Pour une poignée de films… #24

Chronique expresso n°24 avec au menu une comédie romantique réussie, un buddy-movie aux accents vintage et un biopic au casting 5 étoiles.

MA FEMME EST UNE ACTRICE (2001) de Yvan Attal

Yvan (Yvan Attal), chroniqueur sportif, est marié à Charlotte (Charlotte Gainsbourg), jeune et populaire actrice. Vivant quelque peu dans l’ombre de son épouse, cela ne lui pose pas de problèmes. Mais alors que Charlotte part rourner à Londres avec un séduisant acteur britannique (Terence Stamp), la jalousie l’envahit…

Premier film d’Yvan Attal en tant que réalisateur, MA FEMME EST UNE ACTRICE aborde le sujet délicat de la jalousie et de « l’inégalité » sociale au sein du couple sur le ton de la comédie raffinée et subtile.

Proche dans le style de classiques de Woody Allen comme MANHATTAN ou ANNIE HALL, cette belle comédie fait une évidente allusion à la propre vie du couple Attal / Gainsbourg tout en y insufflant suffisament de recul et d’ironie pour semer le spectateur dans l’inévitable jeu des comparaisons.

Au delà d’un sujet aux fondements sérieux, MA FEMME EST UNE ACTRICE reste une véritable déclaration d’amour d’Yvan Attal pour sa compagne. Réalisé il y a déjà 17 ans, le film marquait un véritable tournant dans la carrière cinématographique de Charlotte Gainsbourg.

Belle, charmeuse et drôle, l’actrice se démarquait totalement des rôles d’enfant timide qui  l’ont imposé (L’EFFRONTÉE et LA PETITE VOLEUSE de Claude Miller) pour s’imposer avec le naturel et la simplicité qui la caractérisent.

Tendre, mélancolique et légère à la fois, soutenue par la délicate bande originale de Brad Mehldau, cette jolie comédie romantique se savoure toujours sans modération.

 

THE NICE GUYS (2016) de Shane Black

Los Angeles en 1977. Après la mort suspecte d’une actrice de pornos, un détective privé sur le retour (Ryan Gosling) et un « gros bras » bourru mais tendre (Russell Crowe) font équipe pour retrouver une jeune femme impliquée dans l’affaire…

Depuis quelques années, l’acteur/scénariste/réalisateur Shane Black s’est imposé comme une valeur sûre d’un cinéma de genre décompléxé mais de qualité. Vu en tant qu’acteur dans le PREDATOR de John McTiernan, il fut le scénariste de L’ARME FATALE 1 & 2, du DERNIER SAMARITAIN et de LAST ACTION HERO avant de passer derrière la caméra pour KISS KISS BANG BANG et IRON MAN 3.

Sorti il y a 2 ans, THE NICE GUYS reprend les codes du polar en duo dans lequel Black fit brillamment ses classes. Soutenu par un tandem de stars complices et excellents – dont un Ryan Gosling très drôle et à 1000 lieues de ses rôles récents – le cinéaste nous offre une véritable comédie d’action nostalgique et décontractée.

Avec toutes les apparences d’un « pilote » de série des années 70, THE NICE GUYS s’impose par son impertinence, ses bonnes idées (le personnage de Gosling aidé dans ses enquêtes par sa fille ado de 13 ans) et ses guest stars de luxe (Kim Basinger).

Le seul bémol du film vient d’un sentiment de « déjà-vu » qui joue contre lui : un peu de DERNIER SAMARITAIN, un peu de KISS KISS BANG BANG… Shane Black semble s’auto-citer tout au long du film, preuve évidente d’un manque d’originalité qui, sans gâcher le plaisir ressenti, n’en reste pas moins gênant par moments.

 

DALTON TRUMBO (2015) de Jay Roach

À la fin des années 40 à Hollywood, le scénariste Dalton Trumbo (Bryan Cranston) est un auteur talentueux et réputé. Mais son appartenance au Parti Communiste en pleine Guerre Froide va bouleverser sa vie et celle de ses proches…

C’est bien connu, le biopic au cinéma est un exercice de style passionnant et délicat. Il permet au plus grand nombre de découvrir une personnalité et un pan de l’Histoire, souvent méconnu pour ne dire ignoré du plus grand nombre, tout en conservant un aspect scolaire.

Sérieux dans son approche, le film de Jay Roach rend pourtant justice à l’un des plus grands auteurs que le 7ème art ait jamais connu, injustement écarté des tournages et interdit d’exercer pour ses idées.

DALTON TRUMBO retrace une période sombre des États-Unis, le Maccarthysme, où la délation s’appliquait comme on joue au baseball. Reconstituée avec soin, cette époque trouble entraîna Hollywood dans la paranoïa et la lâcheté la plus détestable, brisant les carrières et les existences de personnalités brillantes.

Plus connu pour ses comédies (AUSTIN POWERS, MON BEAU-PÈRE ET MOI…), le cinéaste Jay Roach surprend agréablement pour l’implication dont il fait preuve. Sans éclat particulier mais avec efficacité, il met en valeur une superbe distribution : Diane Lane, Helen Mirren, John Goodman, Elle Fanning…

Dans le rôle titre, Bryan Cranston démontre à nouveau son grand talent d’acteur. Révélé par la série BREAKING BAD, DALTON TRUMBO lui offre enfin l’occasion d’un rôle de premier plan. Il parvient avec sincérité à retranscrire la complexité du célèbre auteur, intellectuel prisé puis paria d’un milieu cruel, père et époux aimant mais auteur égocentrique. Son interprétation hors-pair vaut à elle seule l’intêret de ce biopic classique mais passionnant.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Isa Poitou dit :

    Tu m’as bien donné envie de voir les 3 films :)! Surtout the nice guys et ma femme est une actrice, j’aime beaucoup Yvan Attal comme réalisateur :)!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Isa !
      Les 3 sont bien, tout dépend de ce dont tu as envie sur le moment…
      Le film d’Yvan Attal était sa 1ère réalisation et sa plus réussie, à mon humble avis.
      Mais le film sur Dalton Trumbo est passionnant. Et The Nice Guys est sympathique 😉

      Aimé par 1 personne

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