MISSION IMPOSSIBLE : LES FILMS

Série culte créée par Bruce Geller, MISSION : IMPOSSIBLE fit les beaux jours de la télévision dans les années 60/70. Régulièrement rediffusée (actuellement, sur la chaîne GULLI) et disponible en vidéo, elle est surtout connue des quadras (et plus…) qui l’ont suivi, fascinés par les scénarios tortueux, les jeux de masques (au propre comme au figuré) et pour son équipe d’agents efficaces et soudés.

Il y a presque 20 ans, Tom Cruise en achète les droits pour une première adaptation cinématographique. 3 suites plus tard, et alors qu’un 5ème opus, ROGUE NATION, s’apprête à sortir sur les écrans, voici une petite piqûre de rappel sur cette saga qui, tout en prenant des libertés avec la série d’origine, s’est imposée comme une réussite entre cinéma d’auteur et film de genres. Votre mission sera de suivre cette chronique tout en sachant que le département d’État nierait toute connaissance de vos lectures en cas de problèmes…

MISSION : IMPOSSIBLE (1996) de Brian De Palma

Membre d’une agence secrète nommée IMF (pour Impossible Mission Force), l’agent Ethan Hunt (Tom Cruise) voit son équipe entière – dont son mentor Jim Phelps (Jon Voigt) – tuée au cours d’une mission. Alors que tout l’accuse, il décide de trouver le véritable traître en s’aidant d’une bande d’agents désavoués…

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Au milieu des années 90, alors que la série James Bond a repris du poil de la bête avec l’arrivée de Pierce Brosnan dans GOLDENEYE, Tom Cruise se lance dans la production d’une version ciné de MISSION : IMPOSSIBLE. L’idée est probablement de créer une suite de films mais pour l’heure, l’acteur se fait plaisir… et s’attire la haine des fans purs et durs. Pensez-donc : alors que la série d’origine tournait autour de la notion d’équipe, Cruise centre le récit autour de son personnage. Martin Landau, acteur dans les premières saisons de la série, ne cache pas son mécontentement devant cet excès de mégalomanie. Et la trahison d’un personnage emblématique dans cette version remodelée fait grincer des dents.

Il n’empêche que le film surprend agréablement par ses choix visuels, scénaristiques et artistiques. Point de « yes man » à la réalisation mais un metteur en scène aguerri, Brian De Palma, connu pour son talent et son caractère difficile. L’intrigue, complexe et fluide à la fois, est plus proche du film d’espionnage vintage que du blockbuster décérébré. Et plusieurs moments de bravoure s’imposent rapidement comme des classiques.

Malgré les apparences, MISSION : IMPOSSIBLE respecte la série d’origine en faisant planer sur l’histoire un agréable relent de guerre froide. Comme dans toute bonne trame d’espionnage qui se respecte, les rebondissements sont légion. On se trahit, on se fait passer pour un autre et on embarque le public dans des séquences improbables… mais pas impossibles puisqu’on est au cinéma ! Succès critique et public, ce premier opus en entraînera d’autres…

 

MISSION : IMPOSSIBLE 2 (2000) de John Woo

Chargé de récupérer un virus foudroyant tombé entre de mauvaises mains, Ethan Hunt affronte son double maléfique en la personne de Sean Ambrose (Dougray Scott). Pour atteindre cet ancien agent tombé du côté obscur, Hunt utilise l’ex petite amie d’Ambrose, Nyah (Thandie Newton)…

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Certainement le moins bons des 4 premiers films, M:I 2 renie le canon MISSION : IMPOSSIBLE pour s’embarquer dans une ode à la gloire de Tom tout-puissant. Exit l’équipe soudée, Ethan Hunt est devenu un super agent, grimpant à mains nues des montagnes, effectuant des rodéos en décapotable et des vols planés à moto. Filmé tout en finesse par un John Woo loué à l’époque par de nombreux cinéphiles, et attiré par les paillettes hollywoodiennes, ce deuxième volet frise la parodie tant il joue sur l’épate.

Photographié comme un modèle pour parfum, Cruise fait virevolter ses cheveux longs tout en dégommant du méchant au ralenti. On n’échappe pas non plus aux envolées de colombes sur fond de fumigènes et explosions, chers à John Woo. Le tout sur plus de deux heures interminables, chocs mais tocs.

Si le film est un nouveau succès au box-office, la critique fait la fine bouche et les gardiens du temple ont enfin une bonne raison pour hurler à la trahison. 15 ans plus tard, M:I 2 a déjà pris un méchant coup de vieux.

