Pour une poignée de films… #21

21ème poignée de films du blog avec, au menu, un film à sketches à la française, une comédie grinçante sur les rapports de bon voisinage et le 3ème volet des aventures de Gru et les Minions.


LE DIABLE ET LES 10 COMMANDEMENTS (1962) de Julien Duvivier

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Une suite de courts récits où différents protagonistes illustrent les 10 commandements face à la tentation de les détourner…

Les années 50 et 60 ont fait les beaux jours du film à sketches, genre qui n’est plus d’usage de nos jours à quelques exceptions près. L’atout majeur de ces films tenaient essentiellement dans leurs distributions exceptionnelles. LE DIABLE ET LES 10 COMMANDEMENTS ne fait pas exception à la règle, présentant un casting impressionnant constitué des vedettes établies ou en devenir de l’époque : Michel Simon, Alain Delon, Fernandel, Françoise Arnoul, Lino Ventura, Charles Aznavour, Jean-Claude Brialy, Louis de Funès, Danielle Darrieux, George Wilson…

Soutenues par la voix de Claude Rich dans le rôle du Diable, représenté par un serpent à l’image, les histoires évoquées dans le film de Julien Duvivier (PÉPÉ LE MOKO, LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO, MARIE-OCTOBRE…) illustrent chacune sur un ton différent des hommes et des femmes pris au piège de la tentation : la convoitise, l’adultère, la vengeance…

Le principe n’est pas ici de mettre en scène une évocation pieuse et religieuse de l’Ancien Testament mais de placer un fil conducteur à cette série de courts-métrages, réunies sous un thème commun. Chaque récit évolue dans une atmosphère différente (la comédie, le drame, le polar noir…) et offre l’avantage de surprendre régulièrement.

Époque oblige, certains sujets ont vieilli et paraîtront désuets. Mais le film a gardé un charme certain, renforcé par son brillant casting. Plus de 50 ans après sa sortie, c’est bien sûr dans son défilé d’acteurs célèbres que LE DIABLE ET LES 10 COMMANDEMENTS garde son plus grand intérêt.

Certains sketches se démarquent des autres, comme celui réunissant Alain Delon, Danielle Darrieux, Madeleine Robinson et George Wilson dans une histoire d’amour filial contrarié. Classique dans sa mise-en-scène et son traitement général, le film se voit encore avec plaisir et une certaine nostalgie.


LES BANLIEUSARDS (1989) de Joe Dante

Ray Peterson (Tom Hanks) profite d’une semaine de vacances pour savourer la tranquilité de son quartier résidentiel. Mais la venue de nouveaux voisins, les Klopek, au comportement étrange, et la disparition du vieux Selznik vont pousser Ray et deux de ses amis à soupçonner ces nouveaux arrivants…

Joe Dante a souvent été considéré comme le double « crapuleux » de Steven Spielberg. Après des premiers films lorgnant du côté de la série B d’horreur (PIRANHAS, HURLEMENTS), il va s’imposer avec le succès des GREMLINS en 1984 et s’orienter dans cette voie digne d’un Tonton Steven ayant forcé sur l’ouzo sans glace et les pistaches au tabasco.

Ses films suivants seront des œuvres tout public mais avec une vision souvent plus mordante – voire même plus drôle – que son mentor-producteur. Après l’échec injustifié de l’excellent L’AVENTURE INTÉRIEURE, Dante enchaînera avec ces BANLIEUSARDS, comédie corrosive sur les méfaits des ragots et autres relations de pas si bon voisinage.

Distribué directement en vidéo dans les années 90 (et aujourd’hui disponible en DVD et blu-ray), LES BANLIEUSARDS n’est pourtant pas un film uniquement destiné au marché américain. Son cadre pourrait très bien se situer en France  et ses protagonistes faire partie de votre voisinages. Commençant une fois de plus comme une production typique du Spielberg des années 80, le récit prend une direction bien plus caustique jusqu’à l’explosif final… et son twist surprenant !

