5 raisons de (re)voir DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE

 

Parce qu’il n’y a pas que les grands classiques incontournables dans la vie d’un cinéphile, je vous propose de revenir sur l’un des fleurons de la série B fantastique et d’épouvante des années 50. Avec DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE – ou THEM! en VO – Hollywood proposait l’un des meilleurs films de monstres géants (si ce n’est LE meilleur) alors en vogue. Voilà 5 raisons de (re)plonger dans la fourmilière.

PS: Pour des raisons pratiques, j’évoquerai le film sous son titre original, soit « THEM! ». Que voulez-vous, je suis un grand flemmard de la saisie au clavier.

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Pour son récit au parfum de Guerre Froide

THEM! démarre d’une façon remarquable et accrocheuse. Une petite fille erre en plein désert du Nouveau Mexique avant d’être découverte par une patrouille de police. Intrigués par l’enfant qui semble choquée et ne dit pas un mot, le shérif local et son adjoint sont bientôt surpris par un son étrange et strident. La fillette sort alors de sa torpeur et s’écrit: « Them! Them! Them! » De quoi – ou de qui – parle-t-elle ? Les policiers vont rapidement comprendre l’horreur de la situation en retrouvant les restes dévastés de la caravane familiale de l’enfant…

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Avec ces premières images au superbe noir et blanc, THEM! intrigue et joue la carte du suspense avec une économie d’effets exemplaire. On entre dans le vif du sujet avec une montée graduelle de l’angoisse avant de découvrir ce qui se cache derrière cette situation peu banale. Débutant comme un film noir, THEM! révèle une intrigue bien ancrée dans la SF des années 50. Soit un récit au parfum de Guerre Froide où la peur du nucléaire et de ses conséquences prend une tournure monstrueuse et catastrophique. Délicieusement vintage, le film restitue les inquiétudes d’une époque derrière une apparente fantaisie sans conséquences.


Parce que le film est le meilleur de son genre

Avec son invasion de fourmis géantes, THEM! s’inscrit dans un genre dans le genre: le film fantastique de créatures géantes des années 50. Alors que le japon impose l’ultime référence avec GODZILLA, les États-Unis aborderont les effets néfastes de la bombe atomique avec des séries B mémorables comme TARANTULA ou LE MONSTRE DES TEMPS PERDUS. THEM! est, à mes yeux, le meilleur de ces films de monstres géants, modifiés génétiquement par les radiations et se retournant contre les responsables du désastre.

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Certes, les effets spéciaux sont aujourd’hui datés et les fourmis de plusieurs mètres, animées par des câbles et autres systèmes hydrauliques, ne sont plus effrayantes à l’ère du tout numérique ultra-réaliste. Mais le ton du film, parfois proche d’un documentaire, ses héros – et son héroïne – malgré eux, son noir et blanc à la fois travaillé et réaliste donnent à THEM! une patine qui le rend très agréable à regarder malgré les progrès des sfx de ces 20 dernières années.


Pour son approche différente de la science-fiction

En cette période de Guerre Froide, la SF au cinéma était une occasion rêvée pour évoquer le « péril rouge ». L’invasion venait souvent de la planète Mars et même si on peut attribuer l’origine de ce choix au roman LA GUERRE DES MONDES de H. G. Wells, on ne peut oublier que cette époque de tension entre les blocs de l’Ouest et de l’Est influençait fortement les récits des films fantastiques. Si des titres phares comme LE JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA se distinguait par un traitement plus nuancé du scénario, des œuvres comme LA CHOSE D’UN AUTRE MONDE, au delà de leurs qualités certaines, n’étaient pas gênées par la propagande anti-communiste.

