Séance de rattrapage : COLOSSAL

L’HISTOIRE

Rien ne va plus dans la vie de Gloria (Anne Hattaway). Elle a perdu son job de journaliste et noie son amertume dans l’alcool au cours de virées nocturnes entre copines.  Mise à la porte de chez elle par Tim (Dan Stevens) son compagnon, elle part s’installer dans l’ancienne maison familiale, loin de New York. Chance ou malchance, Oscar (Jason Sudeikis), un ami d’enfance, lui offre un poste de serveuse dans son propre bar. Mais après une énième soirée trop arrosée, Gloria découvre au journal télévisé qu’un monstre géant vient d’apparaître à Séoul…


CRÉATURE ASSOIFFÉE

Disponible en e-cinema depuis le mois de juillet dernier, COLOSSAL est un un véritable OFNI (pour Objet Filmique Non Identifié, bien  sûr). Coproduction hispano-canadienne réalisée par le cinéaste ibérique Nacho Vigalondo, spécialisé dans les œuvres fantastiques décalées, le film ne s’inscrit dans aucune catégorie « classique » du 7ème art actuel.

Démarrant comme une comédie douce-amère de Wes Anderson – c’est pas moi qui le dit, c’est un des personnages du film ! – COLOSSAL s’oriente rapidement vers le kaiju eiga (« cinéma de monstres » pour la traduction littérale) à la Godzilla, sur un ton original et parodique, avec des touches de drame intimiste.

À première vue, ce mélange de styles pourrait inquiéter, voire rebuter. COLOSSAL parvient cependant à retenir l’attention par son originalité rafraîchissante et ses détournements multiples de genres trop codifiés.

Le risque de Vigalondo, en brouillant les pistes, serait de se mettre à dos les fans de Pacific Rim comme ceux de Moonrise Kingdom ou Happiness Therapy. Mais à une époque où le 7ème art s’enferme parfois trop souvent dans le conformisme et la consensualité, le cinéaste réussit à nous surprendre. Et c’est bien trop rare pour ne pas l’accepter.

COLOSSAL doit bien évidemment une grande partie de sa réussite à l’interprétation impeccable d’Anne Hattaway. Refusant les compromis pour que l’on ressente une empathie trop immédiate pour Gloria, l’actrice donne à son personnage la folie-douce  et la gravité nécessaires à son évolution.

Contre toute attente, COLOSSAL va ainsi chercher dans les lointains souvenirs de Gloria pour éclairer son étrange syndrôme. Le film prend à nouveau une orientation différente, à la fois simple et hors-norme, pour nous faire accepter ce que nous redoutons et repoussons tous dans le même élan : les joies et les peines de l’enfance forgent nos vies d’adultes.

Tout à la fois drôle, surprenant, touchant et décalé, COLOSSAL est, en ce qui me concerne, une séance de rattrapage que je ne regrette pas.


COLOSSAL (2016) de Nacho Vigalondo.
Avec Anne Hattaway, Jason Sudeikis, Dan Stevens, Austin Stowell, Tim Blake Nelson…
Scénario : Nacho Vigalondo. Musique : Bear McCreary.

Crédits photos : © Voltage Pictures, Brighlight Pictures et Sayyaka Producciones


BANDE-ANNONCE
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