10 nouvelles façons de vous distinguer (en vous mettant à dos les autres cinéphiles)

Dans notre monde merveilleux où les réseaux sociaux et une presse élitiste nous poussent inexorablement vers des sommets de pensée unique, exprimer un avis sans suivre le courant mondiale s’apparente souvent à du sport extrême.

Au cinéma comme dans tout autre domaine culturel, l’apprentissage et la curiosité n’empêche pas de se faire sa propre opinion, au risque de déplaires.

Pour la seconde fois (voir le 1er article), je vous propose 10 autres façons d’être un cinéphile à contre courant, arborant votre mauvaise foi évidente comme un tee-shirt de Che Guevara trouvé pas cher dans cette boutique de fripes tendance.  Avec humour (du moins j’espère…) et à vos risques et périls !

 

1 – Truffaut vous gonfle

Souvenez-vous de cette belle soirée. C’était au cours d’une rétrospective bobo à la Cinémathèque. Pour lui faire plaisir ou par sens de confraternité conjugale, vous aviez suivi votre cher(e) et tendre moitié pour l’inauguration d’un cycle dédié à François Truffaut.

Entre deux coupes d’un infâme cocktail, des parisiens ennuyeux et des journalistes tout droit sortis du Cercle sur Canal +, une irrésistible envie de bailler ou de hurler votre désespoir à la face des mondains présents, vous aviez choisi de lâcher un tonitruant : « Les films de François Truffant me gonflent ! »

Stupeur et effroi silencieux dans cet étouffant hall de réception. Ignorant les regards offusqués des intellectuels de rigueurs, le catalogue de vos justifications défilait comme par magie.

Quand François a oublié sa caméra, il tourne avec les doigts.

Depuis 60 ans, à ses débuts de cinéaste, François Truffaut est intouchable. Hollywood nous l’a envié. Le cinéma français lui voue un culte religieux. Et la presse « qui sait » se réfère encore à ses œuvres. Pourtant…

Pourtant, vous avez toujours eu beaucoup de mal à tenir devant LES 400 COUPS. LA PEAU DOUCE, malgré la belle et talentueuse Françoise Dorléac, vous a fait sombrer dans un courtois mais profond sommeil, l’une de vos mains masquant difficilement vos bâillements répétitifs. Et l’interprétation dépressive de Jean-Pierre Léaud vous a poussé à éviter la joyeuse filmographie de l’acteur.

L’interprétation des acteurs du « maître » de la Nouvelle Vague vous a toujours semblé faussé, avec ce côté théâtrale et atone proche d’un tracé plat aux urgences.

Tout en réfléchissant, vous n’aviez malheureusement pas remarqué que les Truffautistes en présence se ruaient sur vous, prêts à vous étouffer à l’aide de verrines vegan. C’est vrai quoi. François, on n’y touche pas !

 

2 – Vous détestez les suites de MATRIX

En 1999, comme de nombreux cinéphiles geek, MATRIX vous avez impressionné pour sa maestria. Les Wachowski – frères à l’époque avant de devenir sœurs – avaient réussi un tour de maître, mêlant les références aux univers de la SF, des comics et du cinéma asiatique pour un résultat visuellement spectaculaire et révolutionnaire.

Mais lorsque l’on vous parle de « la trilogie Matrix », votre enthousiasme retombe tel un soufflé au fromage trop vite sorti du four de votre spontanéité légendaire. La petite musique intérieure qui accompagne votre joie profonde s’arrête brusquement. Et le ciel bleu de la joie candide s’assombrit de gros nuages gris.

MATRIX RELOADED et MATRIX REVOLUTION sont, à vos yeux, les suites de trop. L’un des exemples types prouvant que le « trop » est l’ennemi du bien. Les mouches dans le verre de lait.

Carie Anne Moss, Keanu Reeve et Laurence Fishburne dans DON CAMILLO 2.0

Keanu Reeves en Don Camillo 2.0 aussi expressif que son double de cire de chez Mme Tussaud, ces dialogues insipides et ces scènes de kung-fu longues et gratuites… tout cela est bien plus que vous ne pouvez le supportez !

Vous avez ri aux éclats en voyant ces deux suites inutiles. Beaucoup moins en songeant au temps perdu face à ces pseudo intello films, censés nous offrir une réflexion quant à l’existence et à l’univers. Seuls le 1er film et sa déclinaison animée, ANIMATRIX, restent dignes de ce nom à vos yeux.

