10 FAÇONS DE VOUS DISTINGUER (en vous mettant à dos les autres cinéphiles)

C’est quoi être un cinéphile aujourd’hui ? Faut-il suivre les grands courants de la pensée unique ? Doit-on voir tous les films en VO ? Est-ce nécessaire de se taper les plus obscures réalisations du 7ème art ou peut-on faire une entorse au politiquement correct en collectionnant l’intégrale de Max Pécas ?

Devant tant de questions profondes, sources certaines d’angoisses abyssales parmi les plus sensibles d’entre vous, j’ai décidez d’endosser ma blouse de docteur en MFE (Mauvaise Foi Evidente) pour vous proposer 10 manières de vous distinguer en tant que cinéphile… tout en vous frittant avec les autres mordus de ciné, voire avec l’intégralité de la planète !

Vous êtes prêts ? Sans ordre de préférence et, bien sûr, sans jamais prendre tout cela trop au sérieux, voici une petite liste non exhaustive qui ne vous donnera probablement pas envie de me dire merci 😉


1 – Révélez votre haine du cinéma français

Autour d’une table d’amis ou de connaissances, abonnés depuis plusieurs générations aux Cahiers Du Cinéma et Télérama, arborez le sourire cynique de celui qui s’apprête à jeter un pavé dans une mare de purin. Puis de votre plus belle voix, le regard perdu dans votre verre de scotch / gin / vodka-martini / smoothie aux orties,  lancez un cinglant: « Le cinéma français, c’est d’un mortel ennui ! »

Consternation autour de vous. On vous scrute avec incrédulité. Comment est-ce possible ? Vous, l’expert(e) du bon goût, cador du politiquement correct, gourou des bons plans cinéphiles. Comment osez-vous affirmer cela ? Ben, simplement en le disant.

Dépression pour Romain Duris soutenu par Louis Garrel, 2 frères de DANS PARIS de Christophe Honoré, une errance d’1h30 à la française.

C’est vrai, quoi. La Nouvelle Vague dont on nous rabat les oreilles depuis bientôt 60 ans n’a été que la porte ouverte à toutes les fenêtres d’un cinéma auteurisant et auto-suffisant qui se congratule de déverser chaque année son flot ininterrompu de prise-de-tête bobo gonflante à grands coups de trentenaires dépressifs errant dans les rues de la Capitale en quête d’un sens à leurs amours sous forme de partenariat à 3.

Pfff… Là, vous reprenez votre souffle. Mais c’est déjà trop tard. Plusieurs de vos proches vous maintiennent les bras et les jambes quand un autre tente de vous étouffer à grand coup de beaujolais issu des caves de Gérard Depardieu. Critiquer notre brillant cinéma hexagonal d’une façon cinglante quoique pétrie d’arguments solides, fallez-pas !

2 – Le cinéma ricain, c’est pour les bourrins

Même situation à quelques détails près. Vous voilà cette fois-ci dans une convention geek des plus colorée, coincé(e) entre un Captain America aproximatif et une Wonder Woman boudinée dans son slip Milky-Way. Cette fête, devenue la réunion annuelle des grosses sorties US en cours, grande cérémonie des prochains blockbusters, est le lieu de prédilection des mordus de SF, des accros de l’Heroic Fantasy et des drogués du comics.

Sur un ton blasé, dans une partie de la salle où votre voix de stentor pourra se propager dans un magnifique écho, vous lâchez: « Toutes ces grosses productions américaines… c’est d’un bourrin ! » À vos risques et périls, vous venez de vous distinguer du commun des mortels en signant toutefois votre arrêt de mort. Un silence lourd de sens et des regards désapprobateurs vous font prendre conscience de la sauvagerie de vos propos. Et pourtant…

Michael Bay, cinéaste de la délicatesse, reconnaissait, dans une interview, « faire des films pour des gosses de 16 ans ». Sans déconner ?

