STAR WARS VII : LE RÉVEIL DE LA FORCE de J. J. Abrams

L’histoire

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…. Une trentaine d’années après la bataille d’Endor, Luke Skywalker, dernier chevalier Jedï, a disparu et personne ne semble savoir où il se trouve. Bâti sur les restes encore chauds de l’Empire, le Premier Ordre, mené par le leader suprême Snoke (Andy Serkis) et le jeune Sith Kylo Ren (Adam Driver), s’oppose à la Résistance menée par la Général Leïa Organa (Carrie Fisher). Alors que les deux groupes opposants cherchent Skywalker, Rey (Daisy Ridley), une jeune pilleuse d’épaves, et Finn (John Boyega), un Stormtrooper déserteur, vont être plongé malgré eux dans le conflit…

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Le réveil de la saga

Je ne risque pas de vous surprendre si je vous dis que LE REVEIL DE LA FORCE est certainement le film que j’attendais le plus en cette fin d’année. Fan de la première heure, la saga STAR WARS fait partie de ma vie. Je sais, cela vous paraît sans doute exagéré mais ce Space-Opéra, véritable mélange de fantasy, d’épopée moyenâgeuse, de western et de science-fiction me suit depuis que je suis en âge d’aller au cinéma. Et ces films ont toujours su me divertir, me dépayser et m’emmener avec bonheur dans une galaxie lointaine, très lointaine, il y a bien longtemps…

En sachant que j’allais découvrir ce nouvel épisode de la saga créée par George Lucas, il y a 40 ans, j’étais on ne peut plus nerveux. Pas de cette anxiété qui vous fait manger vos ongles jusqu’à faire ressembler vos mains à celles de Seth Brundle (remember LA MOUCHE de Cronenberg…). Non, plutôt cette montée d’adrénaline euphorisante qui vous donne des ailes et vous fait oublier, ne serait-ce que pour quelques heures, vos emm… problèmes et toute la misère du monde (parce que de ce côté là, cette année, on a été servi, merci).

Alors, qu’en est-il de cet épisode VII ? J. J. Abrams a-t-il su renouer avec la magie de la trilogie originale, comparée à une prélogie ayant laissé un goût amer aux fans il y a déjà 10 ans ? Et surtout – oui, surtout ! – cette bourse molle de Jar-Jar Binks avait-elle définitivement disparu ??

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Écartons d’emblée le suspense : LE RÉVEIL DE LA FORCE est une réussite. Ce nouvel épisode renoue avec la grande tradition du Space-Opéra, soit un divertissement virevoltant, prenant du début à la fin, jouissif comme un tour de grand 8, drôle et (très) émouvant pour qui sait encore se laisser aller au cinéma. Le réalisateur J. J. Abrams s’est glissé avec aisance dans ce train puissant qu’est la saga cinématographique la plus appréciée au monde.

Aidé dans sa tâche par les scénaristes Lawrence Kasdan (déjà scénariste sur L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE) et Michael Arndt, il livre un film respectueux de la première trilogie, très proche dans le récit d’UN NOUVEL ESPOIR, le fameux épisode IV par lequel tout a commencé. Certains critiqueront peut-être cette forte similitude avec le tout premier STAR WARS. Mais Abrams et son équipe n’hésitent pas à contourner et réécrire, voire booster le matériel d’origine, pour l’améliorer.

Star Wars: The Force Awakens L to R: General Hux (Domnall Gleeson) and Kylo Ren (Adam Driver), in b/g Captain Phasma (Gwendoline Christie) Ph: David James © 2015 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved.

Parmi ces améliorations, si l’intêret pour les personnages – qu’ils appartiennent à la trilogie classique ou qu’ils fassent leur entrée en scène – est toujours de mise, un plus quant à la profondeur et l’émotion qu’ils dégagent les rend rapidement très attachants. Profondeur, émotion et gravité aussi pour le traitement de séquences dramatiques, où les groupes et mondes détruits par le nouvel Empire ne sont plus de simples « cailloux » que l’on fait péter dans le vide stellaire. Les forces du mal sont donc une réelle menace, dévastatrice et évoquant les pires moments de notre propre Histoire.

