Pour une poignée de films… #15

Un bug, du cinéma de quartier et une frayeur gâchée par la fin pour cette poignée de films, 15ème épisode !


THE NEON DEMON (2016) de Nicolas Winding Refn

Une jeunette (Elle Fanning) monte à Los Angeles pour faire carrière dans le mannequinat. Stupeur !! Elle croise alors de mauvaises gens qui en veulent à son p’tit corps…

Elle Fanning, gelée de groseilles sur nuque de princesse, fait de la photo de mode…

Big trouble in a little blog ! Comment vous parler d’un film que j’ai à peine vu ? Comment vous partager mon avis dégoûté pour un objet filmique dont je n’ai suivi que les 15 premières minutes ? Ben tout simplement comme d’hab : en partageant mon ressenti sans dicter vos sentiments. Je m’explique. THE NEON DEMON de Nicolas Winding Refn – pour faire simple comme le monsieur qui signe le film en début de générique de ses initiales, appelons-le NWR ! – s’apparenterait donc à une œuvre “exigeante” comme on l’écrit dans Télérama.

“Pour montrer le Mal, il faut devenir le Mal…”. Avec cette pensée digne du cervelet torturé de Steven Seagal, NWR (pour rappel, les initiales de l’artiste, pas un format d’image pour le net !) m’a donné le sentiment, pour ce simple 1/4 d’heure visionné, de s’auto-parodier avec snobisme. Baignant dans une image néon-fluo-stroboscopique à rendre dingue un épileptique, le film démarre sur la belle Elle Fanning – parfaite dans le rôle de la jeune candide peut-être pas si innocente – couverte de (faux)sang, posant pour un photographe novice qui a mémorisé le book d’Helmut Newton pour le retranscrire au flash près.

5 minutes plus tard, l’apprentie anorexique est interpellée par 3 nanas qui la dévisagent comme un sorbet en plein Sahara. Les gourmandes bombardent la pucelle de Los Angeles de questions hautement philosophiques : le nombre de ses amants, la fréquence de ses rapports, son goût pour la sucette à l’anis ou pour le coitus interruptus… 

Derrière moi, un couple de potaches en rut donnent des coups de pieds dans les fauteuils au son de la BO techno. Choqué le mordu de films ? Plutôt agacé par tant de superficialité, à vrai dire. “T’as rien à fiche là !“ me dis-je en fixant la sortie…

2 grues cendrées, 2 spots calorifères. Cherchez les grues…

Il me faut beaucoup mieux pour exalter ma libido. Et bien plus prenant pour satisfaire ma part de Movie Freak ! Après 15 longues minutes qui s’apparentent à de la masturbation mentale, j’ai quitté la salle, le cœur au bord des lèvres. M’astreignant à ne plus trop en lire sur les films pour garder un meilleur effet de surprise, et misant sur mon emballement pour DRIVE, j’étais parti voir le dernier NWR comme on allait à la guerre, la fleur au fusil. Bien mal m’en a pris ! Encore une fois, j’ai passé l’âge de ces conneries. Vous vous ferez votre propre avis…


L’ÎLE MYSTÉRIEUSE (1961) de Cy Endfeld

En 1865, à la fin de la Guerre de Sécession, un groupe composé de confédérés s’échappe dans un ballon dérobé aux Sudistes. Poussés par la tempête, ils échouent sur une île perdue où ils tentent de survivre à de mystérieux phénomènes…

Sur la plage abandonnée, le crabe aux pinces dort…

L’ÎLE MYSTÉRIEUSE fait partie de ces romans un peu oubliés malgré le prestige de leur auteur, Jules Verne en ce qui nous concerne. En 1975, comme beaucoup de gens de ma génération, c’est par cette fabuleuse histoire que j’ai découvert l’un des pères fondateurs de l’Aventure made in France. Une belle série TV avec Omar Sharif faisait alors le bonheur des téléspectateurs accros aux 3 chaînes nationales…

Je suis tombé sur cette version de 1961 par le plus grand des hasards, quelques années plus tard au cours d’une diffusion sur le câble. Belle vision comme en produisait à foison le cinéma de quartier du coin, L’ÎLE MYSTÉRIEUSE, version Cy Endfeld, a le goût de la Dernière Séance et des barres Toblerone. Celui de l’enfance perdue entre deux chevaliers des Templiers en plastique et des dragons qu’ils affrontaient à coups de glaives et de boucliers inutiles.

Il ne faut pas chercher dans cette vision du classique de Verne une version fidèle et sans fautes. Le but essentiel se borne ici à retranscrire l’aventure exaltante du récit de survie à la Robinson Crusoe. Et de donner matière à faire à Ray Harryhausen, génial artisan des sfx du 7ème VOYAGE DE SINBAD et de JASON ET LES ARGONAUTES. Pour les mouflets accros à la synthèse, sachez que Monsieur Harryhausen – à l’aide de figurines de caoutchouc et de fil de fer – offrit au public des années 50 à 70 de nombreuses heures d’évasion grâce à l’animation image par image, digne héritière du KING KONG de 1933.

Un digestif dans le Nautilus après une bonne choucroute aux fruits de mer.

