Séance de rattrapage : THE VISIT

L’histoire

Loretta Jamison (Kathryn Hahn), une jeune femme vivant seule avec ses deux enfants Rebecca (Olivia DeJonge) et Tyler (Ed Oxenbould), est brouillée avec ses parents depuis une quinzaine d’années. Elle accepte pourtant de renouer des liens en envoyant Rebecca et Tyler passer une semaine avec Doris (Deanna Dunagan) et John (Peter McRobbie ), ces grands-parents qu’ils n’ont jamais connus. La rencontres se passe sans incidents mais, progressivement, Doris et John révèlent un comportement des plus étranges…

The-Visit-Olivia-DeJonge-Ed-Oxenbould

Vieillesse ennemie

Emballé comme tant d’autres par SIXIÈME SENS, j’avais découvert le talent de M. Night Shyamalan en validant les qualificatifs dithyrambiques dont la presse spécialisée s’était empressée de le gratifier. Ce nouveau wonder-boy d’Hollywood, émule de Spielberg et Hitchcock, réussissait à me convaincre avec INCASSABLE et même SIGNES. Mais mon enthousiasme était vite retombé avec LE VILLAGE et j’avais fini par décrocher, très déçu par PHÉNOMÈNES et AFTER EARTH, dernières errances du cinéaste que je ne suivais plus que de très loin.

Avec THE VISIT et les multiples retours positifs dont mon entourage me faisait part, comme les critiques plutôt bonnes que je pouvais lire ici et là, j’étais bien décidé à croire à nouveau au réalisateur adepte du twist final. Manqué en salles, je me décidais à louer le film et à me faire enfin ma propre opinion de ce qui apparaissait comme une production d’horreur à petit budget mais riche en émotions fortes et en suspense. Un élément me gênait pourtant : l’usage du “found footage”, ce style en vogue dans les productions d’épouvante, consistant à simuler des films amateurs par le biais de petites caméras vidéo. Mis à part CLOVERFIELD, aucun film ne m’avait convaincu en usant de ce procédé…

J’arrête là de vous faire languir : THE VISIT m’a beaucoup plu ! Tout d’abord parce que la réalisation est soignée au niveau de l’image et du cadre malgré son postulat de film amateur. Ce qui peut être tout à fait logique compte tenu du matériel utilisé par Rebecca et Tyler (épatants Olivia DeJonge et Ed Oxenbould) et de la passion pour la réalisation de la jeune adolescente. Et ensuite parce que le film marque le retour de Shyamalan à ce qui a fait sa marque de fabrique : le suspense psychologique et la surprise derrière les apparences.

THE VISIT n’est pas réellement un film d’horreur, même si la plupart des scènes jouent sur l’angoisse. Pas de gore mais de la terreur progressive et de nombreux “jumps scares” qui vous procureront des sueurs froides, pour peu que vous appréciez le principe.

En revenant à un budget et des ambitions modestes, Shyamalan semble retrouver le plaisir de nous raconter une histoire… à ne pas fermer l’œil de la nuit ! Partant d’une trame évoquant des faits de notre société actuelle – la famille désunie, la vieillesse comme une incontournable maladie, le choc des générations…- le cinéaste prend le contre-pied des récents films d’épouvante : abandonnant les enfants possédés ou les adolescents perturbés, il place un couple de retraités à l’origine de l’horreur et provoque la peur à partir d’une situation des plus banales.

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Rapidement introduit au cœur du sujet, on ne peut que s’identifier aux deux jeunes héros du film et vivre le cauchemar progressif qui les aspire, tout en subissant cette descente aux enfers comme de simples spectateurs. Vient alors les questions incontournables sur les faits de plus en plus étranges distillés par le film. Que se passe-t-il dans cette ferme isolée ? Qu’arrivent-ils à Doris et John, paisibles retraités en apparence ? Y-a-t-il une explication rationnelle ou incroyable au malaise qui s’installe progressivement entre ces grands-parents et leurs petits enfants ?

Même si les quelques indices disséminés dans le film vous mettront bientôt sur la voie, THE VISIT reste prenant jusqu’à son dénouement final. On pourra cependant regretter quelques incohérences dans la trame. Comment expliquer que Rebecca et Tyler n’aient JAMAIS vu leurs grands-parents auparavant, ne serait-ce que par le biais d’une photo conservée par leur mère, malgré le fait qu’elle n’ait plus garder aucun contact avec ses parents ? Certes, la base même du récit – une violente dispute familiale, 15 ans plus tôt – peut toujours apporter un éclairage à ce détail et expliquer bien des choses…

De même, comment comprendre que, malgré un final hautement anxiogène et un affrontement tendu, Rebecca continue de filmer tout ce qui lui arrive ? C’est vrai, il n’y a qu’à voir les récents évènements de l’actualité pour saisir que nous vivons une époque placée sous le signe constant de l’information visuelle. Les caméras de nos smartphones témoignent régulièrement des drames du quotidien, prises en mains par des cinéastes amateurs qui en oublient la violence à laquelle ils assistent. Franchement, dans la situation que vive les deux ados du film, je me moquerais bien de poursuivre mon film amateur !

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Au delà de ces petites contrariétés et d’une fin quelque peu moralisatrice, bien que tout à fait juste, THE VISIT est un bon moment de cinéma, parsemé de séquences touchantes et de notes d’humour malgré une ambiance (très) angoissante. M. Night Shyamalan marque un point et réaffirme son talent en faisant preuve de simplicité et d’originalité. De quoi passer 1h30 de frissons… et de remettre à plus tard le prochain week-end chez les grands-parents !


THE VISIT (2015) de M. Night Shyamalan.
Avec Olivia DeJonge, Tyler Ed Oxenbould, Deanna Dunagan, Peter McRobbie, Kathryn Hahn…
Scénario : M. Night Shyamalan. Musique : James Newton Howard.

Crédit photos : © Universal Pictures.


BANDE-ANNONCE

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    Je suis bien contente que tu aies aimé. C’est vrai qu’à force de lire des critiques élogieuses on place la barre tellement haut que souvent on est déçus.
    J’avais beaucoup aimé le film dont j’avoue ne pas avoir deviné la fin. J’avais pas mal labouré l’accoudoir de mon fauteuil parce qu’il y a des scènes bien angoissantes (quand elle « joue » à cache-cache sous la maison, la trouille !).
    C’est un joli retour aux sources pour Night (je m’épargne son nom de famille 😀 ), espérons qu’il continue sur sa lancée.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, encore une fois ça m’a beaucoup plu ! Et comme toi, la scène de cache-cache sous la maison m’a fait faire des bonds 😀 Comme celle du grattage de mur nocturne ou du nettoyage de four ! Brrr !! Pour Shyamalan, c’est dans ce genre de film qu’il est bon.

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