Pourtant, vous n’avez pas vraiment tort. Entre deux reboots, 3 remakes, 15 suites, 23 prequels à grand renfort d’écran vert et d’images de synthèses travaillés durant des mois pour quelques secondes de présence à l’écran, vous n’en pouvez plus de toutes ces productions hors de prix. Vos oreilles, martyrisés par le son THXZ 3000, et vos yeux rougis par des trucages aberrants mais rendus possibles par le numérique vous ont rendu allergique à ces fameux blockbusters, vendus à grand renfort de matraquage publicitaire appuyant lourdement sur la nécessité d’une séance. Là, maintenant, tout de suite !

Oui, pour vous, le cinéma ricain, c’est que pour les bourrins ! Pas le temps pourtant de savourer votre hardiesse franchouillarde. Tel Jeanne D’Arc saisi par ses rosbifs d’ennemis, vous voilà attaché(e) sur un poteau de torture importé d’une réserve indienne pendant qu’un grand costaud aux allures du Terminator cherche à vous étouffer, armé de beignets de poulets de la taille d’une escalope milanaise et d’un tonneau de coca. Gasp ! Affirmer sa différence culturelle n’est pas sans risque !

3 – Vous n’aimez pas Isabelle Huppert

Des mois qu’on vous assène qu’elle est l’actrice du moment parce qu’elle rafle tous les prix dans le dernier Verhoeven. Des années qu’on vous matraque avec sa filmographie « exigeante » et franco-internationale. Et malgré cela, vous n’aimez pas Isabelle Huppert. Ça n’a rien de personnel, vous ne la connaissez pas après tout. Mais voilà, c’est l’actrice qui vous déplait. Son sourire aux abonnés absents remplacé par un rictus masquant à peine un profond ennui ne vous a jamais fait craquer.

Pas plus que sa filmographie, certes impressionnante mais remplie de drames psychologiques, qui ne vous donne pas envie de courir dans la salle la plus proche pour vous enivrer de sa dernière prestation. Des rôles souvent couronnés de prix. Des films tournés par des pointures comme Tavernier, Doillon, Téchiné ou Chabrol. Mais une actrice qui vous fait l’effet d’un glaçon de vinaigre dans un verre d’eau tiède.

Sourire chaleureux et rôles « exigeants » pour Isabelle Huppert…

Ça n’a rien à voir avec son aspect, plutôt bien conservé à bientôt 65 ans (oups ! tant pis, j’l’ai dit…) mais avec sa personnalité. Cette froideur hautaine suintant un mépris non dissimulé ne vous inspire aucune sympathie, ni même une attirance physique ou cérébrale. Quant à sa collection de rôles de garces interprétée avec cette voix atone singulière et mollassonne, elle vous laisse de marbre, preuve, si vous êtes un homme, que les salopes ne vous attirent guère malgré les clichés en vigueur et, si vous êtes une femme, que vous n’êtes pas une salope.

Comme pour le cinéma français dans le premier exemple, prenez garde à l’endroit où vous vous trouvez et méfiez-vous de votre entourage du moment : au cour d’une soirée de bobos abonnés aux Inrockuptibles, vous risquez fort de finir la fête pendu(e) par les pieds !

4 – Vous ne supportez pas les films de Wim Wenders

Comme pour l’exemple précédent, ne pas supporter un réalisateur adulé de tous risque fort de vous rendre unique… tout en vous attirant des ennemis ! Imaginez la scène: dans une salle obscure, lors d’un festival local, vous voilà trainé(e) de force par votre moitié pour (re)voir LES AILES DU DÉSIR de Wim Wenders. Mais voilà, Wim Wenders et sa joie de vivre communicative, ça n’est pas pour vous.

