5 raisons de (re)voir LA FOLLE JOURNÉE DE FERRIS BUELLER

Le sujet du Ciné-Club de Potzina de ce mois de juin, poposé par Marie et son blog BANGARANG DAILY, avait pour thème L’ÉCOLE AU CINÉMA. Loin d’avoir gardé une grande tendresse pour cette période de ma vie, j’avais envie de prendre les chemins de traverse lorsque ce besoin d’école buissonnière m’a fait penser à l’un de mes films préférés.

Au cours des années 80, un cinéaste nommé John Hugues offrit au public une série de films évoquant l’adolescence avec une justesse de ton, un sens de la comédie et une émotion à fleur de peau inédite jusqu’alors. Des titres comme BREAKFAST CLUB ou PRETTY IN PINK ont durablement marqués la jeunesse de l’époque par leur mélange subtil de légèreté et de gravité de ton.

LA FOLLE JOURNÉE DE FERRIS BUELLER, l’un des bijoux de cette période bénie, évoque ces années collège / lycée avec décalage et sincérité. Voilà déjà 5 raisons de le (re)voir.


POUR SON SUJET POLITIQUEMENT INCORRECT

Alors que les années 80 s’apparentent traditionnellement aux années fric et toc, FERRIS BUELLER’S DAY OFF (en VO) prend le sens inverse de la marche. Loin des œuvres américaines en vogue à cette époque glorifiant l’entreprenariat et le culte de l’argent, le film de John Hugues est une ode à la liberté, à la vie au jour le jour et à l’hédonisme.

L’une des répliques cultes du film est prononcé par Ferris Bueller lui-même, héros rebelle et futé, adepte de la coolitude et de la paresse organisée : « La vie bouge très vite. Si tu ne t’arrêtes pas de temps en temps, elle te file entre les doigts. »

Par le biais de son personnage iconique, John Hugues ne nous invite pas à tout plaquer ni à rester caché au fond de son lit. Il nous dit avec un clin d’œil complice que l’éxistence mérite bien mieux que des bancs d’école poussiéreux et des intervenants ennuyeux. Alors que la fac l’attend à la rentrée prochaine, Ferris décide de s’octroyer une belle journée de détente avec ses deux meilleurs amis.

« Size the day » aurait dit un autre cinéaste par la voix de son inoubliable professeur de vie. C’est ce que nous dit en substance Ferris Bueller, tout en nous conseillant vivement de ne pas suivre le « troupeau ».

POUR MATTHEW BRODERICK

Révélé 3 ans plus tôt avec WAR GAMES de John Badham, l’acteur Matthew Broderick allait rapidement devenir, au cours des années 80, le porte-dapeau de cette génération que l’on n’appelait pas encore « geeks ». Soit, des ados accros au jeux-vidéos, à l’informatique et à une pop-culture qui incluait aussi bien le cinéma de genre, les comics et le rock que les fantômes gloutons de Pac-Man.

Issu d’une famille d’artistes et venant du théâtre, Broderick a déjà 24 ans à l’époque de FERRIS BUELLER. Mais son air juvénile lui donne facilement 6 à 8 ans de moins. Mélange de gendre idéal, de petit génie et d’écureuil espiègle, sa personnalité fait des merveilles dans le film de John Hugues, avec un rôle taillé sur mesure, probablement l’une de ses meilleures interprétations. Les années 80 lui seront bénéfiques avec entres autres LADYHAWKE, TORCH SONG TRILOGY, BILOXI BLUES ou GLORY avant que sa carrière prenne une direction bien moins marquante…

POUR Son trio vedette

LA FOLLE JOURNÉE DE FERRIS BUELLER, c’est en premier lieu un trio complice et irrésistible comme on en voit peu au cinéma. Comme souvent chez John Hugues, ses héros – à défaut d’une famille présente, aimante et unie – ont de vrais amis sur qui ils peuvent compter.

Aux côtés de Matthew Broderick, Mia Sara et Alan Ruck complètent un trio d’amis comme on en souhaiterait tous. Elle, sublime brunette au sourire canaille, est la petite amie rêvée, belle et rebelle. Lui, le pote paumé et mélancolique, double dépressif et sensible de Ferris, évoque les troubles de l’adolescence où l’on ne sait pas vraiment quel sens et quelle suite donner à sa vie.

Leur complicité crève l’écran et apporte un « plus » indéniable à cette journée de détente et de délire, un équilibre et une crédibilité supplémentaires au film et à son récit. Outre son message prônant la liberté et les petits plaisirs du quotidien, FERRIS BUELLER est aussi une ode à l’amitié.

