Pour une poignée de films… #38

Pour ce 38ème numéro : un beau film d’animation pour tous, une touchante romance en temps de guerre et un jubilatoire casse du 3ème àge.

 

ABOMINABLE (2019) de Jill Culton et Todd Wilderman

De nos jours à Shanghaï, la jeune Yi vit auprès de sa mère et de sa grand-mère. Violoniste de talent, elle cumule en secret les petits jobs ingrats afin de voyager autour du monde. Sur le toit de son immeuble, elle fait la découverte d’un jeune yéti tout juste évadé d’un mystérieux laboratoire scientifique…

Co-production americano chinoise entre Dreamworks et sa filiale asiatique Pearl Studio, ABOMINABLE est une très agréable surprise visuelle et scénaristique.

Visuellement soigné tant dans sa mise-en-scène que dans ses choix graphiques et chromatiques, le film offre un divertissement enchanteur pour tous, petits et grands. S’appuyant sur un récit original à une époque où les suites et autres spin-offs sont monnaie courante, ABOMINABLE se démarque par un décor innovant et quelques surprises quant aux personnages principaux.

Ainsi, sans verser pour autant dans le drame larmoyant, l’héroïne est une orpheline, confrontée dès son jeune âge aux difficultés émotionnelles et matérielles de l’existence. Le hasard la mènera à entreprendre le voyage – physique et émotionnelle – qu’elle s’était promis. L’aventure changera également l’attitude matérialiste et égoïste de ses compagnons d’aventure comme de ses ennemis.

Bien sûr, tout ceci reste à la portée de tous les publics : on rit, on est ému et époustouflé devant la maestria de la technique. Ce qui n’empêche pas une belle profondeur et une poésie très touchante, nous faisant souvent oublier la grisaille du quotidien le temps d’une séance de cinéma.

 

 

UNE BELLE RENCONTRE (2016) de Lone Scherfig

Au début de la Seconde Guerre Mondiale à Londres, Catrin Cole (Gemma Arterton) est recrutée par le gouvernement britannique pour assister le scénariste Tom Buckley (Sam Claflin) à l’écriture d’un film de propagande, destiné à remonter le moral de la population…

Réalisatrice d’origine danoise, révélée en 2000 avec ITALIAN FOR BEGINNERS, Lone Scherfig s’est également fait connaître avec UNE ÉDUCATION en 2009 avec Carey Mulligan, puis avec le drame romantique UN JOUR avec Anne Hathaway.

Inédit en salles en France UNE BELLE RENCONTRE (traduction française passe-partout pour THEIR FINEST) s’inspire de la vie de la britannique Diana Morgan, scénariste pour le théâtre, la télévision et le cinéma, réputée outre-Manche.

Incarnée par la belle et touchante Gemma Arterton (QUANTUM OF SOLACE, TAMARA DREWE, GEMMA BOVERY…), l’héroïne d’UNE BELLE RENCONTRE est un personnage fort, dont les talents d’écriture et l’imagination vont être mis en lumière durant la période sombre des bombardements allemands sur Londres, pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Tout en faisant la lumière sur cette époque dramatique, le film évite pourtant les effets trop appuyés. Impossible d’écarter totalement une tonalité dramatique compte tenu du contexte. Pourtant, par le biais du tournage chaotique d’un film de propagande et grâce à un beau casting – dont Bill Nighy, Richard E. Grant et Jeremy Irons, entre autres… – UNE BELLE RENCONTRE n’est dénué ni d’humour ni d’intérêt.

Touchant et prenant, c’est un beau récit classique et un portrait de femme des plus attachants.

 

BRAQUAGE À L’ANCIENNE (2017) de Zach Braff

De nos jours aux États-Unis, 3 vieux amis (Michael Caine, Morgan Freeman et Alan Arkin) organisent un casse pour se venger de leur ancienne entreprise qui vient de les escroquer sur leur retraite…

Ces dernières années, Michael Caine a enchaîné plusieurs films de braquage : LE CASSE DU SIÈCLE en 2007, GENTLEMEN CAMBRIOLEURS en 2018, et ce BRAQUAGE À L’ANCIENNE en 2017. Un manque probable d’originalité des scénaristes et producteurs, sans aucun doute,  puisant dans certains classiques sixties du grand acteur britannique, comme L’OR SE BARRE / THE ITALIAN JOB.

Mais comment bouder son plaisir devant un si beau trio de comédiens, réunissant, autour de Michael Caine, Morgan Freeman (THE DARK KNIGHT, IMPITOYABLE, BRUCE TOUT-PUISSANT…) et Alan Arkin (SEULE DANS LA NUIT, ARGO…) ?

BRAQUAGE À L’ANCIENNE n’est pas d’une grande originalité. Il n’empêche que cette histoire de revanche épingle plusieurs travers de notre « belle » société moderne où le mépris de l’être humain est devenu une fâcheuse tendance.

Sans être un film de Ken Loach ou un brûlot de Costa-Gavras, le film, sous les dehors d’une comédie policière très attachante, nous rappelle combien le respect des individus vaut plus que toutes les stock-options et autres actions en bourse.

Porté par un trio de « papys » cabotins mais en grande forme, le film se savoure comme une viennoiserie. Idéal pour un après-midi pluvieux, à l’approche de l’hiver.

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