 

MISSION : IMPOSSIBLE III (2006) de J.J. Abrams

Devenu instructeur pour la IMF, Ethan Hunt s’apprête à convoler avec la belle Julia (Michelle Monaghan) lorsqu’une de ses anciennes apprenties est enlevée par le trafiquant Owen Davian (Philip Seymour Hoffman). Se sentant responsable de la situation, Hunt reforme une équipe d’agents pour contrer les desseins de Davian…

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Ce 3ème opus amorce un retour aux fondamentaux. Bien sûr, Cruise est toujours au centre du récit. Mais la notion d’équipe revient et Ethan Hunt n’est plus l’agent infaillible du précédent volet. Enfin… presque !

Nouveau golden boy des séries tv, J.J. Abrams fait là sa première incursion cinématographique… avec une adaptation de série tv ! M:I 3 présente d’ailleurs des similitudes avec la série ALIAS et son héroïne, super agent cachant sa double vie à son entourage. Dans ce 3ème volet, Hunt s’est rangé des voitures et cache son lourd passé à sa future épouse. Une Sydney Bristow au masculin avec un Ethan Hunt présenté dans des scènes de la vie de tous les jours, vivement critiquées à l’époque pour leur côté cliché.

Certes, ces séquences s’avèrent prévisibles et Abrams est bien plus efficace dans les moments d’action pure. Elles ont pourtant leur importance et tendent à rendre Hunt / Cruise plus humain et attachant. Exit la gravure de mode indestructible de l’aventure précédente. Ethan Hunt se bat cette fois pour une cause qui lui est chère et comprend qu’il n’y arrivera pas seul.

Plus proche du 1er opus et de la série originale, M:I 3 fera pourtant le moins bon score de la série malgré ses indéniables qualités visuelles et narratives.

 

MISSION : IMPOSSIBLE – PROTOCOLE FANTÔME (2011) de Brad Bird

Envoyé à Moscou, Ethan Hunt et son équipe y infiltre le Kremlin pour récupérer le dossier d’un terroriste nommé Cobalt. Mais la mission est piratée, le Kremlin est détruit et l’IMF est désavouée par le gouvernement américain. Considérés comme des fugitifs, Hunt et son équipe traquent le mystérieux Cobalt…

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M:I 4 arrive comme une bouée de sauvetage dans la carrière de Tom Cruise. Une ‘image « scientologique » de plus en plus présente et une série d’échecs commerciaux (LIONS ET AGNEAUX, WALKYRIE, NIGHT AND DAY) ont entamé l’aura de la star.

Après le demi échec commercial du numéro 3, on n’attendait plus vraiment un nouveau volet de MISSION IMPOSSIBLE. Contre toute attente,  ce 4ème épisode des aventures de l’agent Hunt est une très bonne surprise et peut être considéré (à mes yeux en tous cas) comme le meilleur de la série. Conservant les qualités des 1er et 3ème films, ce PROTOCOLE FANTÔME y joue encore plus la notion d’équipe, et apporte une distance et un humour jusqu’ici moins présent.

Malgré des airs apparents de « déjà vu » (Hunt, seul ou presque contre tous, en quête de vérité et de justice), M:I 4 parvient encore à nous surprendre. Les scènes d’anthologie sont bluffantes – avec entre autres une escapade vertigineuse sur la tour Khalifa de Dubaï – et le divertissement est total.

Brad Bird, dont c’est la première incursion ciné en « live » après LES INDESTRUCTIBLES et RATATOUILLE, s’impose comme un réalisateur efficace. Quant à l’arrivée de Jeremy Renner et Simon Pegg dans la « famille », elle plaira tant que leurs personnages reviendront dans ROGUE NATION, le prochain volet.

Gros succès lors de sa sortie, M:I 4 va remettre Cruise dans la course et relancer l’intêret pour la série de films.


Pour conclure ce survol, il faut reconnaître que la saga ciné MISSION : IMPOSSIBLE s’impose comme l’une des franchises actuelles les plus réussies de ces dernières années. L’action spectaculaire est bien présente mais ne prend jamais le pas sur le scénario – à une exception près, le 2ème volet – gardant en ce sens une certaine fidélité à la série d’origine.

Si l’ego de son acteur et producteur principal est une évidence (il suffit pour s’en convaincre de voir les affiches réalisées pour chacun des films, le dernier compris…), on peut aussi reconnaître à Tom Cruise un certain brio à s’entourer de talents tout au long de la série, tant au niveau des choix de metteur en scène que des choix de casting avec des acteurs comme Philip Seymour Hoffman ou Jon Voigt (sans oublier les participations de pointures comme Vanessa Redgrave, Laurence Fishburne ou Anthony Hopkins…). Ses récents déboires, privés comme professionnels, lui auraient-ils appris à ne pas trop tirer la couverture à son avantage ? On peut se le demander…

Les films M:I ont su également rectifier le tir lorsque la direction choisie n’était pas la bonne, ne jouant pas sur des acquis immuables mais se remettant en cause à chaque nouveau segment. Enfin, ils présentent l’avantage d’être visibles indépendamment les uns des autres, même si les liens de certains personnages récurrents avec Ethan Hunt entraînent une certaine complicité avec les spectateurs, fidèles de la première heure.