POUR Ses seconds rôles

Outre ses acteurs principaux, FERRIS BUELLER réunit également un excellent casting de seconds rôles. Loin de négliger les autres personnages du récit, John Hugues entoure son trio de choc d’une galerie d’individus loufoques et marquants.

Un an avant de devenir célèbre avec DIRTY DANCING, Jennifer Grey incarne la sœur jalouse de Ferris, adepte du self-defense et du close combat. Vu dans le AMADEUS de Milos Forman, l’acteur Jeffrey Jones s’impose dans le rôle du principal du lycée  – et crétin notoire – Ed Rooney. Son excellente interprétation en fait l’égal d’un Peter Sellers dans le rôle de Clouseau. On le retrouvera souvent, par la suite, chez Tim Burton avec des rôles dans BEETLEJUICE, ED WOOD ou SLEEPY HOLLOW.

Dans des rôles plus courts mais tous aussi inoubliables, citons pêle-mêle Ben Stein en professeur d’économie rasoir et monocorde (« Qui le sait ? Qui le sait ? ») ou bien encore Charlie Sheen en junkie draguant la sœur de Ferris au commissariat, sans oublier Lyman Ward et Cindy Pickett, les parents coincés et trop crédules de Ferris Bueller (« Confiance et tolérance… »).

POUR SON “4ème MUR” RÉGULIÈREMENT BRISÉ

Ça n’est certes pas la première fois que le procédé est utilisé mais FERRIS BUELLER brise régulièrement ce que l’on nomme au cinéma « le 4ème mur ». Vous savez, celui qui s’apparente à l’écran où est projeté le film que vous êtes en train de regarder. Ou bien encore votre écran de télévision. Voire même, pour les plus jeunes d’entre vous, l’écran ultra-plat XX-Large de votre smartphone ou de votre tablette…

S’il est l’indéniable héros de cette folle journée, acteur et metteur en scène de cette bulle de vacances improvisées, Ferris Bueller prend très régulièrement le temps de s’adresser au public, lui présentant les protagonistes de ses aventures, lui donnant son point de vue sur le sens de la vie ou lui donnant ses recettes pour sécher les cours.

À la fin du film, quelques secondes après le générique, Ferris revient à l’écran, étonné de voir que certains spectateurs sont encore présents et les invitant même à rentrer chez eux ! La complicité entre le héros du film et le public est poussé à l’extrême.

Peut-on dire dès lors que Ferris Bueller serait le brillant précurseur des YouTubeurs d’aujourd’hui, blogueur avant l’heure prônant ses petites leçons de vie à qui veut le regarder ? Qui le sait, qui le sait…


LA FOLLE JOURNÉE DE FERRIS BUELLER (FERRIS BUELLER’S DAY OFF – 1986) de John Hugues.
Avec Matthew Broderick, Mia Sara, Alan Ruck, Jennifer Grey, Jeffrey Jones…
Scénario : John Hugues. Musique : Ira Newborn, Arthur Baker et John Robie.

Crédits photos : © Paramount Pictures


EXTRAIT

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9 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. rp1989 dit :

    Bien tentée par ce film. J’ai découvert John Hugues avec Une créature de rêve que j’ai bien aimé. Bon choix en tout cas!

    Aimé par 1 personne

    1. Je te le recommande Rose, tout comme je te recommande aussi BREAKFAST CLUB 😉

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  2. J’aime beaucoup ce film, à la folie douce. John Hugues a bercé mon enfance, il a véritablement créé le teen-movie, qui est un genre que j’adore. Comme beaucoup, je suis une inconditionnelle du Breakfast Club

    Aimé par 1 personne

    1. Tout pareil Girlie 😉

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  3. MarionRusty dit :

    J’ai trouvé tellement génial la référence dans la scène post générique de Deadpool! J’en ai poussé un cri dans la salle je crois que j’étais la seule à remarquer le peignoir ou à avoir vu le film ^^

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    1. Je ne l’ai pas vu. Oui, je pense que le film est méconnu de beaucoup de jeunes spectateurs (31 ans quand même) mais il n’a pas vieilli, à mes yeux. Et c’est une façon, avec BREAKFAST CLUB, de (re)découvrir John Hugues.

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      1. MarionRusty dit :

        J’aime tous les films de Hugues, j’aime aussi Rose bonbon. Et je fais aussi partie de la jeune generation à 25 ans (enfin j’espere)!

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  4. modrone dit :

    J’ai toujours aimé Ferris Bueller et son goût d’une certaine liberté.

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    1. Je ne peux que t’approuver !

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