Séance de rattrapage : CREED

L’histoire

À la fin des années 90, le jeune Adonis Creed est un adolescent bagarreur, en mal de repères. 20 ans plus tard, alors qu’il participe en secret à des combats de boxe amateurs, Adonis (Michael B. Jordan) décide de quitter le confort de sa vie quotidienne et son travail de bureau pour se consacrer à la boxe et suivre les traces de son père Apollo. Devant le refus de tous pour l’entraîner, il se tourne vers Rocky Balboa (Sylvester Stallone), l’ancien adversaire et ami de son père...

Premier round

À tort, on associe trop souvent Sylvester Stallone au personnage de Rambo. Malgré un très bon premier volet (FIRST BLOOD en VO, pour rappel), la saga Rambo s’est dilluée par la suite dans des opus bourrins, gonflés au patriotisme et à la testostérone. C’est un peu vite oublier que Stallone fut révélé au grand public avec un tout autre personnage : Rocky Balboa.

Apparu pour la première fois en 1976, à une époque où le cinéma américain proposait des films engagés et contestataires (LES HOMMES DU PRÉSIDENT, TAXI DRIVER…), ROCKY offrait une vision dépouillé et attachante du « rêve américain ». Loin du héros triomphant, le personnage de Rocky venait de la rue, sans éducation et sans le sou. Rocky perdait le match mais gagnait l’affection du public pour son courage et sa pugnacité face au champion du monde en titre.

On raconte qu’à l’époque du 1er ROCKY, lorsqu’il proposa le script aux studios United Artist, Stallone ne possédait que 40 dollars sur son compte. On voulut lui imposer une star pour tenir le rôle principal (Robert Redford, Burt Reynolds ou James Caan furent envisagés). Mais l’acteur refusa tous compromis et soumit une condition :  il interprétait lui-même le personnage de Rocky ou le film ne se faisait pas.

Sa ténacité eut raison des producteurs et, pour le faible budget d’un peu plus d’1 million de dollars, le film put se monter. Le reste est entré dans la légende : 3 Oscars pour une dizaine de nominations en 1977 et un succès international, critique et public.

La réussite du personnage et le succès mérité du film tenaient dans la sincérité du propos. Un anti-héros du quotidien, une histoire simple (pas simpliste) et émouvante, des personnages secondaires marquants… Là aussi, hélas, la plupart des suites ont réduit ce personnage à de vulgaires stéréotypes. Mais CREED est venu relever le niveau

La force du film de Ryan Coogler (BLACK PANTHER, actuellement en salles) est de revenir aux fondamentaux du mythe Rocky, à l’essence même du personnage, faîte de courage, de pudeur et d’authenticité. Sans être un simple remake du ROCKY de 1976, CREED parvient, avec talent, à en restituer l’âme et le cœur.

CREED tient en grande partie sa réussite à l’alchimie du duo principal. Venu de la télévision et révélé par le succès surprise de CHRONICLE au cinéma, Michael B. Jordan incarne avec sincérité le personnage d’Adonis Creed. Un rôle « casse-gueule » qui le fait entrer dans la cour des grands mais que le jeune acteur parvient à s’approprier, jouant avec conviction sur une double tonalité : parallèlement à la bonne éducation et au milieu aisé d’où il vient, Adonis a besoin de s’affirmer par rapport à un père qu’il n’a jamais connu.

Ce besoin de père, le jeune Creed le trouvera en la personne de Rocky Balboa. Reprenant le petit chapeau des débuts, Sylvester Stallone fait une superbe et très émouvante interprétation de son rôle fétiche. S’appuyant sur sa propre expérience d’acteur et sur le temps passé, Stallone offre une composition sincère et bouleversante, prouvant si cela devait être encore nécessaire qu’il peut être un excellent acteur.

Soutenus par la belle partition musicale de Ludwig Göransson, qui reprend brillamment le flambeau de Bill Conti, les deux acteurs nous offrent un duo des plus attachants et que l’on a hâte de revoir dans une prochaine suite.

Jouant sur la nostalgie, le temps qui passe et la transmission, CREED projette un souffle salvateur dans une époque cynique et désabusé. Un blockbuster, certes. Mais bien plus subtil et touchant qu’il n’y paraît.

CREED (2015) de Ryan Coogler.
Avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Phylicia Rashād, Graham McTavish, Wood Harris…
Scénario : Ryan Coogler et Aaron Covington, d’après une histoire de Ryan Coogler et les personnages créés par Sylvester Stallone.
Musique : Ludwig Göransson.

Crédits photos : © Warner Bros

BANDE-ANNONCE


 

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