Vous ne comprenez absolument pas pourquoi tout le monde s’extasie ainsi devant ses films d’une infinie lenteur et d’une mélancolie à rendre neurasthénique le plus jovial des Bisounours. Parce que nous faire croire que LES AILES DU DÉSIR est une ode à la vie et à l’amour, ce serait-il pas du foutage de gueule en mode « surprise sur prise » avec un type qui débarque d’on ne sait où pour vous dire sur un ton rigolard: « nan, t’inquiètes, c’était pour déconner !! »

Wim Wenders, cinéaste bon vivant après une crise de fou-rire…

Face à PARIS TEXAS, ALICE DANS LES VILLES ou L’AMI AMÉRICAIN, vous avez ressenti un courtois mais profond ennui, insensible aux errances des protagonistes et à leurs questions sur le sens de la vie. Même les titres de ses films vous rendent moroses ! L’ANGOISSE DU GARDIEN DE BUT AU MOMENT DU PENALTY – Oh mon Dieu ! Ce titre !! – vous a encore plus rendu allergique au football. Et voir Bruno Ganz en ange dépressif et amoureux d’une trapéziste, là dans cette petite salle art et essai aux sièges inconfortables, c’est plus que vous ne pouvez supporter !

Encore une fois, rien ne vous empêche d’hurler à la face du monde votre différence en rejetant la filmo complète de Wim Wenders. Au mieux, votre cher(e) et tendre risque de vous faire la tronche pendant plusieurs années. Au pire, les cinéphiles de la planète vous poursuivront, armés de crucifix et d’eau bénite comme si vous étiez le dernier rejeton du comte Dracula. Vous voilà prévenu(e).

5 – Vous passez vos journées à écouter du Michel Legrand

Déjà tout(e) petit(e), vos goûts musicaux prêtaient à discussion. Rebelle jusque dans votre lecteur MP3, vos play-lists sont uniquement composées des titres emblématiques du compositeur Michel Legrand. Rien de mal, me direz-vous. Tous les goûts sont dans la nature. Oui mais cette obsession vous a éloigné du bon sens et des autres qui ne supportaient plus vos crises de Legrandite aigue.

Rien d’étonnant à cela : comment peut-on supporter une personne qui, à la moindre occasion balance des « wadidi doua diwa dio dida » et parle en chantant, même quand c’est pour demander le sel qui a eu la mauvaise idée de rester planqué en bout de table au mariage de votre cousin ? Cette fixette persistante du compositeur attitré des films de Jacques Demy vous donne envie de danser en riant autour d’une table de bistrot ou sur une place publique à l’heure du marché.

Michel Legrand en pleine création : « Woa diwa dié dio dida didi…… »

Cette curieuse accoutumance aux airs du musicien vous fait immanquablement virer de tous les jobs. Dans ce prestigieux cabinet d’avocats, on ne vous a pas pardonné de répondre au téléphone en fredonnant LES PARAPLUIES DE CHERBOURG. On vous a fermement prié de prendre la porte de cette grande banque internationale après que vous ayez accueilli l’un de ses gros actionnaires à coup de « doubi douba douwi douwa ». Quand à ce poste dans un célèbre fast-food, les clients n’osaient passer commande quand vous étiez en caisse, craignant que la nourriture soit totalement avarié à force de vous entendre chanter le Cake d’Amour du film PEAU D’ÂNE.

Impossible de vous faire entendre raison ou de vous orienter vers d’autres courants musicaux. C’est devenu plus fort que vous et plusieurs membres de votre famille ont été internés ou placés en maison d’arrêt après avoir essayer de vous balancer par la fenêtre du 5ème étage ou de vous écraser en lançant leurs voitures jusque dans votre salon. D’ailleurs, aujourd’hui, votre tête est mise à prix. Ben oui, se distinguer des autres en affirmant ses goûts les plus sciant pour les nerfs, c’est prendre de gros risques !

6 – Vous n’avez toujours pas vu le dernier Tarantino

C’est le film du moment. Tout le monde en parle et la planète entière, cinéphile ou non, n’évoque plus que ça : INGLORIOUS FUCKING KILLER BASTARDS Part 1/4, le nouveau film de Quentin Tarantino, vient de sortir ! Le dernier QT, comme on dit entre connaisseurs. Oui mais voilà, vous, le dernier QT, vous ne l’avez pas encore vu.

Autour de vous, c’est la stupéfaction. Quoi ? Comment est-ce possible ? Vous qui ne manquez aucune sortie ciné, comment osez-vous ne pas avoir vu le nouveau Cuté (ou Kiouti si vous speakez l’english perfectly) ? Parce que, c’est bien connu, dans ce monde merveilleux où il est de bon ton de briller en société en ayant lu / vu / goûté / testé ce que l’on vous recommande fortement à grand renfort de matraquages médiatiques, ne pas avoir vu le dernier Tarantino est une insulte au bon goût.

