Coup de cœur pour LA FORME DE L’EAU

L’histoire

Aux États-Unis, à l’aube de la conquête spatiale. Elisa Esposito (Sally Hawkins), une jeune femme muette, travaille dans l’équipe d’entretien d’un centre de recherche du gouvernement. Un jour, dans l’un des laboratoires, elle rencontre un étrange être amphibien (Doug Jones)…

La belle muette et la bête

Dans un monde bien trop uniformisé, il est merveilleux d’être agréablement surpris. Je me répète sans doute mais quand on aime le cinéma, dans le flot de nouveaux films débarquant sur les écrans, on devient exigeant.

LA FORME DE L’EAU est une magnifique surprise. Un petit bijou de grâce, de poésie et de cruauté qui n’usurpe pas les louanges que lui portent l’ensemble de la critique et du public. Une œuvre fantastique, dans tous les sens du terme qui, sur une trame classique, parvient à renouveler le genre.

Par le soin méticuleux apporté aux décors, à la photographie, à la musique et au scénario, Guillermo Del Toro signe un film s’adressant au plus grand nombre, tout en évoluant dans un univers qui n’appartient qu’à lui, entre mélancolie, étrangeté, violence et douceur.

Conte fantastique et romantique, LA FORME DE L’EAU nous parle de différence, de tolérance et d’acceptation de soi comme des autres dans un univers ou “l’exemple à suivre” est une triste mascarade.

Déboulonnant le mythe 60´s du rêve américain avec cruauté et jubilation, le cinéaste ibérique a le recul nécessaire pour nous rappeler que la norme imposée “made in USA” n’a rien d’idéale. Ses personnages principaux sont des anti-héros, touchants et formidables, que les hasards de la vie vont placer dans une aventure hors-norme.

Au cœur de cette bouleversante histoire d’amour, il y a bien sûr une formidable équipe d’acteurs, crédibles et impliqués. L’émouvante Sally Hawkins offre une poignante interprétation, délicate et juste dans un rôle difficile. Dénué de dialogues, son personnage renvoie au temps du muet et des grandes œuvres de Chaplin. Un sourire, un geste simple, un pas de danse esquissé dans un couloir et Elisa prend vie.

À ses côtés, Doug Jones transcende un impressionnant maquillage pour incarner la plus réaliste et touchante des créatures. Richard Jenkins incarne l’émouvant voisin et allié d’Elisa. Quant à l’excellent Michael Shannon, il campe une redoutable ordure à côté duquel Dark Vador passerait pour un Bisounours !

D’une beauté visuelle remarquable, délicat et tendre, sombre et lumineux, teinté de références et de clins d’œil au 7ème art, LA FORME DE L’EAU est une réussite. Une œuvre à part et nécessaire.

LA FORME DE L’EAU (2017) de Guillermo Del Toro
Avec Sally Hawkins, Richard Jenkins, Michael Shannon, Doug Jones, Octavia Spencer…
Scénario : Guillermo Del Toro et Vanessa Taylor. Musique : Alexandre Desplat.

Crédits photos : © Fox Searchlight Pictures

Bande-annonce
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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. manU dit :

    C’est tout à fait ça ! Je n’aurai pas su le dire aussi bien.

    Aimé par 1 personne

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