Pas question ici de jouer la surenchère dans les effets. Les sfx sont certes spectaculaires et les scènes de combats entre vaisseaux toujours haletantes. Mais si la bataille finale donne le vertige, elle ne tombe pas non plus dans une illisibilité totale. Idem pour le combat ultime au sabre laser. Les multiples bonds de cabri de la prélogie ont laissé la place à l’affrontement plus sobre mais plus intense (à mon humble avis) des premiers épisodes.

Il y a aussi cette orientation intéressante, ignorée des autres films, qui nous fait prendre conscience qu’un Stormtrooper n’est pas qu’un simple pion que l’on balaie d’un coup de blaster, et qu’il peut également avoir une âme.

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Et puis, sans en dévoiler de trop, les nouveaux auteurs ont su prendre des partis-pris plutôt osés dans le déroulement du récit et la destinée de certains personnages. Quitte  à dérouter les habitués de la saga, cela renforce de façon certaine l’intensité dramatique du film. Vive émotion et déchirement à prévoir, donc…

Si une certaine noirceur se dégage du RÉVEIL DE LA FORCE, l’humour y est également très présent. Les répliques ironiques fusent et la drôlerie de certaines scènes nous ramènent là aussi vers les meilleurs moments des premiers films. Soyez donc rassurés, Jar-Jar Binks et ses pitreries de clown rasta ont été éliminés de la nouvelle charte !

Pas d’erreur de casting pour cet épisode VII : les nouveaux arrivants apportent un rythme, une implication et un sang neuf qui font mouche dès leurs premières apparitions. Le duo / couple formé par John Boyega et Daisy Ridley fonctionne rapidement et s’impose, aux côtés d’Oscar Isaac, impeccable dans le rôle de Poe Dameron, meilleur pilote de la résistance aux parfums de Han Solo et Wedge Antilles.

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L’une des belles surprises du film vient aussi du personnage de BB-8. Petit cousin d’R2-D2, ce droïde craquant et tout en rondeur s’impose dès le début, perpétuant l’immédiat attachement que l’on éprouvait à la découverte du binôme R2 et C3PO (ou Cispéo pour les anciens…). Sans en faire de trop, ses créateurs sont parvenus à lui donner une véritable personnalité et une expressivité, un tour de force pour un « ballon de métal » recouvert d’un petit dôme mobile.

Mais force (hé hé hé) est de reconnaître que Daisy Ridley est la grande révélation du film. Petit bout de femme dans un univers très masculin, à la fois lumineuse et déterminée, véritable garçon manqué, débrouillarde mais sensible et généreuse, elle est la clé de voute du film, son nouveau pillier et l’une de ses sources d’énergie. Au delà d’un rôle on ne peut plus important dans le début de cette nouvelle trilogie, la jeune actrice affirme une indéniable féminité, faîte de charme naturel, de maturité et d’émotion à fleur de peau. Amoureux le Movie Freak ? Totalement 🙂

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Émotion encore et joie des retrouvailles avec les personnages de la première heure. Revoir Han Solo / Harrison Ford et Chewbacca / Peter Mayhew débarquer sur le pont du Faucon Millénaire procure un pur moment de plaisir et d’émotion, qui avait d’ailleurs grandement contribué à l’engouement du trailer où étaient présentées ces images. Les retrouvailles entre Leïa / Carrie Fisher et Han procurent elle aussi leur lot de frissons, avec ce détonnant mélange de crânerie et de romantisme subtil qui faisait l’une des attractions de L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE.

Enfin, le personnage de Luke Skywalker, toujours interprété par Mark Hamill, fait partie intégrante du film. Difficile de ne pas trop en dire… Donc, pour résumer, je dirais qu’il est le moteur du récit… mais pas réellement comme on pouvait se l’imaginer à l’origine ! L’ultime séquence du RÉVEIL DE LA FORCE, sans un dialogue, est en ce sens une grande décharge émotionelle qui m’a mis les larmes aux yeux et m’a cueilli sans que je m’y attende.

Symbolique d’un certain passage de relais (même s’il est ici inversé dans la gestuelle), la scène semble nous dire qu’une page se tourne mais que rien n’est encore joué. Que ce qui nous a fait aimé cette saga n’est pas près de se terminer et que la relève est assurée.