Reste à souhaiter que le 5ème épisode, ROGUE NATION, ne soit pas une déception comme tant d’autres suites récentes. Une véritable « mission impossible » dans le cinéma actuel !

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    Je n’ai pas vu le dernier parce que le 3ème m’a ultra-gavée ! Aurais-je eu tort ? J’en ai l’impression 😦 C’est vrai que dès qu’il y a Tommy, j’ai tendance à foncer mais le 3ème volet m’a saturée. Ce n’est pas qu’il est mauvais comme tu le soulignes, c’est seulement que j’ai fait une overdose de mission secrète 😉 Un peu comme je fais une overdose en ce moment de super-héros.
    Bon je note tout de même pour plus tard le numéro 4 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Je te comprends ma Potzi. Le 3 n’est pas le meilleur mais il a su corriger l’erreur du 2 qui, lui, est un vrai nanar à mes yeux ! Après, quoi qu’on pense de Cruise ou de ce genre de films, je ltrouve ces films plutôt bons dans l’ensemble, comparés à d’autres films et franchises. Le 4 a remis la série sur de bons rails (encore une fois, c’est mon avis…) et j’espère juste que le 5 sera dans la même veine. Mais de façon globale, je préfère encore un MISSION IMPOSSIBLE 38 à un AVENGERS 42 😉

      Et sinon, pour les comics au ciné, là aussi je te suis. À vrai dire, je suis partagé. Comme toi, je suis arrivé à saturation (comme je le disais sur le blog de Nio) et je trouve pénible cet acharnement des grands studios à nous pondre pratiquement un nouveau comics movie par mois, quitte à faire les fonds de tiroir pour ça. Il y a eu du bon et j’espère qu’il y en aura encore… mais pour un bon film, que de mauvaises pioches, que de reboots ou remakes ou suites ratés ! Donc, oui, comme toi, je fais une overdose à ce niveau là, de comics movies et de blockbusters. Jusqu’à la prochaine bande-annonce qui me fera faire des bons 😉

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      1. potzina dit :

        Comme tu as parlé des films, j’ai regardé le 3 hier soir sur la Une et je me suis rendue compte que je ne me souvenais pas de grand-chose 😉 Au final c’est un divertissement sympa. Il y a des passages un peu cucul, c’est dommage. Et je n’aime pas le début parce qu’on sait tout de suite qu’il va merder et que sa femme va en prendre pour son grade, ça gâche le suspense.
        En tout cas, ça m’a encore plus envie de voir le 4. La bande-annonce est sympa, je pense que je vais me laisser tenter 🙂

        Je pense aussi que ma lassitude des films de super-héros vient du fait qu’ils sortent un film par mois. J’ai l’impression de voir les mêmes bandes-annonces, les mêmes personnages, les mêmes intrigues… C’est fatiguant à force.
        Mais comme toi, il suffit d’une bande-annonce accrocheuse et je vais attendre la sortie du film avec impatience 😉

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      2. Oui, je te comprends, les studios appliquent pour les films tirés de comics la même politique que les éditeurs des comics en question. Pour un personnage, tu as plusieurs titres, jusqu’à 10 différents parfois mais tous reliés par des astuces scénaristiques qui t’oblige à tout acheter pour suivre le fil !! D’où un nombre énorme de titres chaque semaine et chaque mois sur le marché. De quoi y laisser toutes ses économies 🙂

        Je suis ça de loin pour les comics papier, maintenant. Ça a fini par me gaver. L’exemple le plus flagrant s’est passé avec Spiderman et « l’histoire du clone » : Spidey rencontrait son double qui lui avouait être le vrai Peter Parker ! Bref, tu peux imaginer les délires sur des centaines de numéros et au final, les fans en ont eu ras-le-bol 🙂 Il reste heureusement quelques très bons titres, superbement écrits et dessinés. Mais il faut faire du tri…

        Cela devient la même chose ou presque pour les films et c’est une très mauvaise idée. Le public arrive à saturation et c’est bien normal…

        Sinon, pour MI 3, oui c’est vrai qu’il y a des scènes cul cul comme tu dis. Mais le film se regarde dans l’ensemble et le divertissement est là. Encore une fois, le 4 me semble plus réussi. Simon Pegg a un plus grand rôle et apporte un humour bienvenu, les autres membres de l’équipe ne font pas de la figuration et l’aspect trop sentimental a été édulcoré 😉

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