Pour une poignée de films… #27

Quel programme pour cette 27ème poignée de films ? Un nanar d’action, un road-movie français attachant et une errance existencielle bien vide.

BROKEN ARROW (1996) de John Woo

Deakins  (John Travolta) et Hale (Christian Slater), 2 officiers de l’US Air Force et amis, sont chargés de convoyer des missiles nucléaires à bord d’un bombardier furtif. Mais Deakins est un traître et s’empare des bombes en laissant Hale pour mort…

Quand un film d’action cache un nanar de compétition… Le cinéaste Hong-Kongais John Woo fut un temps sacralisé par certains cinéphiles, grands amateurs de cinéma asiatique et de films de genre. Fortement inspiré par Jean-Pierre Melville, Woo se fera connaître par ses polars stylisés, parsemés de ralentis et de colombes en plein vol : LE SYNDICAT DU CRIME 1 et 2, UNE BALLE DANS LA TÊTE, À TOUTE ÉPREUVE…

En 1993, Hollywood l’attire dans ses filets. Il y réalise CHASSE À L’HOMME avec Jean-Claude VanDamme puis, 3 ans plus tard, ce BROKEN ARROW où l’on se tire dessus autour de missiles nucléaires sans se soucier vraiment des conséquences désastreuses que cela pourrait entraîner !

Revenu sur le devant de la scène grâce au succès surprise de PULP FICTION de Quentin Tarantino, John Travolta va enchaîner les films entre1994 et 2000 – dont ce BROKEN ARROW – prouvant au monde entier qu’il n’est pas forcément un grand acteur… surtout s’il est mal dirigé !

Cabotinant à souhait dans le rôle du « très-méchant-officier-de-l’armée-qui-trahit-son-pote-parce-qu’il-est-très-méchant », Travolta surjoue son personnage d’une façon si outrée qu’on le croirait tout droit sorti d’un comics. La presse dira à l’époque qu’il prenait un gros risque. Faut voir. Allez dire ça au technicien d’une centrale atomique qui risque bien plus sa peau pour un cacheton de misère…

Bref. Le John roule des yeux, affiche des sourires sardoniques et tire à tout va comme s’il était à la Foire du Trône, tout en rappelant à ses sbires « faisez pas les cons les gars, on se balade avec des bombes H là !! ». De la dentelle de Calais je vous dis !

Face à Travolta tout en finesse, Christian Slater s’en sort plutôt bien alors que les effets de ralentis de John Woo et la BO « attention, y’a du danger » de Hans Zimmer prêtent plus à rire ou à sourire qu’à s’impliquer dans un récit improbable. BROKEN ARROW a bien mal vieilli et prouve, avec le recul, que l’engouement démesuré autour de John Woo – retourné depuis en Chine – était probablement un peu surfait.

 

 

RESTONS GROUPÉS (1998) de Jean-Paul Salomé

Un groupe de français s’apprête à visiter l’Ouest des États-Unis, de Monument Valley à Las Vegas. Mais arrivés à l’aéroport de Los Angeles, les touristes ignorent que leur tour-operator vient de faire faillite. Leur guide Mathias (Samuel Le Bihan) décide de leur cacher la vérité…

Un road-movie à la française sur le ton de la comédie ? J’en imagine d’ici ricanant rien qu’en y pensant. Sorti à la fin des années 90, RESTONS GROUPÉS fait pourtant partie de ces comédies françaises attachantes qui méritent d’être (re)déouvertes.

Sans autres ambitions que de divertir tout en délivrant un petit message humaniste derrière l’humour, le film de Jean-Paul Salomé s’apparente plus à une comédie sociale à l’anglaise dans l’esprit de THE FULL MONTY que de l’énième navet de Kev Adams.

Inspiré de véritables anecdotes, RESTONS GROUPÉS reste distrayant et accessible tout en évitant la surenchère. Quelques clichés ne sont pas pour autant évités dans cette liste de « bras-cassés » venus vivre le rêve américain au cours d’un voyage. Mais paradoxalement, ce sont ces personnages – et leurs interprètes – qui donnent toute sa chaleur au récit.

Autour de Samuel Le Bihan, parfait en chic type voulant se racheter une conduite après quelques erreurs passées, Emma de Caunes, Bruno Solo, Claire Nadeau, Michel Robin ou bien encore Bruno Lochet forment un casting attachant et sincère.

On découvre, au bout de ce sympathique road-trip semé de pépins, que le titre RESTONS GROUPÉS prend un double sens : s’il évoque bien sûr l’une des règles premières des voyages organisés, il vient aussi rappeler que la solidarité d’un groupe fait aussi sa force.

 

 

SOMEWHERE (2010) de Sofia Coppola

Acteur américain à succès, Johnny Marco (Stephen Dorff) traverse une remise en question passagère. L’arrivée soudaine de sa fille Cleo (Elle Fanning) dans son quotidien va lui faire prendre conscience du vide de son existence…

Après le bijou LOST IN TRANSLATION et sa vision attachante et décalée de l’Histoire de France avec MARIE-ANTOINETTE, Sofia Coppola s’est perdue dans les couloirs tortueux de l’inspiration en réalisant ce SOMEWHERE mou du genou et inutile.

Évocation douce-amère des méandres de la célébrité et de la paternité, où la cinéaste sensible a voulu témoigner de sa propre expérience avec son « papounet » Francis Ford, SOMEWHERE est un grand vide de plus d’1h30 où il ne se passe… rien, voire pas grand chose.

Le duo Dorff / Fanning dans les rôles de ce père immature (on pense à une sorte de Johnny Depp…) et de sa « grande » petite fille en manque d’affection s’en sort plutôt bien. Mais le récit de leurs retrouvailles sur fond de parties de Wii, de tournois de ping-pong et de séances de bronzage au bord de la piscine du Château Marmont m’a plus souvent donné l’envie de bailler que de m’émouvoir.

Cherchant sans doute à retrouver l’esprit de la Nouvelle Vague, si chère aux cinéastes américains rêvant de reconnaissance européenne, Sofia Coppola n’arrive jamais à reproduire la magie de LOST IN TRANSLATION et semble s’ennuyer ferme dans cette errance intello-psycho-nevro-familiale bien longue.

S’il faut au personnage de Stephen Dorff attendre la fin du film pour réaliser que sa vie manque de sens, on aura compris au bout d’une vingtaine de minutes que SOMEWHERE est vide d’intêret.

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