Série TV : DESTINATION DANGER (saison 1)

Pour ce nouvel article, je reviens vers la première saison de DESTINATION DANGER, la série télé qui révéla l’acteur Patrick McGoohan, plus connu pour son interprétation – et son implication – dans LE PRISONNIER.

Au cinéma, on a pu découvrir McGoohan dans TRANSAMERICA EXPRESS ou BRAVEHEART, comme on pu le voir également à la télévision dans plusieurs épisodes de COLUMBO. Mais en ce début des années 60, l’époque est à la Guerre Froide. Et peu de temps avant que ne débarque l’agent 007 au cinéma, la série britannique DESTINATION DANGER (DANGER MAN en VO) aborde déjà le sujet de l’espionnage.

Un agent très secret

DESTINATION DANGER a pour héros l’agent secret John Drake (Patrick McGoohan), travaillant pour l’OTAN, et gérant de multiples affaires internationales. Comme l’explique Drake/MacGoohan en voix off dans le générique, alors qu’on le voit quitter un aéroport et s’engouffrer dans un cabriolet décapotable, on fait appel à lui, ou à l’un de ses collègues, pour des missions dangereuses et délicates à travers le monde.

Pourtant, John Drake n’est pas James Bond. Rusé et habile en toutes circonstances comme son homologue du MI-6, il n’utilise pas – ou très peu – de gadgets, ne roule pas en Aston Martin DB 5 à siège éjectable et reste courtois et galant envers les femmes.

Ses missions ne lui permettent ni de courir la gueuse, ni de touiller des vodkas-martinis entre deux bagarres. Elles ne manquent pourtant pas d’action – un affrontement par épisode avec un ou plusieurs de ses ennemis – ni d’exotisme ou de personnages féminins  mais s’avèrent plus réalistes que celles de 007.

Réalisme et format court

La saison 1 de DESTINATION DANGER, en noir et blanc, fut produite entre 1960 et 1962, comprenant 39 épisodes d’une demi-heure chacun. Chaque histoire voit John Drake en mission en Grande-Bretagne ou à l’étranger et gérer de multiples cas nécessitant sa dextérité à improviser, ses talents de diplomates, son intelligence et sa réactivité à toute épreuve.

Sauver le bébé d’une famille royale éxécutée et seul rescapé au cours d’une révolution, démasquer une organisation criminelle coupable d’assassinats de diplomates, éliminer un tueur à gages insaisissable en Europe de l’Est, rapattrier la veuve d’un consul menacée de mort… les missions de Drake sont passionnantes et nullement redondantes.

Allant à l’essentiel, format court oblige, les épisodes sont réalisées et interprétées avec talent, dans l’esprit des productions britanniques ITC à qui l’on doit des classiques commes AMICALEMENT VÔTRE ou DÉPARTEMENT S.

Du playboy au héros intègre

À l’origine de la série, le scénariste et producteur anglais Ralph Smart – à qui l’on devait déjà la série culte L’HOMME INVISIBLE – souhaitait faire de John Drake un espion séducteur, entouré de filles sexy, comme le sera Bond au cinéma. Mais le personnage fut « redessiné » par son interprète : Patrick McGoohan, soucieux d’une certaine moralité et de réalisme, orienta Drake vers une voie plus humaniste, ne portant aucune arme mais résolvant les cas les plus difficiles grâce à son intelligence.

Les femmes ne sont pourtant pas mises à l’écart dans la série, avec des personnages variés et au cœur de chaque récit. Charmantes, elles ne sont pas pour autant de simples « plantes » présentes pour le décor. Les personnages féminins sont présents dans chaque épisode et ont une importance indéniable dans chaque récit de la série.

Élégance britannique

DESTINATION DANGER a cette élégance « very british » des séries britanniques des années 60/70 qui traverse les époques avec une grâce toute particulière, comme CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR, LE SAINT ou AMICALEMENT VÔTRE.

La série se compose au final de 4 saisons dont la dernière, l’unique en couleurs tourné en 1966, ne comprend que deux épisodes. Les autres saisons présentaient des épisodes d’une heure.

Rendant populaire et riche Patrick McGoohan, DESTINATION DANGER lui permit, à la fin des années 60, de se consacrer pleinement à la série culte LE PRISONNIEr, plus connue dans le monde et célèbre en France.

On demanda souvent à l’acteur/producteur si le héros du PRISONNIER était John Drake. McGoohan ne démentit jamais, expliquant en toute logique que, sans les droits du personnage de Drake, il ne put le citer à nouveau. On peut cependant constater, malgré leur acteur commun et un héros espion, que les deux séries sont assez différentes l’une de l’autre, DESTINATION DANGER évoluant dans un cadre réaliste alors que LE PRISONNIER s’apparente beaucoup plus à une fable fantastique.

Enfin, pour conclure, sachez que DESTINATION DANGER comprenait, outre Patrick McGoohan, de nombreux acteurs connus (Donald Pleasance, Ian Hendry, Barbara Shelley, Eunice Gayson…) et cinéastes réputés (Peter Yates, Charles Crichton…) dans sa distribution. Quant à la VF, c’est Jacques Thébault qui double Patrick McGoohan. il deviendra par la suite la voix « officielle » de McGoohan pour les doublages français, sur LE PRISONNIER comme dans d’autres séries et au cinéma. Le timbre de voix très reconnaissable de Jacques Thébaut se fit également entendre dans de nombreuses autres séries des années 60 et 70 comme LES MYSTÈRES DE L’OUEST, COLUMBO, AU NOM DE LA LOI…

Un classique à (re)découvrir et consommer sans modération !

DESTINATION DANGER, saison 1 (1960-1962) avec Patrick McGoohan, chez TF1 Vidéo.

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