BULLITT : 50ème anniversaire

BULLITT, réalisé il y a 50 ans par le britannique Peter Yates, s’impose comme une référence sur de nombreux points. Incarné par l’icone Steve McQueen, ce personnage de flic solitaire, mutique mais droit dans ses bottes, est devenu le symbole d’un nouveau genre, le «polar urbain», dont les titres phares ont fleuri en cette croisée de 2 décennies, les années 60 et 70.

Au delà de la course-poursuite cultissime et de sa légendaire BO, BULLITT s’impose comme l’une des références du Nouvel Hollywood. Retour sur une œuvre phare et indémodable.

 

PREMIÈRE PRODUCTION
Steve McQueen et le réalisateur Peter Yates

BULLITT marque les débuts dans la production de Steve McQueen. En 1967, devenu une star grâce au succès de la série télé AU NOM DE LA LOI puis des réussites commerciales et critiques de films comme LES 7 MERCENAIRES, LA GRANDE ÉVASION ou LA CANNONIÈRE DU YANG-TSÉ, l’acteur choisit de financer et de faire adapter le roman noir UN SILENCE DE MORT (MUTE WITNESS en VO) de l’écrivain et scénariste de polars Robert L. Fish.

McQueen passe un accord avec les studios Warner et exige le britannique Peter Yates à la réalisation, après avoir apprécié son film ROBBERY / 3 MILLIARDS D’UN COUP. Yates accepte sous certaines conditions, soutenu à 100% par McQueen face à la Warner.

Steve McQueen fait une pause durant le tournage de la course-poursuite…

Nouvel Hollywood oblige, le cinéaste veut un tournage en décors naturels sur sa totalité. Steve McQueen passe un accord avec le maire de San Francisco de l’époque, Joseph L. Alioto, pour avoir le champ libre durant toute la production du film. En contre-parti, il fait financer par la Warner la construction d’une piscine municipale.

PERSONNAGE RÉFÉRENCÉ ET SYNDICAT en colère

Pour l’allure générale du personnage de Frank Bullitt, Steve McQueen s’inspire du look du policier Dave Toschi, devenu involontairement célèbre eans les années 60 pour avoir enquêter durant des années sur la célèbre affaire du Zodiac. L’acteur va imposer les mêmes vêtements et accessoires que ceux de Toschi pour mieux pesonnaliser Bullitt.

McQueen et Jacqueline Bisset durant le tournage…

À ses côtés, on retrouve Jacqueline Bisset, d’origine anglaise comme Peter Yates et dont la carrière est encore débutante mais dans des films qui vont marquer les 60’s : LE KNACK… ET COMMENT L’AVOIR de Richard Lester, CUL DE SAC de Roman Polanski, la version 1967 de CASINO ROYALE…

McQueen retrouve également l’acteur Robert Vaughn qu’il avait cotoyé sur LES 7 MERCENAIRES et qui, comme lui, s’était fait connaître du grand public par le biais de la télévision avec la série DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX. On peut également reconnaître Robert Duvall dans l’un de ses premiers rôles cinématographiques en tant que chauffeur de taxi.

Steve McQueen retrouve Robert Vaughn dans le rôle du sénateur ambitieux Walter Chalmers.

Mais sur le tournage, en engageant 4 véritables infirmières pour des petits rôles, McQueen va s’attirer les foudres du syndicat des seconds rôles. Il calmera la situation en faisant reverser une partie des bénéfices du film à ce même syndicat.

Une bo signée Lalo Schiffrin

Pour accompagner le récit de BULLITT, la bande originale du film est confiée au musicien et compositeur d’origine argentine Lalo Schiffrin. Venu du jazz, Schiffrin a déjà quelques compositions de films reconnues comme celles des FÉLINS de René Clément, de LUKE LA MAIN FROIDE de Stuart Rosenberg et du KID DE CINCINNATI avec Steve McQueen.

Le compositeur et pianiste Lalo Schiffrin.

Mais c’est son travail pour la télévision, et des succès des années 60 et 70 comme les séries MANNIX, STARSKY ET HUTCH (dans sa VO) et MISSION : IMPOSSIBLE, qui révéla Schiffrin auprès du grand public. Son style à la fois ample et ultra rythmée s’imposa de lui-même pour devenir l’une des clés de la réussite de BULLITT.

POURSUITE ET PRISE DE RISQUES

Malgré sa grande perfection, c’est pourtant sans sa musique que BULLITT est entré dans la légende à travers une course-poursuite devenue mythique.

Pendant le tournage de la course-poursuite…

Lors d’une scène du film, Frank Bullitt est pris en chasse par deux tueurs. Traversant les célèbres rues de San Francisco pour se terminer d’une manière explosive, la poursuite entre la Ford Mustang de Bullitt et la Dodge Charger des criminels marqua les esprits par son réalisme jamais vu auparavant dans un film.

Course-poursuite mythique dans les rues de San Francisco…

Pour cette scène d’une dizaine de minutes, McQueen, pilote émérite, exigea de ne pas être doublé. Mais l’aspect extrêmement dangereux de la poursuite, avec des voitures roulant en moyenne entre 130 et 180 km/h, força l’acteur et producteur du film à céder parfois le volant à un cascadeur engagé pour l’occasion.

Duel entre la Ford Mustang et la Dodge Charger…

Bill Hickman, coureur motocycliste et ami de Steve McQuen prit le volant de la Dodge poursuivi par Bullitt, alors que la scène fut filmé dans divers endroits dans et autour de la ville de San Francisco. Bénéficiant d’une attention particulière sur le son des deux véhicules ennemis, le montage très découpé de la séquence fit beaucoup pour son rythme nerveux et permit au monteur Frank P. Keller d’obtenir un Oscar en 1969.

Succès Et influenceS

Succès à la fois critique et commercial, BULLITT est devenu rapidement un modèle pour nombre de films, que ce soit pour des œuvres qui suivirent comme FRENCH CONNECTION en 1971 ou pour des titres plus récents tel DRIVE en 2011.

Steve McQueen créa, avec le personnage de Frank Bullitt, un héros mutique et solitaire mais non dépourvu d’humanité, référence pour de nombreux polars urbains où le personnage au centre du récit doit à la fois affronter les criminels et les institutions corrompus.

Ce que McQueen ignorait, c’est que Bullitt devint également un modèle… vestimentaire ! L’allure à la fois élégante, sobre et décontracté du héros du film continue aujourd’hui encore d’être copié et s’est imposé en tant qu’icône de la mode. La classe naturelle de l’acteur n’y est pas étrangère…

Épurée et proche du documentaire, la réalisation de Peter Yates est elle aussi restée un modèle et influence encore les cinéastes actuels.

Bien sûr, des rumeurs de remakes remontent régulièrement à la surfac, dont l’un devait être interprété par Brad Pitt dans le rôle titre… Heureusement, aucun d’entres eux n’a abouti. On ne peut que croiser les doigts pour que BULLITT reste une pièce maîtresse et unique.

 

BULLITT EN AFFICHES AUTOUR DU MONDE…

 

BULLITT (1968) de Peter Yates.
Avec Steve McQueen, Jacqueline Bisset, Robert Vaughn, Don Gordon, Simon Oakland, Robert Duvall…
Scénario : Harry Kleiner et Alan Trustman, d’après le roman Un silence de mort (Mute Witness) de Robert L. Fish.
Musique : Lalo Schifrin.

Crédits photos : © Warner Bros Entertainment

 

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