Pour une poignée de films… #11

Nouvelle chronique de films en mode expresso, avec au programme : une comédie noire des années 60, des fans de Star Wars en vadrouille et une belle histoire d’amitié au parfum vintage.


CARAMBOLAGES (1963) de Marcel Bluwal

Au début des années 60, Paul Martin (Jean-Claude Brialy), ambitieux employé de la grande agence de loisirs parisienne 321, n’a d’autres solutions que d’éliminer l’un après l’autre ses supérieurs hiérarchiques afin de gravir l’échelle sociale…

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Passant rarement à la télévision, CARAMBOLAGES restait un souvenir un peu flou. Je me rappelais bien sûr de Louis de Funès dans un énième rôle de patron exécrable et du décor symbolique de l’agence 321, représentant, pour chaque étage, un échelon à monter pour devenir « Calife à la place du Calife ». Comédie grinçante sur le doux monde du travail, le film est bien moins connu que d’autres comédies françaises de la même année, comme POUIC-POUIC ou LES TONTONS FLINGUEURS.

L’avantage premier de CARAMBOLAGES reste son impressionnant casting : le réalisateur Marcel Bluwal (plus connu pour ses belles réalisations tv comme DOM JUAN avec Michel Piccoli ou VIDOCQ avec Claude Brasseur), Pierre Tchernia (LE VIAGER, LES GASPARDS…) au scénario, Michel Audiard aux dialogues, Gérard Calvi (le papa de Yves) pour la BO, et Jean-Claude Brialy, Louis de Funès, Sophie Daumier ou bien encore Michel Serrault du côté des acteurs. Sans oublier une guest star surprise en toute fin de film…

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L’autre atout du film tient à la noirceur et au modernisme de son récit, derrière la comédie de boulevard. Sur un mode plus léger mais identique au COUPERET de Costa-Gavras, CARAMBOLAGES évoque un sujet toujours d’actualité et les problèmes financiers du personnage principal ne sont guère éloignés des nôtres. Quant à la critique de la grande agence donnant sur les Champs Elysées, elle s’avère « kolossale » mais n’en demeure pas moins pertinente.

Le film accuse pourtant son âge, provoquant juste quelques sourires et un amusement à identifier les célèbres seconds rôles des années 60. La faute peut-être à un jeu daté et parfois outrancier de certains comédiens malgré un de Funès plus sobre que d’habitude, à une fin s’emballant de façon excessive et à des incohérences étranges…

CARAMBOLAGES peut se voir avec plaisir si l’on est un nostalgique d’un certain cinéma français rétro et léger, idéal en ces périodes difficiles. Une rareté un peu oubliée (peut-être à raison) mais sympathique, évoquant les portes qui claquent et la frénésie du théatre de boulevard bien qu’il soit inspiré d’un roman policier de Fred Kassak.

EXTRAIT


FANBOYS (2009) de Kyle Newman

À la fin des années 90, une bande d’amis, mordus de la saga STAR WARS, tentent une ultime opération commando vers le Skywalker Ranch, bureau de George Lucas, afin de montrer une copie de travail de LA MENACE FANTÔME à l’un d’entre eux, atteint d’un mal incurable…

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Ne vous y trompez pas : malgré un synopsis teinté de mélodrame, FANBOYS est avant tout une comédie en forme d’hommage aux mordus de la saga STAR WARS en particulier, et aux fans en général. Curieusement, l’histoire évoque cette récente affaire d’un malade en phase terminale d’un cancer qui a eu le droit de voir une copie de travail de LE RÉVEIL DE LA FORCE avant de s’éteindre. Mais la comparaison s’arrête là.

FANBOYS est un road-movie burlesque, multipliant les « private jokes »visuelles et sonores. Un film de geek, pour les geeks, au casting on ne peu plus geek avec, entre autres Sam Huntington et la mimine (et brune pour l’occasion) Kristen Bell, tous deux héros de la série VERONICA MARS. Le film se permet aussi quelques guest stars savoureuses comme Ray Park (Darth Maul dans LA MENACE FANTÔME), Billy Dee Williams (Lando Calrissian dans L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE), William Shatner (le Capitaine Kirk de STAR TREK) dans son propre rôle et même Carrie Fisher, éternelle Princesse Leïa, ici dans le rôle d’une médecin-chef des urgences qui répond de façon laconique « Je sais » quand on lui dit qu’on l’aime !