Quentin Tarantino – ou Kiouti pour les intimes – représentant en casquettes Kangol.

À franchement parler, Tarantino n’a jamais été votre tasse de thé ou votre Coca Zéro. Quand tout le monde crie au génie, vous êtes le seul à ne voir qu’un bon faiseur, plutôt roublard, ayant ingurgité des tonnes de pellicules et connaissant par cœur les films sortis depuis « L’arrivée du Train en gare de La Ciotat ». Quand on vous parle de « griffe Tarantino », vous avez en tête un représentant en casquettes Kangol, largement porté sur les gangsters en costume sombre et les torrents d’hémoglobine, puisant son inspiration à coups de copiés-collés dans les séries B des années 70, les productions de la Toho et les westerns « choucroute-paëlla ».

C’est votre avis mais vous n’auriez jamais du le partager, encore moins sur ce ton calme et poli. Autour de vous, une poussée de violence vertigineuse a transformé vos plus proches amis en bêtes fauves assoiffées de revanche. Et c’est en vous coursant armés de sabre made in japan afin de vous couper les oreilles en pointe qu’ils vous pourchasseront jusqu’à la tombée de la nuit. Ne pas aller voir le dernier Kiouti, ça devrait pas être permis !

7 – Ingmar Bergman vous donne la migraine

Une intégrale Ingmar Bergman est programmée dans ce petit cinéma art et essai de votre quartier. Et vous savez déjà que vous n’irez pas. Même si on prenait en otage vos figurines Star Wars vintage, votre collection de DVD collector ou ce mouchoir de Monica Bellucci tombé de son sac à cette avant-première, alors qu’elle trainait un mauvais rhume, et que vous aviez religieusement ramassé pour le conserver sous cloche, vous n’irez pas à cette rétrospective Bergman. Tout simplement parce que le riant cinéaste Suédois vous donne la migraine.

Pendant la projection du 7ème SCEAU avec cet(te) ami(e) cinéphile – que vous aviez aimablement suivi parce que vous aviez tout autre chose en tête à son sujet – vous vous étiez assoupi au bout de 10 minutes, un filet de bave des plus élégants au bord des lèvres. Cherchant à vous rattraper et à vous prouver que vous n’étiez pas qu’un fan de Jackie Chan, vous aviez vu CRIS ET CHUCHOTEMENTS et, dans la foulée, SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE avant de plonger dans un état dépressif et végétatif durant plusieurs mois.

Plutôt que la casquette Kangol, Ingmar Bergman préférait le béret.

Quand vous entendez parler de Bergman, c’est toujours sur ce ton sérieux, comme recueilli, de fidèles à la sortie de la messe, prenant l’air contrit du pauvre pêcheur repentant. Ce serait mal placé d’évoquer le « maître » en avouant vous emm… bêter profondément à la vision de ses films. Mais voilà, Bergman est pour vous synonyme de maux de tête tenaces. De tubes d’Upsa 1000 consommés en quelques heures. De plans séquences interminables qui vous évoquent une plage de Dunkerque au mois de novembre.

Voilà pourquoi, entre autres, vous n’irez jamais à ce festival de quartier, pas plus qu’à aucun autre sur Ingmar Bergman d’ailleurs. Même si on vous y emmenait de force, qu’on vous ficelait comme un rôti sur votre fauteuil pour vous obliger à visionner non-stop la si cocasse intégrale du grand cinéaste suédois, vous parviendriez encore à vous échapper en vous projetant mentalement dans l’un de vos plus beaux souvenirs ou en vous endormant, la bave aux lèvres, comme d’habitude. Ben oui, quand ça veut pas, ça veut pas !