Mais autour de vous, les similis agents Smith se sont regroupés, prêts à faire entendre leur mécontentement de fans outragés. Même joueur joue encore ? Alors que votre partie vitale vient de s’interrompre, vous regrettez déjà d’avoir partagé votre avis.

 

3 – Le professeur Spielberg est d’un ennui mortel

Depuis que vous êtes en âge d’aller au cinéma et de vous faire votre propre opinion, Steven Spielberg fait partie de vos cinéastes préférés. Ses films ont toujours su vous divertir sans vous rendre idiot. De « l’entertaining » futé en quelques sortes, avec ce supplément d’âme que peu de ses confrères internationaux – voire aucun – n’a jamais vraiment su mettre en scène…

Mais au milieu des années 80, avec LA COULEUR POURPRE, ce cher Steven a eu une révélation. Féru de cinéma classique et de David Lean, il a délaissé le rêve pour le « sérieux du film à message ». Pour que ses pairs d’Hollywood le reconnaissent enfin.

Des œuvres profondes et graves (LA LISTE DE SCHINDLER, IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, MUNICH…), certes, mais délaissant l’évasion pour un certain didactisme voire un didactisme certain.

Pour le Professeur Spielberg, le cinéma, c’est du sérieux…

« Et maintenant, le Professeur Spielberg va vous donner un cours d’Histoire » pourrait apparaître au début de chaque générique d’introduction de ses dernières réalisations. Et malgré ses indéniables qualités, PENTAGON PAPERS vous a plongé dans un profond sommeil.

Pire que tout, certaines de vos relations, abonnées à Télérama et aux Inrocks, trouvent enfin de l’intêret au cinéaste, se gaussant d’avoir vu son dernier film en avant-première tout en lui préférant Xavier Dolan. Ces chers amis qui vous ont toujours pris pour un ado mal dégrossi parce que vous défendiez LES DENTS DE LA MER et RENCONTRES DU 3ème TYPE…

N’écoutant que votre courage et, soyons honnête, un degrés d’inconscience proche de l’acte suicidaire, vous avez alors décidé, lors de cette projection du formaté READY PLAYER ONE, de lancer un « Aux chiottes Steven ! » d’un air triomphant.

Pas de bol ! Une horde de faux Indiana Jones et d’E.T. vengeurs, adeptes du cosplay en public, s’est jetée sur vous tels des figurants de THE WALKING DEAD. Même s’il peaufine son remake de WEST SIDE STORY (« Maarrrriiiiaaaaaa » !!!!), faut pas toucher à Tonton Steven !

 

4 – Le spleen chic de Sofia ne vous plait pas

Ça n’est pas que vous détestez les films de Sofia Coppola, la fifille de Francis. Vous aussi vous avez aimé LOST IN TRANSLATION et sa douce mélancolie. Mais force est de reconnaître que le spleen bobo chic de la jeune femme commence sérieusement à vous les briser menu !

Depuis VIRGIN SUICIDES – tout est dans le titre – cette chère Sofia développe ad vitam le thème « so frenchy » du mal de vivre chez le bourgeois d’aujourd’hui, illustré par la musique minimaliste des joyeux membres Versaillais du groupe AIR.

Dans les films de Mademoiselle Coppola, on s’aime mais on souffre. On voit du pays mais on s’ennuie. On est en famille mais on se suicide. Bref, une certaine idée du malheur, baigné d’un indéniable sens de l’esthétisme.

Le spleen chic de Sofia Coppola.

Mais un beau jour, vous en avez eu assez de payer la tristesse de « la fille de son père » à grand coup de 12€ la place. Vous lui auriez bien conseillé de s’offrir une thérapie financée par les vignes de son papounet.

Était-ce après cette pénible séance de SOMEWHERE dans une salle aux 3/4 vide ? À moins que les clichés Cannesques de rigueur, présentant la réalisatrice et sa moue dépressive en haut des marches du palais des festivals aient provoqué en vous une crise d’urticaire aigue ?

Peu importe la source de vos tourments. Vous n’en pouvez plus des films de Sofia Coppola et de sa tristesse polie et chic. En balançant votre point de vue amer – mais sincère – au cours d’un dîner entre amis, vous n’aviez pas réfléchi aux conséquences de votre acte. La courtoisie veule des convives s’est transformée en une hargne d’une sauvagerie digne d’un western de Sam Peckinpah. Très vite, on vous tient les pieds et les mains pour pouvoir vous arracher le cœur à l’aide d’un couteau à huitres. Ne pas adorer Sofia Coppola, ça ne se fait pas, quoi !

