Revoir TERMINATOR

Alors que TERMINATOR : DARK FATE vient de sortir dans les salles, retour sur le tout premier film de la franchise initiée par James Cameron, il’y a 34 ans…

 

Quand les machines domineront le monde…

On ne présente plus James Cameron. Réalisateur d’ALIENS, ABYSS, TRUE LIES, TITANIC et AVATAR, ce cinéaste,, associé au plus grands blockbusters de ces dernières années, a fait ses classes dès 1980 en œuvrant pour les productions à petits budgets de la New World Pictures, une structure spécialisée dans les série B fauchées et dirigée par Roger Corman.

Pour la New World Pictures, Cameron travaillera principalement sur les effets spéciaux de films comme LES MERCENAIRES DE L’ESPACE ou LA GALAXIE DE LA TERREUR, un sous ALIEN, puis comme réalisateur de seconde équipe et directeur de la photographie.

James Cameron sur le tournage des MERCENAIRES DE L’ESPACE…

En 1982, il effectue ses débuts de réalisateur sur PIRANHA 2 : LES TUEURS VOLANTS, une coproduction italo-américaine, où il remplace le metteur-en-scène initial.

Le tournage se déroule mal. La réalisation achevée, le producteur italien  Ovidio G. Assonitis change le montage pour mieux s’approprier le film. De l’aveu même de James Cameron, c’est en tombant gravement malade sur PIRANHA 2 que l’idée de TERMINATOR lui serait venu, une nuit de forte fièvre.

Doté d’un bon coup de crayon, Cameron retranscrira sur papier son cauchemar : un immense squelette de métal, sortant des flammes d’un air menaçant. La guerre contre les machines venait de commencer.

 

 

Une question de temps

Tout le monde connaît aujourd’hui l’histoire de TERMINATOR. En 2029, une guerre oppose les survivants de l’Humanité aux robots et autres machines cybernétiques, responsables avec l’Intelligence Artificielle Skynet d’un holocauste nucléaire. Envoyé dans le passé en 1984, un Terminator (Arnold Schwarzenegger), tueur à l’apparence humaine, doit retrouver et éliminer la jeune Sarah Connor (Linda Hamilton), future mère de John Connor, le leader de la résistance contre les machines. Un guerrier, Kyle Reese (Michael Biehn), est lui aussi envoyé du futur pour protéger Sarah…

À partir de son synopsis, Cameron retravailla l’histoire de TERMINATOR avec le scénariste William Wisher Jr.

Durant les années New World Pictures, James Cameron avait rencontré Gale Anne Hurd, assistante de Roger Corman. Elle est intéressée par le script de TERMINATOR. Cameron acceptera de lui laisser les droits du film pour la somme symbolique d’1 dollar à une seule condition : qu’il  soit le réalisateur du film et qu’il ait le champ libre sur son projet.

Gale Anne Hurd et James Cameron réunis à l’occasion des 30 ans de TERMINATOR.

Gale Anne Hurd produira le film et deviendra l’épouse de James Cameron jusqu’en 1989. Elle intervint également sur le scénario bien que Cameron n’accorde aujourd’hui que peu d’importance sur sa participation…

 

Conan le robot destructeur

Ayant travaillé et sympathisé avec l’acteur Lance Henriksen sur le tournage de PIRANHA 2, Cameron lui demande d’effectuer une petite « performance » au cours d’une réunion avec le producteur John Daly et des responsables des studios Orion : grimé en Terminator, Henriksen se présenta peu avant l’arrivée du cinéaste, si impliqué qu’un accord de distribution fut vite signé !

Dans un premier temps, James Cameron envisageait de faire intervenir deux Terminators venus du futur. Ne disposant pas d’un gros budget pour le 1er film, il revit ses ambitions à la baisse, réservant son histoire original pour un second film en cas de succès du 1er volet.

Lance Henriksen figure dans les premiers concepts arts du film.

Revenant sur la notion d’un seul robot tueur face à un guerrier humain, Cameron songea à réengager Lance Henriksen pour le rôle du Terminator : l’idée était ici de présenter un robot « anonyme », se fondant dans la foule sans être facilement repéré.

L’ex footballer et acteur O.J. Simpson fut proposé mais sans que cela se concrétise, la production trouvant qu’il ne serait pas crédible… dans le rôle d’un tueur !

D’un autre côté, Cameron devait trouver l’interprète de Kyle Reese, le soldat du futur venu affronter le Terminator pour sauver Sarah Connor. Sorti du succès de CONAN LE BARBARE, l’ex culturiste Arnold Schwarzenegger fut proposé pour le rôle. Mais Cameron mit un frein à cette décision : s’il engageait l’acteur body-buildé, il lui faudrait engager un comédien bien plus impressionnant pour jouer le Terminator.