8 – Vous avez la nostalgie des films de baston 80’s

Chuck Norris et sa tronche barbue si expressive, Steven Seagal et son jeu d’acteur aux deux grimaces, Jean-Claude Van Damme et son sourire crétin… Oui, vous osez l’affirmer haut et fort : vous avez le film d’action des années 80 dans la peau et vous en êtes fier. La coupe mulet qui ferait passer un joueur de foot pour un représentant du bon goût, les sneakers pailletés et le jeans neige moulant fièrement exhibés, vous êtes tombés dans le grand fourre-tout des actionners américains et vous n’en n’êtes jamais sortis.

Le grand écart de JCVD entre deux tabourets de cuisine n’a plus de secret pour vous. Quant aux répliques viriles de Chuck Norris quand « on lui bave sur les rouleaux », vous pouvez les réciter les doigts dans le nez et les mains dans les poches ! Walkman Sony vissé sur les oreilles, vous pouvez reproduire à la perfection la chorégraphie de la copine de Sarah Connor dans TERMINATOR.

Torse velu suintant et uzzis en pogne, Chuck Norris s’apprête à casser du soviet.

Cette magnifique ère Reaganienne ou les studios produisaient des interminables séries de KICKBOXERS, de NINJA-WARRIORS et autres AMERICAN CYBORGS à grands coups de bande-originales au synthé et de logos bleutés aux reflets métalliques vous met la larme à l’œil. La vie était plus facile. Chuck, Jean-Claude et Steven dégommaient les méchants à grand renfort de coups de pied latéraux et de mini-uzzis auto-rechargeables.

Stallone avait ouvert la voie avec RAMBO II : LA MISSION et son héros enfin reconnu à sa juste valeur (morale ?), pansement aux vertues cicatrisantes après la triste déculottée du conflit vietnamien. Armé du regard plissé du justicier vindicatif et d’un bazooka portatif, ces héros de l’éxécution sauvage ont façonné votre personnalité et votre look rebelle au grand étonnement de votre entourage. Ce dont vous pouvez être sûr, c’est que personne n’osera contredire votre manque d’élégance. Tout au plus, on vous offrira un bon de réduction chez Speed Coiffure pour vous faire rafraîchir la nuque.

9 – Vous détestez les sagas

Harry Potter, Star Wars, Le Seigneur des Anneaux… Toutes ces sagas interminables vous soulèvent le cœur c’est à peine si vous avez vu un ou deux épisodes de l’une d’entre elles. Remplies de détails qui vous ont échappé et que seuls les adeptes ont su comprendre, de suites qui sont en fait des prequels, de personnages inutiles mais nécessaires au merchandising et de trahisons aux œuvres originales qui débouchent sur d’interminables conflits entre fans, leur intérêt vous a totalement échappé.

Mais l’engouement dithyrambique que ces sagas engendrent vous fait parfois douter. Seriez-vous passé à côté de quelque chose ? Pourquoi vous sentez-vous puni quand tout le monde en parle autour de vous avec exaltation, l’œil complice et le sourire de « ceux qui savent » ? N’est-ce pas tout simplement cette appartenance sélective, tel un club privé qui refuse son entrée aux non initiés, qui vous agace au plus haut point ?

Une scène de bataille du Seigneur Des Anneaux qui fait saliver les fans. Au fond à droite, un Grfmurh Cintré qui aura un rôle décisif dans le reboot du prequel…

En même temps, vous ne pouvez le nier : face à ces épisodes à rallonge, ces prequels réalisés 30 ans plus tard mais censés se dérouler 15 ans avant l’histoire originale, ces spin-offs qui clignent de l’œil à telle ou telle série de films et qui vous obligent à vous refaire toute une saga pour ne pas être larguer en cours de route, vous avez décroché depuis longtemps.

Comme pour ces séries TV interminables qui ne cessent d’être évoquer partout, pour un rien, et qui vous donnent un sentiment de culpabilité parce que vous n’y avez jamais rien compris, vous vous sentez rejeté malgré tout. Quoi ? Tu n’as jamais vu Star Wars ? Tu as loupé le dernier Harry Potter ? Tu t’es endormi sur Le Seigneur des Anneaux ? Vos meilleurs amis, fin connaisseurs, n’en croient pas leurs oreilles et tentent, en plusieurs heures qui paraissent des mois, de vous convaincre de rattraper votre impardonnable retard. Avec un vague sourire gêné, vous faîtes de votre mieux pour avoir l’air intéressé(e) et promettez, pour couper court au monologue, de vous y mettre au plus vite. Un jour peut-être.