 

5 – Vous en avez plein le dos de Brando

Voilà des années que vous entendez parler de Brando en termes dithyrambiques. Que la presse spécialisée se prosterne au nom du gros Marlon. Que sa « légende » sulfureuse fait gazouiller les slips et les culottes de cinéphiles de tous les horizons, de tous les âges et de tous les sexes.

Oui mais vous en avez plein le dos de Brando. De sa voix nasillarde et de sa « méthode » actor studio. D’accord, comme beaucoup d’autres cinéphiles, LE PARRAIN et APOCALYPSE NOW font partis de vos films favoris. Mais ça n’est pas uniquement grâce à Brando. Et même si l’on vous dit qu’il faut séparer l’individu de l’artiste, il vous est impossible d’apprécier Brando et de vous prosterner devant sa « puissance de jeu ».

Sur le tournage du sulfureux DERNIER TANGO À PARIS, lui et le réalisateur Bernardo Bertolucci, très complices, ont poussé à bout l’actrice Maria Schneider. Payé des sommes astronomiques pour quelques minutes de présence dans le SUPERMAN de Richard Donner, l’acteur lisait son texte écrit sur les couches  du bébé Jor-El.

Big Marlon parle aux libellules…

Engagé par Coppola pour incarner un Colonel Kurtz trop émacié à s’être perdu dans la jungle vietnamienne, Brando s’est pointé sur le tournage, soufflé comme du pop corn, gavé de glaces et de pâtes comme pour mieux brocarder le cinéaste à bout de nerfs.

Les bobos de Libé crient au génie. Vous, vous ne voyez qu’un je-m’en-foutiste, pervers narcissique et dérangé de la tronche.

Mais avant même d’avoir pu dire « beurck », une horde de gardiens du temple consacré à Brando vous empoigne, trop pressée de vous offrir en sacrifice sur un autel dédié à l’acteur bouffi. On ne touche à une légende, aussi moisie soit-elle. Et vous allez l’apprendre !

 

6 – Vous ne suivez pas l’engouement public

Derrière ce titre provocateur, digne d’une couverture des Inrockuptibles, il y a une prise de position à défendre et à développer : il vous arrive, parfois, de ne pas comprendre lorsqu’un film devient le succès commerciale du moment.

L’engouement exacerbé pour des œuvres aussi variées que BIENVENUE CHEZ LES CHTIS, SHAKESPEARE IN LOVE, INTOUCHABLES  ou TITANIC vous rend perplexe sur la raison et les goûts du public.

Certes, vous avez vu ces productions. Vous les avez apprécié avec la petite gêne de « l’obligation », ces films à voir pour mourir moins con. Mais de là à les voir au point de les connaître par cœur…

Tous au ciné !

Devant la femme d’un ami, petite bobo « gauche caviar » qui ne se fie qu’aux diapasons des pages de Télérama pour mettre en place sa culture personnelle et briller en société, et dont l’extase pour SHAKESPEARE IN LOVE vous a toujours semblé suspecte, vous avez eu des envies de meurtre.

Alors que vos congénères se ruaient dans les salles pour enchaîner les séances du dernier Danny Boon, vous vous êtes senti exclu. Pour vous, le film était sympathique mais très loin d’un chef d’œuvre.

Autour de cette table du réveillon, famille ou amis ont entendu vos critiques. Et le débat s’installe, transformant cette joyeuse réunion en émission de Michel Polac. Regrettant déjà d’avoir allumer le feu, tel un Johnny rebelle, vous décidez d’aller prendre l’air. L’attitude du lâche ? Plutôt la prudence et, le sourire aux lèvres, cette indicible joie d’être un semeur de troubles…

 

7 – Vous n’aimez pas les films de Xavier Dolan

Caribou ! Après les chanteuses qui hurlent, la Belle Province nous envoie Xavier Dolan, aka le « petit génie » québécois du 7ème art, l’icône du nouveau cinéma « exigeant », mix 2.0 de Maurice Pialat et Patrice Chéreau, petit prince des cinéphiles parisiens et des Cahiers du Cinéma.

Face à votre moitié(e) qui vous ordonne de l’accompagner à cette séance de N’OUBLIE PAS QUE C’EST LA DERNIÈRE JOURNÉE DE TA LIFE POUR HURLER TON ENVIE DE VIVRE, CALICE DE CHRIST !, nouveau brulot du jeune cinéaste, vous affichez la mine abattue du supplicié.