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On y sourit plus qu’on y rit vraiment malgré l’aspect loufoque de certains gags, avec la sympathique sensation de cotoyer une bande de potes du lycée. Le scénario n’est pas des plus originales mais il permet surtout de faire suivre une série de sketchs, comme tirés d’une sitcom. Évidemment, les accros de la saga de George Lucas (et de Disney) seront plus à la fête que les non initiés. Il vaut mieux d’ailleurs bien connaître son petit Star Wars illustré pour apprécier les multiples références de FANBOYS.

Sans réel temps mort, le film ne m’a pourtant pas totalement convaincu. La faute, probablement, à une tonalité mélancolique et tristoune, vers la fin, qui détonne avec le reste du récit. Difficile en effet de mêler subtilement comédie et drame dans le même film, sans provoquer de déséquilibre… Mais les comédiens, tous attachants, forcent la sympathie de ce film sans prétention. Pas l’œuvre du Siècle, c’est vrai, mais un agréable moment, léger et d’actualité à quelques jours de la sortie de l’Épisode VII. À noter que FANBOYS n’a pas bénéficié d’une distribution en salles en France et qu’il a été directement proposé en vidéo.

BANDE-ANNONCE


CŒURS PERDUS EN ATLANTIDE (2001) de Scott Hicks

Aux États-Unis, Bobby Garfield (David Morse) se remémore les circonstances qui l’on conduit à rencontrer Ted Brautigan (Anthony Hopkins). En 1960, alors âgé de 11 ans (Anton Yelchin) et vivant seul avec sa mère (Hope Davis), Bobby s’était attaché à Brautigan, vieil homme cultivé et mystérieux, possédant un don de medium…

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CŒURS PERDUS EN ATLANTIDE s’inspire de 2 nouvelles de Stephen King. Nostalgique et décrivant quelques instantanés doux-amers de jeunesse, le film se rapproche plus de STAND BY ME que de CARRIE, même si King a souvent su donner à ses personnages une profondeur liée aux fêlures de l’enfance.

Le réalisateur Scott Hicks évoque l’innocence et la découverte de l’amour d’un pré-ado (belle interprétation du tout jeune Anton Yelchin) avec tact et délicatesse. Si la reconstitution toute en tubes musicaux, teintes, décors et costumes d’époque est de rigueur, le cinéaste ne tombe pas pour autant dans le regret d’une époque bennie. Ce début des années 60 est aussi celui de la parano liée à la Guerre Froide et d’une discrimination encore très rude des femmes dans le monde du travail.

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Anthony Hopkins reste l’atout majeur du film. Loin des rôles tordus de cannibales sophistiqués qui ont fait sa gloire, l’acteur britannique offre une composition lumineuse et mélancolique, mentor d’un jeune garçon en manque de père et d’attention maternel. Il apporte également une touche mystérieuse à son personnage, capable de deviner les pensées les plus secrètes de ceux qui le touchent, et recherché par de mystérieux hommes en noir.

CŒURS PERDUS EN ATLANTIDE n’a pas attiré les foules à sa sortie il y a une quinzaine d’années. Belle chronique tendre et nostalgique, matinée de fantastique, le film mérite toutefois d’être vu ou revu, que l’on soit fan de Stephen King ou non.

BANDE-ANNONCE

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    Pour le coup, je ne peux pas écrire quelque chose de constructif car je n’ai vu aucune de ces films. Je suis assez tentée par Carambolages ne serait-ce que pour le casting 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Les 3 films valent le détour… « Carambolages » pourrait te plaire, ne serait-ce que pour son petit côté vintage… « Fanboys » est une friandise légère et attachante… Quant à « Cœurs perdus… », je l’ai trouvé très touchant.

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