10 – Les fans vous donnent de l’urticaire

S’il est une chose de notre temps qui vous donnent de l’urticaire, ce sont les fans « gardiens du temple » qui ne cessent de braire sur la toile pour qu’on ne touche pas à leurs films fétiches. Ils n’ont pas vraiment tort, c’est sûr. Ces classiques du 7ème art qu’on ne cesse de refaire pour les mettre au goût du jour – et du public – alors que tant de bonnes histoires originales pourraient encore être adaptées, cela ne vous enchante guère. Mais de là à hurler à la mort ou à prendre les armes…

Même chose pour ces geeks qui ne supportent pas que l’on change la couleur ou la boucle de ceinture d’un super-héros. Cela fait des années que des adaptations cinématographiques de classiques de la littérature ne sont pas toujours à la hauteur de l’attente engendrée. Et pourtant, cela ne rend pas hystérique ceux qui ont aimé les romans d’origine.

Face à l’exaltation des fans de Maya pendant la projection de la version live des aventures de la petite abeille, vous n’avez jamais oser dire que le film était moisi.

N’y a-t-il pas de causes plus essentielles que de boycotter une nouvelle version de Photocop ou de Conard le Barbant ? Toutes ces larmes virtuelles, ces « pourquooooiiiiii ??? » déchirants ne sont-ils pas excessifs ? C’est simplement un signe des temps, vous le savez bien. Ce besoin de passer de longues heures sur les réseaux sociaux à exorciser sa colère et son mal de vivre font parties du quotidien de nombreuses personnes…

Et déjà, votre côté malfaisant vous donnent des idées peu recommandables. Vous jubilez à l’idée de lancer de fausses rumeurs de reboots ou remakes de chefs-d’œuvre jalousement protégés par des groupies en transe. Et pourquoi ne pas évoquer cette réactualisation de CITIZEN KANE avec Kev Adams dans le rôle titre ? Comment réagirez le petite monde des fans devant l’annonce d’une version minimaliste du SEIGNEUR DES ANNEAUX par Jean-Luc Godard ? Vous riez sournoisement rien qu’à cette idée car, après tout, rien n’a d’importance. Rien sauf cette saga de SF que vous adorez depuis l’enfance et que vous ne voulez surtout pas voir trahie à coup de nouvelles versions ! Non mais !?

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14 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. rp1989 dit :

    Alors ton article me plaît bien: j’adore Michel Legrand, je n’ai pas aimé le dernier Tarantino et je n’aime plus les sagas lol. Bisous à toi!

    Aimé par 2 people

    1. Ah ah 😀 Merci Rose ! Rien de bien sérieux dans tout ça, juste une envie d’évoquer certaines choses actuelles sur le ton de la cocasserie… Et moi aussi j’aime bien Michel Legrand 😉

      Aimé par 1 personne

  2. Marie C. dit :

    Ton article m’a bien fait rire! Et me fait aussi réaliser qu’on a pas tous la même notion des cinéphiles ^^ et on a pas aussi rencontré les mêmes remarques 😉 par exemple moi ça me gonfle quand tout mes amis disent que le cinéma français c’est de la merde parce que leur seule référence dans le domaine c’est Camping ou les Profs. Moi c’est Les enfants du marais et Le goût des merveilles ou plus old school Fanfan la Tulipe avec le beau Gérard ! Aussi, ces mêmes personnes hurlent des qu’on parle de VF. Moi je regarde de la Vf et de la Vostfr, ça dépend de ce qui est proposé, du contexte et de la nature du film. Moi par contre je suis fan du Seigneur des Anneaux. Les Avengers en revanche je ne leur reproche pas leur côté bourrins mais je trouve les films ennuyeux à mourir (comme The Walking Dead dont le succès m’échappe ). En même temps j’aime regarder des films inconnus au bataillon pour le principe de voir un acteur que j’adore dans un rôle différent. Il y a des films d’auteur que j’ai adoré et d’autres qui me sortent par les yeux. Pareil pour les blockbusters. Bref, qu’importe ce que les gens en pensent, un film c’est une déception, un moment indifférent, un chouette moment, une belle surprise ou le grand amour.
    Le cinéma qui nous pousse à réfléchir, glander, rire, déprimer, réfléchir ou abandonner notre cerveau.
    Sur ce blabla sans fin et sans but je te souhaite bonne soirée !

