Pour une poignée de films… #25

Pour ce 25ème opus des chroniques de films en mode rapido, je vous parlerai d’une bonne série B d’anticipation, d’une adaptation de comics foireuse et d’une énième boboterie française.

LE RÈGNE DU FEU (2002) de Rob Bowman

Dans un futur proche, les Dragons, réveillés d’un long sommeil, ont envahi le monde. Sur une Terre brûlé et dévasté, des survivants menés par Quinn (Christian Bale) et Van Zan (Matthew McConaughey) tentent un ultime assaut contre ces créatures cauchemardesques…

Sorti il y a plus de 15 ans, LE RÈGNE DU FEU reste une très agréable découverte. Mêlant un univers apocalyptique proche de MAD MAX aux légendes moyennageuses, le film de Rob Bowman – réalisateur sur de nombreux épisodes d’X FILES – s’appuie sur un postulat de départ original et inexploité au cinéma.

Imaginant ainsi que les Dragons seraient à l’origine de l’extinction des Dinosaures avant de s’en prendre aux humains, LE RÈGNE DU FEU offre quelques scènes spectaculaires, comme cet affrontement en plein ciel entre un commando de survivants et les créatures ailées.

(Re)voir le film est aussi l’occasion de redécouvrir 2 acteurs encore peu connus à l’époque. 3 ans avant d’endosser le masque et la cape de Batman dans la trilogie de Christopher Nolan, Christian Bale donne une interprétation investie et sobre face à un Matthew McConaughey méconnaissable et impressionnant dans son rôle de soldat de l’extrême. L’acteur de MUD et INTERSTELLAR n’évite pourtant pas ici un cabotinage excessif qui le discrédite parfois.

Disposant d’un petit budget sans que cela ne transparaisse à l’écran, LE RÈGNE DU FEU bénéficie, pour l’époque, de belles créations en images de synthèse avec de redoutables dragons, quelques années avant GAMES OF THRONE. Ajoutez à cela un récit solide et sans temps morts et vous obtenez une bonne série B fantastique qui n’a pas démérité malgré les années.

 

THOR : RAGNAROK (2017) de Taika Waikiki

De retour sur Asgard après une longue absence, Thor (Chris Hemsworth) retrouve son monde dans un piteux état. Odin son père (Anthony Hopkins) est mourant et Loki son demi-frère (Tom Hiddleston) est de retour. Cerise sur le gâteau empoisonné : le Dieu du Tonnerre découvre qu’il a une sœur aînée maléfique, Hela (Cate Blanchett), aux ambitions démesurées et destructrices…

Fan de bandes dessinées depuis toujours, les adaptations de comics ne m’ont jamais dérangé… tant qu’elles sont réussies ! C’est (très) loin d’être le cas de ce 3ème chapitre des aventures du Thor de la « Maison aux Idées » Marvel. Trop de comics tue le comics ? C’est probablement ça. Marvel – et Disney donc – signe ici, après le piteux SPIDERMAN : HOMECOMING, l’un des plus mauvais chapitre du Marvelverse sur grand écran.

La raison principale de ce vautrage à plusieurs millions de dollars ? Un film traité comme une insuportable farce, boursouflé à l’humour crétin et aux vannes puériles, baigné de couleurs criardes et de décors synthétiques après un probable tournage aux 3/4 sur fond vert.

Poussant le démarquage avec DC Comics à son extrême en capitalisant sur le ton déconneur et la cool attitude de rigueur depuis une dizaine d’années – IRON MAN, 1er film entièrement produit par Marvel mais bien plus réussi, date déjà de 2008 – THOR : RAGNAROK semble prendre tous les fans de comics pour des ados décérébrés en leur balançant une bouillie scénaristique indigeste, saupoudrée d’effets spéciaux qui piquent aux yeux.

Dénué d’enjeu, agrémenté d’une Cate Blanchett en punkette gotique, d’un Jeff Goldblum en Michou de l’espace et de quelques caméos surprises pour combler les vides, le film de Taika Waikiki prouve, si c’était encore nécessaire, l’essouflement du genre. On comprend vite pourquoi Anthony Hopkins n’y fait que passer et Natalie Portman est absente de cette désolante boufonnerie. Seule compensation, en ce qui me concerne, dans cette insulte au bon goût : ne pas avoir dépensé le prix d’un billet pour le voir en salle.

 

JEUNE FEMME (2017) de Léonor Serraille

De nos jours, à Paris. Après une rupture sentimentale, Paula (Lætitia Dosch), une jeune trentenaire isolée, tente de redonner un sens à sa vie au fil des rencontres…

Des critiques enthousiastes. Des prix à Cannes et au Champs-Elysées Film Festival. Des nominations aux Césars… Malgré un sujet mince comme une feuille de papier toilette sans épaisseur triple et un casting d’inconnus, JEUNE FEMME véhiculait un doux parfum de «réussite surprise».

Dans l’esprit du «petit film» que personne n’attendait au tournant mais qui vaut le détour. Fausse pioche. Erreur totale et monumentale. Le film de Léonor Serraille est une nouvelle boboterie indigeste, faîte pour les lecteurs de Télérama et les Parisiens qui ignorent qu’il existe un monde au delà de la capitale.

JEUNE FEMME n’est ni drôle, ni triste, ni passionnant, ni sujet à débat. C’est un vide d’un peu plus de 90 minutes qui s’appitoie sur les malheurs d’une grande fifille immature, personnage tout droit sorti d’un BIBA ou d’un COSMO spécial rupture. On aimerait pouvoir l’aimer cette Paula paumée… sauf que l’on se fiche très vite de son sort bien futile face à la dureté du monde.

En subissant cette énième variation française sur le désespoir des bobos trentenaires en mal de repères, on se dit que la Nouvelle Vague n’a pas fait que du bien à l’industrie cinématographique. Même si la légèreté logistique et scénaristique d’un film peut donner de grandes et belles œuvres, simples et rafraîchissantes, elle a hélas engendré, dans notre pays de l’exception culturelle, un je-m’en-foutisme indigne d’un court-métrage ou d’une location vidéo. Jeune femme mais vieux concept.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. manU dit :

    Je ne connais que Le Règne du feu vu au ciné à sa sortie, j’avais bien aimé !

    Aimé par 1 personne

    1. Oui Manu, pareil pour moi. J’avais bien aimé en voyant LE RÈGNE DU FEU au ciné et en le revoyant.

      Pour ce qui est de JEUNE FEMME, c’est une grosse déception par rapport au bruit fait autour du film. On dirait presque une parodie du genre « franchouille », avec cette éternelle histoire d’un ou d’une trentenaire qui a des soucis dans Paris !!

      Pour THOR 3, une autre grosse déception. Je crois savoir que tu n’es pas trop comics au ciné. Mais il y a eu de très bonnes adaptations. THOR 3 est un ratage… pourtant très aimé du public !? No comprendo.

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