Ce film, au goût de l’enfance, offre généreusement son lot d’évasion (sans jeu de mots) et de mystère, magnifiquement soutenu par la bande originale de Bernard Herrmann. L’attaque du crabe immense ou la scène de la ruche et ses abeilles géantes restent encore aujourd’hui de fabuleux moments, fascinants pour leur prouesse technique et la poésie magique qui s’en dégage. Un beau classique d’aventure à redécouvrir.


THE BOY (2015) de William Brent Bell

Fuyant un passé douloureux, Greta (Lauren Cohan), une jeune américaine, est engagée comme baby-sitter en Angleterre, dans un manoir perdu dans les bois. Elle découvre à son arrivée que l’enfant dont elle doit s’occuper est une poupée de porcelaine…

Jouer à la poupée n’est pas sans risques…

Peut-on dire d’un film qu’il a le cul entre deux chaises ? THE BOY, au delà de ce pseudo thème pour bacheliers perdus, en serait un bel exemple. Voilà un bon petit récit d’épouvante qui démarre plutôt bien. Tous les éléments du thriller gothique sont là pour nous faire frémir au moindre bruit suspect, à la moindre ombre mouvante.

Dans un décor évoquant la maison de Norman Bates, la belle Loren Cohan (CHUCK, THE WALKING DEAD…) fuit une situation cauchemardesque pour tomber dans un autre cauchemar. Plongée au cœur d’une situation des plus étranges, elle fait face à sa façon. À sa place, on aurait forcément mis les voiles devant cette mise-en-scène morbide : un couple âgé – et mentalement perturbé – qui remplace un enfant disparu par une poupée blafarde à l’échelle, dans une vaste demeure sombre et isolée… Il faudra un jour que l’on m’explique pourquoi, au cinéma, les gens en fuite semblent chercher d’autres problèmes au lieu de s’en éloigner !

Mais on oublie ces incohérences pour se laisser porter par le prenant récit. L’étrangeté du propos, cette voix enfantine qui traverse les murs, ces bruits de petits pas à l’étage… Greta devient-elle folle ? Brahms, la mélancolique et sinistre marionnette, est-elle vivante ?

Brahms, l’inquiétant petit garçon de porcelaine, n’attend que vous pour jouer.

Et puis, tout s’emballe et l’histoire se prend les pieds dans le tapis. Inutile de compter sur moi pour vous dévoiler les 25 dernières minutes. Votre esprit tordu s’est déjà empressé d’aller chercher des spoilers sur d’autres sites… Alors que THE BOY prend son temps pour installer une ambiance anxiogène et soignée, le final déboule en urgence comme dans un mauvais épisode de Scooby-Doo. Exit la suggestion, bonjour la résolution par la démonstration !

Comme par crainte de perdre le (jeune) public ou par manque d’inspiration, William Brent Bell expédie THE BOY en une poignée de scènes chocs. Beaucoup de bruit pour pas grand chose et une déception, en ce qui me concerne, qui ne m’empêche pas de dormir mais m’a gâché le plaisir…

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. potzina dit :

    Ah ! L’île mystérieuse, ça c’est cool 🙂 J’ai vu le film quand j’étais gosse et j’en garde un excellent souvenir. Ton billet au goût de nostalgie de l’enfance m’a fait plaisir. Moi aussi j’aime les films au parfum de Toblerone et de Dernière Séance 🙂

    The Neon machin, j’ai un peu hésité à le voir avant de renoncer. Le sujet ne me branchait pas plus que ça et le jour où je m’étais décidée à le voir il a fait un soleil magnifique donc je ne suis pas allée au ciné 🙂 J’ai l’impression que je n’ai rien raté. Si le Movie Freak quitte la séance, c’est mauvais signe !
    C’est marrant mais NRW (allons-y gaiement) ne fait que des films dont le sujet ne m’attire pas. Même Drive, je n’y serais pas allée si je n’avais pas gagné de places. AU ciné j’avais aimé, je l’ai revu à la télé et je n’aurais pas dû. Enfin bref, je n’ai pas vu les néons et j’en suis plutôt satisfaite 😉

    The Boy me tente même si la fin est naze. Girliecinéphile partage plus ou moins ton avis : le début est sympa mais la fin est moisie. Le sachant j’aurais moins d’attente. Mais un pitch pareil, quand même, c’est tentant 😀

    Merci pour ce beau billet mon Huggy ! Ton honnêteté couplée à ton humour font plaisir à lire 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Grand merci ma Potzi ! Tes compliments me vont toujours droit au cœur 🙂

      Oui, pour le démon du néon, j’ai pas pu tenir plus longtemps. Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé… Heureusement, y’a tant d’autres films pour se faire du bien 😉

      Pour THE BOY, tu peux quand même te faire ton idée car je pense que le film devrait quand même te plaire malgré la fin bancale…

      Et pour L’ILE MYSTÉRIEUSE, je me souviens qu’on en avait parlé à l’occasion. C’est une belle version dans son genre, c’est exactement le film à voir en attendant le vrai début de l’été (moins de pluie, plus de soleil !!)

      N’hésites pas à revenir quand tu veux et peux, Caro-Potzi, tu es ici chez toi comme tous les Movie-Freaks 😉

      Aimé par 1 personne

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