    Aimé par 2 people

    1. Merci pour ton commentaire Marie ! Mon billet est à prendre avec du recul, bien sûr. Il y a encore beaucoup d’autres exemples que l’on pourrait citer… Je crois pour résumer qu’il y a juste de bons et de mauvais films, sans compter les films moyens, dans les films d’auteurs et les blockbusters. Il y a les films que l’on aime et ceux que l’on déteste. Cela semble évident mais si il y a un truc que je ne supporte pas, c’est cette façon d’orienter nos gouts…
      Pour ce qui est de Walking Dead, je n’en n’ai jamais vu, je ne suis pas trop branché « zombie » et mort-vivants à vrai dire. Et comme toi, je me demande pourquoi cela plait autant. J’essaierai de me faire ma propre idée à l’occasion… J’ai le même problème avec Game Of Throne, mais là j’ai essayé… et je n’ai simplement pas accroché 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Marie C. dit :

        Ah Game Of Thrones j’ai décroché au bout de trois saisons!
        Je vais encore dire que je ne suis pas d’accord (désolée mais je me permets je te sais ouvert au dialogue hihihi) avec la notion de bon et mauvais film. Je me fais la remarque lorsque je constate que certains des films les plus importants de ma vie sont de « gros navets » pour d’autres et qu’il m’est arrivé de ne pas aimer du tout des films qui ont transporté des amis ou juste des connaissances avec lesquels je peux m’entendre sur d’autres points. La perception qu’on a du film qu’il s’agisse de son thème des acteurs ou même de notre humeur ou des conditions dans lesquelles on le regarde peuvent tellement influencer le regard qu’on porte sur lui. Un film c’est presque comme un pote, ça passe ou ça casse et parfois on peut même se remettre en question et changer d’opinion 😉 voilà c’est la théorie de Marie quand elle se la joue philosophe ^^ (en revanche je ne tolère aucun avis négatif sur True Romance, aucun, parce que ce film est sacré. D’un coup mon seuil de tolérance envers le monde frôle zéro attention !). Allez j’arrête les commentaires à rallonge et te souhaite bonne journée !

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      2. C’est sur, beaucoup d’éléments entrent en compte quand il s’agit d’un film et comment on l’appréhende 😉

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  3. seriesdefilms dit :

    Bien joué c’était drôle à lire 😉

    Aimé par 1 personne

  4. augustinesaintpaul dit :

    Super article !! J’ai vraiment ri !!! Pour moi un cinéphile est une personne qui aime le cinéma et qui est toujours prête à découvrir de nouveaux films. Peu importe ce qu’elle regarde !!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Augustine ! C’était le but bien sûr 😉 … Et aussi une façon détournée de mettre en boîte les petits travers des cinéphiles – ou cinéphages – que nous sommes. Je suis d’accord sur ta définition même si, il faut bien le reconnaître, certains films nous donnent plus ou moins envie que d’autres, selon notre propre sensibilité.

      Aimé par 1 personne

  5. MarionRusty dit :

    Vous detestez Terrence Malick – Vous detestez les comédies françaises – …

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    1. Voilà 2 autres possibilités pour se mettre à dos les autres cinéphiles. Cet article n’est pas à prendre au sérieux, je le rappelle quand même. Juste une façon d’ironiser sur le petit monde des cinéphiles et sur la « pensée unique »…

      Aimé par 1 personne

      1. MarionRusty dit :

        Oui je me doute bien et j’ai d’ailleurs pris un grand plaisir à le lire!

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