Arnold Schwarzenegger dans les derniers concepts arts de TERMINATOR.

Les 2 hommes se rencontrèrent et, finalement convaincu, Cameron engagea Schwarzy pour le rôle iconique du robot vindicatif et indestructible

 

À la recherche de Sarah Connor

Pour finaliser le casting, James Cameron se tourna vers Michael Biehn – vu à l’époque aux côtés de Lauren Bacall dans FANATIQUE et de John Travolta et Olivia Newton-John dans GREASE – pour prendre le rôle de Kyle Reese.

Michael Biehn

N’ayant finalement pas décroché le rôle du Terminator, Lance Henriksen (RENCONTRES DU 3ème TYPE, LA MALÉDICTION 2…) se vit confier un personnage de flic aux côtés de Paul Winfield (TROUBLE MAN, STAR TREK 2, DRESSÉ POUR TUER…).

Lance Henriksen et Paul Winfield

L’acteur Earl Boen interprète le docteur Peter Silberman, personnage qu’il reprendra pour TERMINATOR 2 et 3.

Earl Boen et Michael Biehn (de dos)

Mais la plus grande difficulté fut de trouver l’actrice interprétant Sarah Connor. James Cameron songeait à une jeune femme d’à peine 20 ans, une « girl next door » à la fois belle mais effacée, fragile en apparence mais dévoilant au final une grande volonté et des aptitudes de survie insoupçonnées.

Linda Hamilton

La jeune Linda Hamilton fut finalement engagée. Venue du théâtre et de la télévision, l’actrice avait joué principalement dans T.A.G. et CHILDREN OF THE CORN d’après une nouvelle de Stephen King. Son importance et son impact dans le film furent tout aussi essentiels que celui d’Arnold Schwarzenegger dans le rôle du Terminator.

 

Un tournage « underground »

Disposant d’un petit budget d’un peu plus de 6 millions de dollars et nécessitant un tournage de nuit, TERMINATOR peut être considéré aujourd’hui comme une production « underground ».

Ne possédant pas certaines autorisations, de nombreuses séquences furent bouclées dans une totale irrégularité, « à l’arraché » pour éviter les amendes et arrêts de tournage.

Ces conditions entraînent une production « sous pression », peu aidée par des acteurs décontenancés par le scénario, dont Michael Biehn, peu convaincu par son rôle et l’histoire du film.

Interviewé à l’époque par un journaliste sur ses projets futurs, Arnold Schwarzenegger évoqua TERMINATOR comme une petite série B fauchée, au scénario stupide mais qui ne lui porterait pas préjudice si elle faisait un flop à sa sortie ! Le teuton avait du nez…

Schwarzenegger reconnaîtra plus tard son erreur devant la haute implication de James Cameron sur le tournage et son efficacité.

 

Les effets spéciaux de Stan Winston

Pour concrétiser sa vision du Terminator, James Cameron fit appel, dans un premier temps, au maquilleur Dick Smith, célèbre pour ses créations sur LITTLE BIG MAN, LE PARRAIN ou L’EXORCISTE.

Indisponible, Smith lui conseilla d’engager Stan Winston, maquilleur et responsable des effets visuels et des effets spéciaux sur THE THING ou L’EMPRISE, entre autres.

Stan Winston sur le tournage…

Les séquences d’animation se déroulant en 2029 furent produites par Fantasy II, un studio d’effets spéciaux, en utilisant la sculpture du Terminator squelette créé par Stan Winston pour le film.

Winston créa  également les maquillages de décomposition pour Schwarzenegger ainsi qu’une tête animée de l’acteur, lors de la séquence du « miroir ».

James Cameron et Stan Winston sur le tournage de TERMINATOR.

La participation de Stan Winston à TERMINATOR contribua en grande partie à sa renommée. Jusqu’à sa disparition en 2008, il fut le responsable des sfx d’ALIENS LE RETOUR, EDWARD AUX MAINS D’ARGENT, BATMAN LE DÉFI, JURASSIC PARK, A.I., BIG FISH ou LA GUERRE DES MONDES.

Un studio d’effets spéciaux poursuit toujours son œuvre, sur AVATAR ou SHUTTER ISLAND par exemple. Et une école pour apprendre la création des effets spéciaux et maquillages porte son nom.

 

Brad Fiedel et la BO de TERMINATOR

Né au début des années 50, Brad Fiedel composa la musique de TERMINATOR, création qui lui permit d’être enfin d’être remarqué à une plus grande échelle, après sa participation à des films comme DEADLY HERO ou DAMIAN’S ISLAND.

Le compositeur Brad Fiedel.