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Retour aux sources amélioré, LE RÉVEIL DE LA FORCE s’adresse bien sûr aux fans de la saga qui sont tombés dedans quand ils étaient petits. Les grincheux parleront à nouveau de « fan service », terme en vogue ces temps derniers avec les prolongations que jouent certaines franchises, comme TERMINATOR, JURASSIC PARK ou même JAMES BOND. On s’est hélas rendu compte à plusieurs reprises que ce besoin de brosser dans le sens du poil les accros à telle ou telle série ne donnait pas vraiment de bons résultats, orientant certains films vers de mauvaises directions.

STAR WARS VII parvient à rassurer le fan basique tout en conservant la qualité d’un pur divertissement cinématographique, à suivre le sillon déjà tracé tout en surprenant les mordus hardcore, à comprendre la réussite de la première trilogie pour la poursuivre sans chercher non plus à la faire oublier (ce serait d’ailleurs une véritable mission impossible !!).

Quelques regrets toutefois dans le traitement de certains personnages, relégués – mais c’est un peu inévitable avec ce genre de film – à l’arrière-plan, voire ignorés. Petite déception aussi avec Kylo Ren, nouveau « méchant » qui n’a pas la carrure d’un Dark Vador ni le magnétisme vénéneux d’un Dark Maul. Son passé et sa situation quelque peu novice dans le Côté Obscur peuvent expliquer cela. Mais il m’a plus donné l’impression d’un ado très vénère et rebelle plutôt que d’un nouveau seigneur Sith.

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Ça ne m’a pas empêché de prendre un immense plaisir à retrouver cette saga. Un bonheur sans calculs, simple mais pas simpliste, spectaculaire et intimiste, drôle et très touchant. STAR WARS VII : LE RÉVEIL DE LA FORCE renoue avec la magie des premiers films et ne peut qu’emporter avec lui tous ceux qui ont vécu avec cette mythologie à leurs côtés, faisant prendre conscience de l’intense attachement qu’on lui porte. Parce que si nous avons mûri comme les héros d’origine, nous sommes restés des enfants des étoiles.


STAR WARS VII : LE RÉVEIL DE LA FORCE (2015) de J. J. Abrams
Avec Daisy Ridley, John Boyega, Harrison Ford, Oscar, Isaac, Adam Driver, Carrie Fisher, Peter Mayhew…
Scénario : J. J. Abrams, Lawrence Kasdan et Michael Arndt. Musique : John Williams.

Crédits photos : © Lucasfilm / Walt Disney Pictures.

Un petit bonus avec ce lien vers la BO du film.

BANDE-ANNONCE :

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    J’applaudis à tout rompre ! Bravo pour ce beau billet 🙂 Ce n’est pas seulement parce que je suis d’accord avec toi, c’est aussi parce que ça fait du bien de lire un avis réfléchi et sincère qui n’hésite pas à parler des petits bémols et à s’enthousiasmer pour tout le reste. À force de lire les commentaires sur FB, j’en arrivais à me persuader que, soit je n’avais pas vu le même films que ces gens, soit j’avais des goûts de chi***e 😉 J’ai pris un plaisir fou devant ce film, j’ai oublié tous mes soucis et j’ai eu le moral pour le reste de la journée ce qui ne m’étais pas arrivée depuis… je ne sais plus quand.
    Je trouve que J.J. Abrams a fait du très bon boulot, si tous les films qui sortent en salles pouvaient être aussi chouette, on serait heureux 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ma Potzi 🙂 J’ai survolé les critiques mais j’ai pu apercevoir ici où là quelques remarques à la con… Dans la salle où je suis aller voir le film, à la sortie, 2 couillons « armés » de sabres lasers critiquaient déjà le style des combats !? On risque d’avoir ce genre de commentaires bidons sur la couleur du slip de tel personnage pendant un bon moment j’en ai peur 😀

      Sinon, bien d’accord avec toi, Abrams a fait un superbe boulot. Par rapport à Lucas, même s’il est de bon ton de le descendre régulièrement, il faut quand même lui reconnaître l’origine de la saga, son envie de la voir se concrétiser contre les avis négatifs à l’époque. Après… c’est bien aussi qu’il laisse la place à d’autres je pense, qu’il soit moins omniprésent sur tout. Le scénariste Lawrance Kasdan au scénario est une très bonne chose. Il avait déjà fait des merveilles sur L’EMPIRE… et sur LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE…

      Et puis, comme toi, le film m’a fait un bien fou. Je crois qu’il y avait longtemps que je ne me suis pas autant « investi » en allant voir un film en salles, en réagissant autant. Vivement la suite !

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