Entouré d’excellents acteurs dont la regretté Carrie Fisher et le génial Bruce Dern en vétéran du Vietnam, LES BANLIEUSARDS est une très bonne comédie, toujours d’actualité. Cocktail de comédie noire, d’analyse sociale et de thriller fantastique, le film fait encore mouche et vous fera voir vos proches voisins d’un autre œil.


MOI, MOCHE ET MÉCHANT 3 (2017) de Pierre Coffin et Kyle Balda

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Devenu un père aimant et un agent secret reconnu, Gru doit faire face au redoutable Balthazar Bratt, un ancien gamin star devenu un féroce méchant accro aux années 80. Mais sa dernière mission, en binôme avec Lucy, a été un échec et le couple est renvoyé de l’agence. Tenté de redevenir le méchant qu’il était, Gru découvre bientôt qu’il a un frère jumeau, Dru… 

Avec le premier MOI, MOCHE ET MÉCHANT, le film d’animation voyait arriver un personnage d’anti-héros total, émule des méchants de James Bond, comme protagoniste principal du récit. Avec son cadre déjanté évoquant les gags de Tex Avery et les Minions, ces personnages secondaires irrésistibles, le film engendra un second volet et, aujourd’hui, ce 3ème opus censé clore une trilogie.

MOI, MOCHE ET MÉCHANT 3 ne démérite pas : la parodie délirante des blockbusters actuels (comprenez : des films de super-héros et de super-espions) fait toujours mouche, s’adressant plutôt aux adultes qu’aux enfants qui seront plus touchés par les notes d’humour purement visuelles. L’idée amusante de ce 3ème volet est d’introduire Dru, le jumeau de Gru, aussi blanc vêtu que l’autre est habillé de noir, la coupe de cheveux de Claude François en prime ! Gru se trouve un frère, gentil et bênet qui ne rêve… que de méchanceté, comme le veut la tradition familiale.

La trouvaille la plus drôle de MOI, MOCHE ET MÉCHANT 3 vient de Balthazar Bratt, l’ennemi de Gru et Lucy, enfant vedette des années 80 tombé en désuétude et rêvant de vengeance. Avec ses épaulettes et sa coupe mulet de circonstance, accompagné des standards musicaux du Top 50 de l’époque, le personnage renvoie aux heures les moins glorieuses d’une décennie parfois trop vite adulée. Avec une ironie bienvenue, les créateurs de la série s’en sont donné à cœur joie pour nous remémorer le kitsch de ces 80’s toc et bling.

On pourra reprocher au film son manque d’homogénéité dans le récit. Chaque personnage se voit attribuer sa propre évolution – dont les fameux Minions, devenus des vedettes à part entière –  bouleversant la donne au niveau du récit et évoquant parfois le film à sketches, avec ses séquences réunies sans réel lien entre elles. Mais le plaisir est toujours de mise. Et le film est un divertissement estival et familial très réussi.

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. rp1989 dit :

    Le film de Joe Dante me tente bien :).

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    1. Oui, très drôle et mordant ! Je te le recommande !

      Aimé par 1 personne

  2. Je n’ai toujours pas vu les banlieusards, qui pourtant est souvent présenté comme un chef d’oeuvre méconnu. Il faut décidément que je m’y mette.
    Le dernier Moi moche et méchant est un vrai bonbon, comme d’hab, je finis toujours par rire aussi fort que les autres enfants dans la salle. Bratt est juste parfait de ringardise, l’hystérie d’Agnès est contagieuse et les minions, quoi

    Aimé par 1 personne

    1. Ah oui, entièrement d’accord avec toi, avec les enfants autour qui rient de bon cœur, on ne peut que craquer 😀 Et le film est drôle alors une bonne tranche de rire, ça ne se refuse pas !
      Et pour LES BANLIEUSARDS, je te le recommande vivement. Peut-être pas un chef d’œuvre mais une excellente (et drôle) critique de la vie entre voisins, avec de bons acteurs et quelques scènes d’anthologie. Le film mérite d’être rediffusé à la télé, même en seconde partie, ou d’être programmé dans un ciné-club, avec PANIQUE SUR FLORIDA BEACH, par exemple, autre film injustement méconnu de Joe Dante. Après, je pense qu’il y a quand même moyen de le trouver en vidéo sur le net…

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