5 raisons de revoir L’AFFAIRE THOMAS CROWN

Redistribué actuellement dans quelques salles et dans une version restaurée, L’AFFAIRE THOMAS CROWN fête son 50ème anniversaire cette année. Œuvre cinématographique d’une élégance rare et intacte, le film de Norman Jewison fait partie de ses beaux classiques qu’on ne se lasse de redécouvrir à chaque vision.

Comme toujours lorsqu’il s’agit de commencer cette rubrique, voilà au moins 5 raisons de se (re)plonger dans L’AFFAIRE THOMAS CROWN.


POUR SON INTRIGUE POLITIQUEMENT INCORRECTE

Distribué sur les écrans en 1968, L’AFFAIRE THOMAS CROWN est un film politiquement incorrect, en conformité avec son époque contestataire. Jugez-vous même : Thomas Crown (Steve McQueen), brillant homme d’affaires multi-millionaire, s’est trouvé un nouveau passe-temps pour tromper l’ennui en organisant le casse d’une banque. Secrètement, il a réuni une équipe de truands pour préparer son coup et tirer les ficelles sans que personne ne puisse le soupçonner. Mais Vicky Anderson (Faye Dunaway), brillante et séduisante enquêtrice de la compagnie d’assurance de la banque, l’a percé à jour…

À l’origine de cette histoire délicieusement immorale, il y a un récit d’une quarantaine de pages conçu par un avocat, Alan Trustman, que le cinéaste Norman Jewison découvre et décide d’adapter. Sorti du succès commercial et critique de DANS LA CHALEUR DE LA NUIT, et devant la liberté qu’offre le texte de Trustman, le réalisateur a carte blanche pour aborder son film comme il l’entend.

Jewison va donc privilégier la forme sur le fond, accentuant le jeu du « chat et de la souris » – mais qui est le chat et qui est la souris ? – entre Thomas Crown et Vicky Anderson, et nous offrant quelques scènes cultes du 7ème art, dont une partie d’échecs torride et le plus long baiser, à l’époque, de l’histoire du cinéma. Entre le polar sophistiqué et la comédie sentimentale, L’AFFAIRE THOMAS CROWN va devenir un séduisant thriller, flirtant continuellement avec notre propre sens de la morale pour nous rendre complice à 200%… tout en nous rendant addictif à cette situation. Parfois, le crime paie et Dieu que c’est bon !

POUR FAYE DUNAWAY

Honneur aux dames, entrée en scène de Faye Dunaway, bijou du Nouvel Hollywood, révélée par le succès de BONNIE & CLYDE d’Arthur Penn 2 ans plus tôt.

La belle et jeune actrice est choisie pour incarner la troublante Vicky Anderson après le désistement de Brigitte Bardot, Anouk Aimée et Eva Marie Saint, un temps envisagées pour le rôle. Après Bonnie Parker, femme enfant sauvage, Faye Dunaway plonge avec délectation dans les tenues de grands couturiers que porte son personnage (une différente à chaque apparition à l’écran) et forme, avec Steve McQueen, l’un des couples – si ce n’est LE couple – le plus glamour et érotique de l’histoire du cinéma.

Interprétant son rôle comme un chat jouant avec sa proie, Faye Dunaway incarne à la perfection une femme belle, intelligente et rusée, troublant Thomas Crown / McQueen (et les spectateurs du monde entier) lors d’une mémorable partie d’échecs qui continue de lancer des vocations.

On en vient à imaginer l’actrice, et ce que cela aurait donné, dans le rôle de Selina Kyle / Catwoman, toute en sensualité revendiquée et regards dévastateurs. Bon, je ne sais pas pour vous mais moi, il me faut un verre d’eau bien glacée…

POUR STEVE McQUEEN

Face à la troublante Faye Dunaway, Steve McQueen EST Thomas Crown, milliardaire d’un flegme à toute épreuve et d’un charme décontractée que les hommes du monde entier lui envient depuis 50 ans.

L’acteur avait déjà tourné avec Norma Jewison en 1965 dans LE KID DE CINCINNATI lorsqu’il fut choisi pour incarner le milliardaire play-boy, s’offrant un casse 5 étoiles pour tuer le temps. Le rôle fut un temps proposé à Sean Connery qui déclina l’offre… et reconnu s’en être mordu les doigts par la suite !

Difficile pourtant d’envisager un autre acteur que McQueen dans le rôle tant celui-ci paraît avoir été écrit pour lui, tel un costume taillé sur mesures. Avec son sourire canaille et son regard encore attaché à l’enfance, Steve McQueen incarna au cours de sa carrière quelques personnages indémodables, dégageant une « cool attitude » indétronable.

Avec un minimum d’effets mais un maximum d’efficacité, il incarne Thomas Crown à la perfection, le personnifiant avec une élégance irresistible et une gourmandise communicative comme dans cette séquence où il part dans un énorme éclat de rire. L’année 1968 offrait à nouveau un rôle mythique à Steve McQueen après son personnage de flic inflexible dans BULLITT de Peter Yates.

POUR Y VOIR LE PREMIER SPLIT CREEN dans un film grand public

Technique consistant à diviser un écran en plusieurs cadres dans lesquels se déroulent diffèrentes actions, le plus souvent simultanées mais en des lieues différents, le split screen fut pour la première fois utilisé dans un film de fiction avec L’AFFAIRE THOMAS CROWN.

Norman Jewison avait découvert ce procédé lors d’une exposition canadienne et y vit une brillante manière de présenter, entre autres, « l’horlogerie » minutieuse du cambriolage organisé par Thomas Crown.

Attachée de manière indissociable au film, le split screen devint un véritable effet de mode au cinéma comme à la télévision, régulièrement utilisé par le réalisateur Brian De Palma ou appliqué pour le générique d’ouverture de la série MANNIX.

Cependant, on en trouve quelques utilisations dans le monde du 7ème art dès le début du XXème siècle…

Pour la BO de Michel Legrand

Plus souvent associé à l’époque pour ses participations aux films de Jacques Demy, le compositeur Michel Legrand va créer avec la bande originale de L’AFFAIRE THOMAS CROWN l’une de ses plus belles créations, évoquant et transcendant l’atmosphère du film.

Avec le titre « The Windmills Of Your Mind » (Les Moulins De Mon Cœur en VF) interprété par l’acteur et chanteur britannique Noël Harrison, et inspiré par une composition de Mozart, Legrand offre une superbe composition mélancolique et prenante, semblant se détacher de l’aspect ludique du film mais évoquant avec justesse le vide ressenti par Thomas Crown, éternel insatisfait en perpétuel recherche de ce qu’il ne possède pas encore.

La BO de L’AFFAIRE THOMAS CROWN fut nommée à la cérémonie des Oscars de 1969 et « The Windmills Of Your Mind » connut de nombreuses reprises par des artistes internationaux dont Michel Legrand lui-même, Dusty Springfield, Claude François, Barbra Streisand et Sting pour le remake du film réalisé par John McTiernan en 1999.


L’AFFAIRE THOMAS CROWN (1968) de Norman Jewison.
Avec Steve McQueen, Faye Dunaway, Paul Burke, Jack Weston, Yaphet Kotto…
Scénario : Alan Trustman. Musique : Michel Legrand.

Crédits photos : © United Artists


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Bonus

L’AFFAIRE THOMAS CROWN autour du monde et en affiches…

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