Séance de rattrapage : PASSENGERS

Une séance de rattrapage qui sent le pop-corn et le blockbuster de SF avec PASSENGERS, grosse machine hollywoodienne intéressante non pour ce qu’elle est mais pour son résultat maladroit et révélateur. Décryptage.

L’histoire

Dans le futur, un vaisseau de colonisation terrien, le Avalon, voyage vers une lointaine planète lorsqu’une avarie du système de contrôle réveille par erreur 2 passagers (Chris Pratt et Jennifer Lawrence) parmi les 5000 présents à bord en état d’hibernation…

Coup de foudre dans les étoiles

PASSENGERS est l’exemple type du cinéma hollywoodien dans ses plus mauvais aspects. Un film beau mais vide malgré un récit de base intéressant, des atouts visuels indéniables et un parti-pris minimaliste culotté pour un film de ce genre.

Dès lors, on peut se demander ce qui ne fonctionne pas. Cela saute pourtant aux yeux: l’erreur principale de PASSENGERS tient dans son casting « tendance ». On imagine sans peine la discussion des grosses huiles de Sony Pictures et Columbia…
– Tiens, on ferait bien une romance SF avec deux acteurs tendance…
– Ça marche ! Jennifer Lawrence  est libérée (délivrée) de la franchise « Hunger Games » et Chris Pratt vient de finir la post-synchro des « Gardiens de la Galaxie » avant d’attaquer Jurassic World 2.
– Ok, on contacte leurs agents. Mais faudrait un pitch quand même…
– Ben, « dans l’espace, personne ne vous entend flirter ».
– Ah ouais, ça l’fait.

Signé par le réalisateur du pourtant réussi IMITATION GAME avec Benedict Cumberbatch, PASSENGERS doit se débrouiller avec un scénario écrit par Morten Tyldum (PROMETHEUS… aïe !) qui se prend les pieds dans le sas de décompression dès que Jenni « les-grosses-joues » sort de son cocon d’hibernation pour une raison que je ne vous dévoilerai pas même sous la plus ignoble des tortures (en même temps, quand on me scie les nerfs avec du Christophe Maé, je deviens pas coopérant, je deviens tout vert et je déchire ma chemise).

Soit, à l’origine, une réflexion intéressante sur la solitude, la place de l’homme loin des ses racines et sur la peur de l’inconnu. Non non, je suis sérieux. PASSENGERS aurait très bien pu donner vie à une belle œuvre de SF métaphysique et mélancolique entre les mains d’un metteur-en-scène inspiré comme Terrence Malick ou Christopher Nolan. Mais il aurait été surtout bien plus intéressant s’il avait été interprété par de vrais acteurs et non par des « poseurs de mode ».

Au final, on se retrouve avec un bel écrin (superbes sfx) rendu aussi creux qu’une vesse-de-loup sur le déclin (vous savez, ce champignon tout rond qui se volatilise en poussière quand on appuie dessus – fin du cours de sciences naturelles). Toutes les pistes intelligentes de ce « lost in space » du couple sont rapidement écartées pour une banale romance d’anticipation à la sauce Meetic 2.0.

Vous me direz, avec une telle affiche de départ, il y a de quoi se douter de ce que l’on va découvrir. Et si je parle ici du casting à peine sauvé par l’excellente interprétation de Michael Sheen, la participation de Laurence Fishburne et le cameo d’Andy Garcia (lui, faut vraiment pas cligner des yeux pour pas le louper !), je pourrais aussi parler du poster présentant pour visuel les visages du couple vedette en gros plan, histoire de faire oublier l’aspect futuriste du film. C’est pas faux, même si l’emballage cache quelques beaux moments.

Les séquences de sorties dans l’espace des 2 héros de l’histoire, le désarroi du personnage de Preston / Chris Pratt en début de film, les échanges touchants et décalés avec le robot-barman, le spectaculaire de certaines scènes… Tout n’est pas bon à jeter à y regarder de plus près. On se dit juste, par moment, que le film a probablement du être remonter pour convenir à un certain public, plus soucieux de « s’éclater » pendant près de 2h que de se divertir intelligemment. Dommage mais prévisible, hélas.


PASSENGERS (2016) de Morten Tyldum.

Avec Jennifer Lawrence, Chris Pratt, Laurence Fishburne, Andy Garcia…
Scénario: Jon Spaihts. Musique: Thomas Newman.

Crédits photos: © Sony Pictures Entertainment / Columbia Pictures


Bande-annonce

 

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. rp1989 dit :

    J’ai bien accroché à la première partie du film, moins à la seconde.
    Je trouve que Chris Pratt joue bien dans ce film.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, Pratt est bon dans la première partie. Après, quand Jennifer Lawrence arrive, ça part en sucette…

      Aimé par 1 personne

      1. rp1989 dit :

        Je suis d’accord.

        Aimé par 1 personne

  2. Sweet Judas dit :

    « Un bel écrin rempli de vide », je n’aurais pas dit mieux… C’est vrai que le film est beau (j’adore le bar, même si on dirait qu’on nous téléporte dans une production de Baz Luhrman sans prévenir), mais bon… Tout est cousu de fil blanc. C’est dommage parce que j’espérais une réflexion sur la solitude du personnage de Jim, quitte à ce qu’Aurora soit une pure invention de son esprit… Mais non. Un Roméo et Juliette sans le drama, c’est embêtant quand même.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, je suis bien d’accord. C’est beau visuellement mais c’est un film qui se base sur son duo d’acteurs « bankable » pour attirer le public. Du gâchis qui, entre d’autres mains et avec plus d’ambition, aurait pu donner un beau film de SF…

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