Non, décidément, vous n’aimez pas les films de Xavier Dolan. Ce « cinéma vérité » où les gens crient, pourchassés par une caméra tremblotante, ne fait pas partie de vos petits plaisirs d’amoureux du 7ème art.

Calice de Christ ! Le gars Xavier se fend la poire !

Pourquoi aller s’enfermer dans une salle pour s’obliger à regarder ces réglements de compte familiaux quand la vie ne vous a pas épargné sur ce point ? Pourquoi endurer près de 2 heures d’existences déchirés et d’accents qui vous scient les nerfs ?

Déjà, certains de vos proches vous soupçonnent d’être intolérant. Cela n’a pourtant rien à voir. Les films de Dolan ne vous touchent pas, c’est tout. Mais c’est trop tard. Vous voilà soulevé de terre et, maintenu sur une table, on cherche à vous étouffer à l’aide de pancakes et de sirop d’érable. Vous ne pouvez pas ne pas aimer le cinéma de Xavier Dolan, c’est pas Dieu possible, tabernacle !

 

8 – Anais Demoustier et Louis Garrel, non merci !

Ne nous mentons pas, le cinéma français n’est pas votre tasse de thé. Des récits qui tiennent sur une ligne, se déroulant dans un Paris bobo chic où dans une « province » exagérément colorée (en région capa), voire outrancièrement grise (dans le Nord).

Si vous aimez de nombreux acteurs et actrices hexagonaux, certains d’entre eux ne vous plaisent vraiment pas. Anais Demoustier et Louis Garrel en font partie.

Anaïs Demoustier, espoir du cinéma français ? Faut voir…

Elle, mimine mais abonnée aux rôles de « la copine du héros » (QUAI D’ORSAY) ou de faire-valoir du « cabot de service » (ALICE ET LE MAIRE). La « girl next door » du cinéma français que tout le monde trouve « gééniaaale » et à qui on promet une grande carrière. On dit déjà d’elle qu’elle peut tout jouer. Mais ses rôles se suivent et se ressemblent.

Vous l’aviez découverte dans CAPRICE, en pauvre fifille amoureuse d’un type aussi mou qu’une méduse en fin de vie sur une plage de Dunkerque, véritable pot-de-colle au regard doux-dingue, jouée avec une absence totale de mesure. Et déjà, vous aviez compris que vous ne pouviez la supporter sur un écran.

Quand Louis Garrel rit aux éclats…

Pour Louis Garrel, c’est à la fois différent et similaire. Un grand brun ténébreux, traînant un mal de vivre de films en films. Quand il ne tourne pas pour papa Philippe (LES BAISERS DE SECOURS ou LES AMANTS RÉGULIERS, tout est dans les titres…), il traîne son spleen d’éternel ado chez l’adulé des critiques parisiens Christophe Honoré (LES CHANSONS D’AMOUR, NON MA FILLE TU N’IRAS PAS DANSER, là aussi tout est dans les titres…).

2 jeunes acteurs dont le parcours, fait de passages obligés au Cours Simon ou de « fils/fille de » ne vous inspire aucune envie, ni aucun plaisir de cinéma. Et déjà, on vous en veut pour cela. Votre cher(e) et tendre, ces proches ou ces collègues de travail vous le feront comprendre en ne vous adressant plus la parole. Traité d’intolérant, vous affichez la tronche de Louis Garrel pour faire part de votre douleur ou la bouille exaltée d’Anais Demoustier pour mieux reconquérir l’autre. Mais comme eux, vous n’êtes pas bon au jeu.

 

– Vous vous êtes endormi devant TOP GUN

Il est de bon ton aujourd’hui d’aduler les années 80. Nostalgie d’une époque pop et fluo où la vie semblait simple et légère comparée à aujourd’hui, tout ce qui est estampillé « made in the 80’s » prend une valeur inestimable aux yeux de nombreuses personnes : les films, la musique, les jeux, les programmes tv, etc…

Pourtant – et sans revenir sur un thème déjà traité sur ce blog – les années 80 traînent leur lot de casseroles. Ainsi, malgré une certaine tolérance, vous n’avez jamais compris l’engouement exacerbé pour TOP GUN.

Véritable film de propagande pour l’armée américaine et ses pilotes de chasse aux Ray-Ban miroir, la folie autour du film dès sa sortie en 1986 a entraîné une impressionnante recrudescence d’engagements volontaires.

