Coup de cœur pour GREEN BOOK

L’HISTOIRE

En 1962, Tony « la Tchatche » Vallelonga (Viggo Mortensen), un videur italo-américain en recherche de travail, est engagé par le pianiste de renommé mondiale, le Dr Don Shirley (Mahershala Ali), pour être son chauffeur et agent de sécurité dans le sud des États-Unis. En pleine époque troublée, secouée par la ségrégation, les deux hommes que tout oppose vont nouer une belle amitié…

 

Sur la route

Peu d’infos favorise la bonne surprise. En allant voir GREEN BOOK au cinéma, je ne connaissais pas grand chose sur le film, si ce n’est son sujet dans les grandes lignes et le duo d’acteurs à la tête du casting.

J’ignorais même le sens du titre « green book » tout en me doutant qu’il n’était pas question ici d’un guide de jardinage. Un peu d’Histoire et d’éducation civique : le « livre vert » en question était, à l’époque décrite dans le film soit le début des années 60, un « guide » répertoriant les lieux publics – bars, restaurant, commerces… – où la communauté afro-américaine était acceptée.

Ce petit guide, mis-à-jour chaque année entre 1936 et 1966, avait été créé à l’origine par Victor Hugo Green, un postier afro-américain, pour aider la communauté noire et lui éviter tout risque de violences et affrontements lors de déplacements dans l’environnement de New York puis, progressivement, sur l’ensemble de l’Amérique du Nord.

Deux ans après l’abollition en 1964 des lois ségrégationnistes, le « Green Book » cessa d’être publié.

Une autre surprise fut de découvrir que le film s’inspire d’une véritable histoire, soit la rencontre et la profonde amitié qui unira deux hommes éloignés, à priori, par la couleur de peau et le milieu social.

Tony « la Tchatche » était, à l’origine, un italo-américain brute de décoffrage, bon père et mari mais prompt à cogner qui oserait lui barrer la route. Don Shirley, surnommé le « Docteur », était un pianiste hors-pair, délicat et cultivé mais froid et distant en apparence. Deux êtres qui n’avaient rien en commun mais que les hasards de la vie – et le contexte douloureux de l’époque – vont rapprocher.

Mais au delà d’un récit qui pourrait verser dans le drame et d’une superbe reconstitution des années 60, GREEN BOOK est un film d’une grande drôlerie, rempli d’un humour épatant basé sur tout ce qui sépare les deux protagonistes mais que la proximité du voyage va indéniablement rapprocher.

On rit beaucoup et de bon cœur aux répliques et « bourrinades » de Tony, tout droit sorti d’un Scorsese, efficace dans la « tchatche » mais si sûr de lui et pourtant gauche en société. Dans ce rôle inattendu, Viggo Mortensen, épaissi physiquement et très éloigné de ses rôles habituels, offre une superbe composition, À la fois pleine d’humour et touchante, son interprétation est un très beau numéro d’acteur.

Face à lui, Mahershala Ali – vu dans la série Luke Cage, dans le film MOONLIGHT et actuellement dans la saison 3 de TRUE DETECTIVE – fait une magnifique composition dans un rôle diamétralement opposé à celui de son partenaire à l’écran.

Son jeu subtile, tout en froideur apparente et en émotions contenues, permet de prendre conscience du grand isolement de son personnage.

Du grand art chez deux grands acteurs avec, au final, une belle alchimie résultat de leur complicité évidente.

Enfin, ultime surprise lorsque l’on découvre que le réalisateur n’est autre que Peter Farrelly, co-auteur avec son frère Bobby de classiques de la comédie grasse et délirante comme DUMB AND DUMBER ou MARY À TOUS PRIX.

En solo, le cinéaste, même s’il reste dans le domaine de la comédie, nous offre ici une touche sensible et fine qu’on ne lui connaissait pas. Prouvant son aptitude à aborder d’autres genres du 7ème art, il démontre à nouveau que l’humour permet d’aborder les sujets les plus graves en touchant un large public.

Beau road-movie touchant et drôle, GREEN BOOK est une réussite. Une balade très attachante et remplie d’humour qui ne nous fait jamais oublier pour autant la gravité et la douloureuse réalité de son sujet de fond.

 

GREEN BOOK (2018) de Peter Farrelly.
Avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini, Dimeter Marinov, Mike Hatton, Iqbal Thebat, Sabastian Manisvalcot…
Scénario : Nick Vallelonga, Brian Hayes Currie et Peter Farrelly. Musique : Kris Bowers.

Crédits photos : © Universal Pictures / Metropolitan Filmexport

 

BANDE-ANNONCE
Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s