d’archives au son d’une voix off nous affirmant que nous sommes tous « guidés » dans nos choix, nos actes et nos décisions. Un peu trop appuyée pour être pleinement persuasive. Mais le superbe et glaçant générique rattrape la maladresse du début, nous présentant au son d’une ballade mélancolique le portrait du personnage de Gene Hackman, de l’enfance à la prison, progressivement masqué par des pièces de dominos figurant le complot dont il fait l’objet.

Prenant à défaut d’être passionnant, LA THÉORIE DES DOMINOS souffre quelque peu de l’empreinte trop marquée de son époque. Réalisé honnêtement mais avec tous les codes techniques des séries et téléfilms des années 70, le récit met du temps à s’installer. Et la mise en scène peu inventive de Kramer n’arrange pas vraiment les choses. On navigue en plein « festival » de plans fixes, de décors sentant le studio, de teintes marron/orange/crème, de pattes d’eph’ et de cols Tupolev bien datés et pouvant prêter à sourire.

L’intêret premier de LA THÉORIE DES DOMINOS vient bien sûr de sa distribution. En tête de liste, Gene Hackman est parfait comme toujours. Apportant à son personnage d’homme usé par les épreuves son visage buriné et résigné, il personnifie avec justesse « l’homme dans la foule », manipulé et conscient de l’être. On ne peut que le prendre en sympathie face au piège qui se referme sur lui.

Le reste du casting nous permet de retrouver de grandes pointures d’Hollywood. Richard Widmark incarne le salaud suave de rigueur, souriant et poli à l’extrême mais des plus dangereux. Dans des rôles secondaires mais non moins importants, Mickey Rooney et Eli Wallach offrent leur bonhomie et leur veulerie pour nous faire mieux douter de leurs intentions. Époque oblige, la belle Candice Bergen est certainement le personnage le moins travaillé du scénario. Douce et fragile, elle est toute désignée pour incarner la « sacrifiée » de l’histoire…

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Après une mis en place quelque peu laborieuse, LA THÉORIE DES DOMINOS démarre enfin au fur et à mesure que l’étau se ressere sur le personnage principal. Tout ne nous est pas expliqué mais on prend progressivement conscience du complot infernal autour de Tucker/Hackman par le biais de certains détails. Une réussite du film qui dilue petit à petit une lourde sensation de paranoïa jusqu’au dénouement.

Efficace thriller politique bien que n’évitant pas certaines lourdeurs et invraissemblances, LA THÉORIE DES DOMINOS reste une belle preuve d’un cinéma américain populaire et engagé, préférant la réfléxion dramatique à la (trop) cool attitude en vigueur aujourd’hui. Une réédition dans une version restaurée bien méritée pour lui permettre d’être (re)découvert.

Les bonus

Le combo présente le film au format DVD et Blu Ray.

Sur chaque support, on retrouve bien sûr les habituelles différentes pistes sonores. À noter que la restauration du film implique que certaines scènes, inédites lors de la sortie du film, ne soient pas doublées en VF.

Outre les bandes-annonces du distributeur, présentant des rééditions à trouver dans diverses collections (dont l’une est axée sur les premiers films d’Hitchcock), l’atout maître de cette belle édition de LA THÉORIE DES DOMINOS reste l’intervention de Jean-Pierre Dionnet. Incollable et passionnant, le journaliste intervient durant 10/15 minutes avec quelques anecdotes sur le film et sa production, évoquant ses propres rencontres avec les protagonistes du film. Un très agréable bonus que l’on peut visionner en introduction ou par sélection sur le menu principal, et qui rappellera à certains le fameux CINÉMA DE QUARTIER que présentait Dionnet sur Canal +.

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LA THÉORIE DES DOMINOS est sortie le 2 juin 2015 chez ELEPHANT FILMS, à suivre également sur la page officielle Facebook.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    Je ne l’ai jamais vu mais je me laisserais bien tenter malgré tes réserves ne serait-ce que pour le casting 🙂
    Jean-Pierre Dionnet est passionnant, j’ai plusieurs DVD où il parle des films et c’est un vrai bonheur de l’écouter.

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    1. Tu peux te laisser tenter. Un peu daté mais c’est un bon thriller. Qui ne passe jamais à la télé, qui plus est !… Pour JP Dionnet, je l’adore aussi. J’aime bien son côté « savant fou » et pince-sans-rire. Et comme tu dis, il est passionnant. Si tous les dvd / blu-ray pouvaient l’avoir dans leurs bonus, on mourrait moins idiots 🙂

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