Pour le score du film de James Cameron, Fiedel trouva l’inspiration en composant un thème basé sur les « pulsations » du robot tueur, comme le rythme d’un cœur artificiel. Cette résonance sombre et atmosphérique imprègne le film d’une ambiance oppressante, et retranscrit à la perfection l’univers du film.

Depuis TERMINATOR, Brad Fiedel créa les BOs de TERMINATOR 2, TRUE LIES, THE BIG EASY, VAMPIRE VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ou BLINK.

 

Doutes et ressemblances

Avant sa sortie en salles, les studios Orion ne croyait pas vraiment en la réussite du film. À cela vint s’ajouter une plainte pour plagiat : Harlan Ellison, auteur et scénariste de science-fiction, trouva de nombreuses similitudes entre le récit de TERMINATOR et deux épisodes de la série tv THE OUTER LIMITS / AU DELÀ DU RÉEL qu’il avait écrit.

L’écrivain Harlan Ellison

Afin d’éviter les complications, Orion choisit de dédommager financièrement Ellison, contre l’avis de James Cameron, et de le citer dans les crédits du film lors de l’édition vidéo du film. Si l’on prend connaissance de ces épisodes – SOLDIER et le désormais culte DEMON WITH A GLASS HAND avec Robert Culp – on peut effectivement leur trouver des ressemblances avec l’histoire de TERMINATOR.

L’épisode DEMON WITH A GLASS HAND de la série THE OUTER LIMITS / AU DELÀ DU RÉEL…

Mais Ellison aurait-il fait connaître ces ressemblances si le film n’avait pas connu le succès ? Comment ne pas envisager également « l’influence involontaire » que ces programmes aient pu avoir sur Cameron ? L’image du Terminator sortant des flammes ne vient que du réalisateur. Quant à la créativité, elle se nourrit toujours des références culturelles, graphiques et sonores de celui qui créé…

 

Succès surprise

Ces débuts difficiles n’ont cependant pas empêché le film de James Cameron de devenir un très grand succès public et critique, malgré quelques réticences venant de la presse spécialisé.

TERMINATOR remporta ainsi 3 prix aux Saturn Awards de 1985 et le Grand Prix du Festival d’Avoriaz la même année. Les recettes du film s’élevèrent à plus de 78 millions de dollars dans le monde.

Le succès de TERMINATOR permit à Cameron de s’imposer à Hollywood. Alors qu’il en avait déjà rédigé le script, on lui confia la mise-en-scène d’ALIENS, la suite du film de Ridley Scott, en 1986.

Par la suite, le cinéaste et producteur put s’investir dans ABYSS en 1989 et TERMINATOR 2 en 1991, 2 œuvres de SF qui révolutionnèrent le cinéma fantastique et les effets spéciaux au cinéma.

Le succès de TERMINATOR engendra de multiples copies dans le monde, tels CYBORG ou ATOMIC CYBORG. Des adaptations en comics, voyant le robot tueur affronter le Predator ou les Xénomorphes de la saga Alien furent réalisées.

Une série télévisée, LES CHRONIQUES DE SARAH CONNOR avec Lena Headey dans le rôle titre, fut diffusée en 2008 / 2009. Bien qu’intéressante, elle ne dura que deux saisons.

 

He’ll be back

Devenu la phrase emblématique du film et d’Arnold Schwarzenegger, la réplique « I’ll be back » donna des idées de suites aux deux premiers films. Un TERMINATOR 3 en 2003, suivi d’un TERMINATOR : RENAISSANCE en 2009 puis d’un TERMINATOR GENISYS en 2015, sortirent en salles.

Les deux derniers films étaient prévus comme le début de nouvelles trilogies… sans pour autant convaincre la critique, les fans de la première heure comme les néophytes.

Jouant sur les paradoxes temporels propres à l’histoire d’origine de TERMINATOR, ces productions ont certainement perdu ce qui faisait l’attrait initial du premier film : un récit simple et complexe à la fois, spectaculaire mais n’oubliant jamais l’importance de ses personnages principaux.

À l’heure où TERMINATOR : DARK FATE, nouvelle tentative pour relancer une franchise lucrative, vient de sortir sur les écrans, il est encore tôt pour se prononcer sur l’avenir de la saga. Après tout, le futur reste à écrire…

 

TERMINATOR (1984) de James Cameron.
Avec Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Michael Biehn, Paul Winfield, Lance Henricksen…
Scénario : James Cameron et Gale Anne Hurd. Musique : Brad Fiedel.

Crédits photos : © Orion Pictures / 20th Century Fox

 

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. rp 1989 dit :

    J’adore les deux premiers terminators! J’ai vu tous les autres que j’ai moins aimé. Bravo à Linda Hamilton! Elle est excellente en Sarah Connor!

    Aimé par 1 personne

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