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THEM! se démarque par sa manière plutôt engagée, à l’époque, d’attribuer le désastre causé par ces fourmis mutantes au gouvernement et à ses essais nucléaires en plein désert. Le cauchemar ne vient pas du bloc soviétique mais de l’inconséquence de l’armée et des scientifiques. Bien entendu, ce pointage du doigt n’est pas la priorité première du film et nous n’évoluons pas dans un pamphlet à la Michael Moore. Mais comme les autres films de monstres géants, THEM! nous place, derrière le divertissement, face à la folie humaine et à son manque de considération quant à la nature qui l’entoure. Écologique avant l’heure ? C’est bien probable…


Pour son influence certaine sur le cinéma de genre

THEM! a probablement influencé, sans que cela soit forcément conscient, certains cinéastes du Nouvel Hollywood. Le fait, par exemple, d’attendre une bonne demi-heure avant de montrer les fourmis géantes à l’écran est depuis l’époque du film un choix (plus ou moins volontaire) pour faire monter le suspense dans bon nombre de films de monstres. Le travail sur le son – avec le cri strident et glaçant des fourmis – a lui aussi marqué de nombreux autres récits de SF par la suite. Le scientifique raisonnable et repentant fait également partie de toute œuvre fantastique sérieuse qui se respecte…

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Enfin, l’antre des fourmis leurs immenses galeries ne sont pas sans évoquer ALIENS et son final cauchemardesque où Ripley évolue parmi des centaines de cocons, dans des couloirs infestés de xénomorphes. Le décor abritant les larves de THEM! fait toujours son petit effet et on peut imaginer que James Cameron et son équipe y ont peut-être songé lorsqu’ils se sont attelés à leur film.


Pour son casting geek

Cette raison est purement anecdotique mais elle plaira sûrement aux geeks qui liront cette article ! THEM! contient ces petites références qui vous feront briller en société même si elles n’évoqueront pas grand chose pour d’autres. Ainsi, James Arness, l’un des personnages principaux du film, frère de l’acteur Peter « Jim Phelps » Graves et célèbre aux USA pour avoir incarné le rôle principal de la (très) longue série western GUNSMOKE, n’était autre que la créature extra-terrestre de LA CHOSE VENUE D’UN AUTRE MONDE. Un rôle de plante vindicative, certes, mais inoubliable pour les connaisseurs et amateurs !

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Autre petit clin d’œil pour tous les geeks de la planète avec l’une des premières apparitions à l’écran de Leonard Nimoy, futur Spock de la série STAR TREK à la logique imperturbable et aux oreilles en pointe. Loin d’être une vedette à l’époque, le jeune acteur ne fait qu’une participation fugace dans le film. Mais il est impossible aujourd’hui de la manquer.

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Quand à Edmund Gwenn, le brave scientifique du film, on a pu le croiser en Père Noël dans LE MIRACLE SUR LA 34ème RUE et dans MAIS QUI A TUÉ HARRY? d’Alfred Hitchcock.

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DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE (THEM!, 1954) de Gordon Douglas.
Avec James Whitmore, Edmund Gwenn, Joan Weldon, James Arness, Onslow Stevens…
Scénario: Russell Hughes et Ted Sherdeman, d’après une histoire de George Worthing Yates.
Musique: Bronislau Kaper.

Crédits photos: ©Warner Bros Pictures


Bande-annonce

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. manU dit :

    Je l’ai vu il y a fort longtemps celui-ci et j’avais beaucoup aimé.
    L’arachnophobe que j’ai longtemps été se souvient également très bien de Tarantula… Brrrrr….
    Je connaissais James Arness pour son rôle au (très) long cours dans Gunsmoke, par contre j’ignorais qu’il fut le frère de Peter Graves !
    Sinon, je me souviens aussi très bien d’Edmund Gwenn dans Mais qui a tué Harry.
    Top billet, comme d’hab Al ! ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Manu ! Pareil, je l’ai vu la première fois dans l’émission télé d’Eddy Mitchell « La Dernière Séance » dans les années 80. Et revu récemment en dvd… Le film a pris une belle patine je trouve. Un classique dans son genre !

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