Pour une poignée de films… #29

Pour ces nouvelles chroniques express, je vous propose de plonger EN EAUX TROUBLES avec un (très) gros requin, de suivre la vie tragi-comique d’une avocate nommée VICTORIA et  de découvrir les aventures fantastiques d’un étrange pensionnat dans MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS.

EN EAUX TROUBLES (2018) de Jon Turteltaub

Quelque part dans l’Océan Pacifique, un sauveteur en eaux profondes affronte un gigantesque requin préhistorique, un Mégalodon, que des scientifiques ont ramené à la surace par erreur…

Depuis la phénoménale réussite artistique et commerciale des DENTS DE LA MER, nombreux sont les films ayant vainement tenté de surfer sur le succès du blockbuster de Steven Spielberg. N’aboutissant qu’à de pâles copies, à des séries Z aux sfx bas de gamme,  à des nanars volontaires comme la série des SHARKNADO, les films de requin sont devenus synonimes de balourdises estivales, vite consommées et vite oubliées, si ce n’est une poignée de thrillers corrects.

EN EAUX TROUBLES n’échappe pas à la règle. Venant toutefois relevé (un peu) le niveau en évitant la parodie poussive ou le bas de gamme destiné aux programmes de la chaîne SyFy, le film de Jon Turteltaub tient plus du « plaisir coupable », parfait pour une envie de divertissement efficace sans être inoubliable. Jason Statham y nage parmi les clichés face à un gros requin de synthèse plutôt impressionnant mais pas vraiment effrayant.

Cherchant à toucher en priorité un public familial, EN EAUX TROUBLES pâtit grandement d’une « Disneyisation », lui enlevant toute forme de crédibilité ou d’enjeux dramatiques. Loin d’être un nanar pour autant, le film n’a rien d’un nouveau JAWS mais a tout d’un actioner pour public peu exigeant.

Fun mais dénué de fond, EN EAUX TROUBLES est un fast-movie : aussitôt consommé, aussitôt oublié.

 

 

VICTORIA (2016) de Justine Triet

Victoria (Virginie Efira) est une jeune avocate parisienne et mère célibataire. Traversant une crise personnelle et professionnelle , elle est bientôt amenée à défendre l’un de ses amis, accusé d’avoir aggressé sa compagne…

Deuxième film de la cinéaste Justine Triet, VICTORIA est l’une des rares occasions récentes, dans le cinéma français, de mêler avec succès réflexion et comédie, chronique sentimentale et situations burlesques, œuvre tout public et récit intimiste.

Loin des bouillies actuelles d’un cinéma français qui se regarde le nombril encore et encore ou cherche à s’approprier le public des prime-time de TF1, VICTORIA parvient, avec humour, sensibilité et intelligence, à nous faire rire et nous toucher, tout en évoquant avec lucidité et pertinence les tares de notre monde moderne.

À travers son personnage d’avocate approchant la quarantaine, débordée par les secousses de sa vie privée décousue – son ex a publié un roman-web évoquant leur ancienne relation intime…- et sa vie professionnelle délicate – comment défendre un ami proche sans savoir s’il faut lui faire confiance ? – le film nous parle de notre époque faîtes d’angoisses légitimes ou non, de cette inaccessible et absurde course au bonheur qui nous fait parfois vivre dans le stress, de ces moments où la « loi des séries » n’est pas de notre côté.

Porté par un beau casting comprenant Melvil Poupaud et Vincent Lacoste, VICTORIA est mené par une brillante Virgine Efira, drôle et émouvante, sexy et sincère, s’investissant avec un plaisir évident dans son rôle de femme libérée au bord du burn-out. Se détachant du jeu maniéré de nombreuses actrices actuelles, elle donne à son personnage le naturel nécessaire pour la rendre accessible, attirante et touchante.

Belle surprise (de rattrapage) dans une production hexagonale méritant d’être vue, VICTORIA est une épatante comédie douce-amère française, preuve que tout peut arriver, même l’impossible.

 

MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS (2016) de Tim Burton

De nos jours, après la mort étrange de son grand-père (Terence Stamp), le jeune Jake Portman (Asa Butterfield) quitte la Floride pour le Pays de Galles à la découverte d’un étrange pensionnat, caché dans une boucle temporel…

Tiré d’un roman fantastique datant de 2011, MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS contient de nombreux éléments en parfaite adéquation avec l’univers fantastique, sombre et poétique de Tim Burton. Mélange de conte gothique, d’onirisme et d’horreur, ce pensionnat extraordinaire, constitué d’enfants aux dons étranges, nous entraîne dans un univers à la fois cauchemardesque et fascinant.

À la tête d’un casting essentiellement constitué d’adolescents et d’enfants, la belle et talentueuse Eva Green joue, une fois n’est pas coutume, un personnage positif et prévenant, ange gardien aux pouvoirs magiques d’enfants aux dons extraordinaires. Chacun de ces protagonistes est l’occasion d’effets spéciaux très réussis, quelque peu effrayants mais avec une touche de poésie macabre, si chère à Burton.

L’horreur est également au rendez-vous car, si le film s’adresse en priorité à un jeune public, il n’est pas vraiment conseillé à de trop jeunes spectateurs. L’épouvante et l’horreur y cotoient le gore par petites touches, à même de rebuter certaines personnes…

Film intriguant et attachant, souvent effrayant malgré ses touches d’onirisme et de poésie, MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS reste un bon cru signé Tim Burton, capable de réunir les afficionados du cinéaste comme les non-initiés.

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