Dans TOP GUN, tout est toc. De l’éclairage léché aux tonalités orange / soleil couchant au style clipesque du regretté Tony Scott (frère de Ridley et réalisateur du cultissime LES PRÉDATEURS / THE HUNGER), le film est boursouflé de tous ces petits détails typiques de l’époque.

Vous avez bien connu les années 80. Suffisamment pour les apprécier tout en ayant le recul nécessaire et séparer le bon du moisi. Et TOP GUN, vous ne l’avez jamais vu au cinéma. Cette ode virile aux p’tits gars qui s’éclatent en tirant le manche de leurs zincs pour s’envoyer en l’air ne vous a jamais interpellé.

Quand Tom Cruise a un gros zinc en pogne, il a la frite !

Horreur suprême pour les puristes : vous vous êtes assoupi au bout d’un quart d’heure en le découvrant à la télé lors d’une location de la VHS au vidéo-club du coin !

Tom Cruise du haut de son 1m30, ses poses viriles de la vie-de-tous-les-jours, son sourire Colgate à la moindre occasion… très peu pour vous ! Époque Reaganienne oblige, l’acteur entamait ses premières années de vedettariat avec des célébrations au consumérisme, au business tout puissant et à une Amérique triomphante, après les 70’s amères et sombres.

COCKTAIL ou RISKY BUSINESS n’étaient pas dénués de moments plaisants. Mais le temps n’a pas épargné leurs aspects vain et décérébré. Et pour vous, TOP GUN est de cette veine.

Mais un tel affront n’est pas possible, aux yeux des nostalgiques des 80’s et des pilotes de la patrouille des aigles de la caserne d’à coté. Vous voilà rapidement, et sans ménagement, attaché dans un Mirage 3000, emmené contre votre gré pour une série de loopings sur l’air de « Take My Breath Away ». Non, franchement, ne pas être un accroc de TOP GUN est d’une grande imprudence !

 

10 – Vous êtes le prince du spoiler en direct-live

« Attention ! Spoilers ! », « Spoiler Alert !! », « Garantie sans spoilers »… Divulgâcher est une tendance prisée depuis quelques années. Avec l’avènement du net, il est devenu courant de connaître les secrets d’un film et même son dénouement.

Qu’y avons-nous gagné ? Des sorties mondiales de films simultanées. Mais aussi des difficultés à découvrir un polar sans savoir à l’avance qui a tué le Colonel Moutarde dans la buanderie avec le chandelier. Du stress pour s’offrir une séance ciné en toute innocence. Du surf pour éviter les sites et blogs qui vous mettent en garde… avant de vous balancer les détails d’une intrigue avec un certain sadisme ! C’est bien connu : si on vous dit « n’ouvre cette porte sous aucun prétexte », il y a de grandes chances que vous soyez tentés malgré l’avertissement…

Mais en digne roi de l’extrême, bravant les interdits le sourire moqueur aux lèvres, vous avez décidé d’aller encore plus loin : vous êtes devenu le prince du spoiler en direct-live !

Cela ne date pas d’aujourd’hui. Souvenez-vous : l’été 1992, à la sortie d’ALIEN 3,  avec quelques amis à la sortie d’une séance du film de David Fincher, vous aviez lancé à une file d’attente pour une prochaine séance : « Eh ! Vous savez quoi ? Ben à la fin, Ripley, elle meurt ! »

Devant ces futurs spectateurs aux regards incrédules, votre petite bande de joyeux salopards avait filé en courant. Vous aviez des circonstances, après tout. À cette époque, internet n’existait pas !

Dans la foulée de cet acte insensé, vous étiez devenu le mercenaire du dilvulgâchage intrépide, l’expandable de la balance, le rebelle de la fin révélée en situation réelle. Impossible pour le public, si vous étiez dans les parages, d’aller à une séance du SIXIÈME SENS, de USUAL SUSPECTS ou de TITANIC (euh… non, pas pour celui-là) sans connaître à l’avance la fin du film.

Le problème, c’est qu’à force d’agir ainsi, votre bouille était affichée à l’entrée de toutes les salles de France ! Et un soir de sinistre mémoire, vous voilà poursuivi par une horde de spectateurs enragés et la bave aux lèvres, jubilants à l’idée de vous scalper et de vous pendre à la façade d’un cinéma ou, jadis, vous aviez ruiné les séances de bon nombre d’entre eux.

Spoiler, c’est certainement le moyen le plus sûr de vous mettre à dos les cinéphiles de la planète, C’est aussi le plus risqué et sûrement l’ultime solution !

 

Crédit photo de couverture : © Vil Coyote – Warner Bros

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