Pour une poignée de films… #41

Pour ce 41ème numéro des chroniques en mode rapido – et mordant –  le blog vous propose un giallo qui a mal vieilli, un flan au pâté de science-fiction et une suite / reboot / spin-off de trop.

 

LE CHAT À NEUF QUEUES (1971) de Dario Argento

Au début des années 70 en Italie, le cambriolage d’un institut de recherches scientifiques, puis une série de meurtres, amènent un journaliste (James Franciscus) et un vieil aveugle (Karl Malden) à enquêter sur ce qui semble être la même affaire…

Les amateurs de films de genre savent ce qu’est un « giallo » mais pour tous les autres, voici une petite piqûre de rappel : le « giallo » est une forme de thriller, mêlant suspense, violence et érotisme autour d’une intrigue tortueuse (sans mauvais jeux de mots) résolue dans les dernières minutes du récit.

Le réalisateur Mario Bava (LA PLANÈTE DES VAMPIRES, LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP…) est généralement considéré comme l’initiateur de ce genre transalpin. Dario Argento en serait alors son digne successeur avec une « trilogie animalière » démarrée en 1970 par L’OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL, puis prolongée avec LE CHAT À NEUF QUEUES et achevée avec 4 MOUCHES DE VELOURS GRIS.

Coproduction franco-itallo-allemande, LE CHAT À NEUF QUEUES – en référence à un ancien instrument de tortures – a tout du gloubi-boulga confus et sérieusement daté, associant quelques moments réussis d’angoisse à d’autres éléments involontairement drôles.

Je sais d’avance que les grands fans d’Argento voudront me faire la peau après avoir lu mon article. Et je suis également conscient que découvrir ce « classique » près de 50 ans après sa sortie altère sans doute mon jugement. Mais force est de constater que LE CHAT À NEUR QUEUES est un festival capillaire de choucroutes et de faux plafonds, de décors marrons / oranges et de maquillages à la truelle.

Si le tandem formé par Karl Malden (SUR LES QUAIS, NEVADA SMITH, la série tv LES RUES DE SAN FRANCISCO…) et James Franciscus (LA VALLÉE DE GWANGI, LE SECRET DE LA PLANÈTE DES SINGES…) donne au film des airs de feuilleton policier à l’ancienne, la coproduction internationale – comprenant l’acteur Horst Frank, Théo « l’ami fritz » des Tontons Flingueurs et la franco-italienne Catherine Spaak – n’arrange pas vraiment  l’intêret que l’on peut porter au film.

Scènes chocs aux frontières du ridicule, musique d’Ennio Morricone sciante pour les nerfs, violence exagérément poussée et décors dignes d’un brocanteur vintage, LE CHAT À NEUF QUEUES peut se (re)voir à condition d’être avide de curiosités cinématographiques et d’avoir du recul.

 

JUPITER : LE DESTIN DE L’UNIVERS (2015) de Lana et Lilly Wachowski

De nos jours, la jeune Jupiter Jones (Mila Kunis) découvre qu’elle est au cœur d’un conflit interplanétaire entre plusieurs familles d’aliens. Aidé du guerrier cosmique Caine Wise (Channing Tatum), elle se décide à affronter son destin…

Après le méconnu BOUND et le réussi MATRIX, les Wachowski ont enchaîné les films avec une générosité foutraque qui n’a pas donné que du bon. Entre SPEED RACER, tentative râtée et colorée d’adapter un manga, et le bancal CLOUD ATLAS, rendez-vous manqué avec une passionnante œuvre littéraire – je vous recommande grandement le roman d’origine à sa version ciné indigeste – les frères devenues sœurs nous ont offert une bouillie esthétique mais confuse en faisant de MATRIX une trilogie.

Avec ce JUPITER : LE DESTIN DE L’UNIVERS (ce titre nunuche !), je me suis sincèrement demandé quelles étaient leurs intentions. Fourre-tout indigeste entre DUNE, STAR WARS et la collection Harlequin, le film est un œuvre ambitieuse mais bancale.

Desservie par des effets spéciaux numériques mêlant maladroitement l’héroïc-fantasy et la SF, cette patisserie galactique peine à maintenir l’intérêt malgré  une certaine bonne volonté de leurs auteures.

Ajoutez à cela le tandem Mila Kunis (THAT 70’s SHOW) et Channing Tatum (G. I. JOE : LE RÉVEIL DU COBRA, EFFETS SECONDAIRES), aussi charismatique qu’un couple de bulots sous grande canicule, et vous comprendrez l’accident industriel de ce navet cosmique, ni drôle ni passionnant.

 

MEN IN BLACK INTERNATIONAL (2019) de F. Gary Gray

Enfant, Molly fait une rencontre du 3ème type amicale. 20 ans plus tard, en stage chez les Men In Black, cette même Molly, devenue l’agent M (Tessa Thompson), est envoyée à Londres dans la branche britannique de ces services très secrets. Elle est amenée à faire équipe avec l’agent H (Chris Hemsworth) pour enquêter sur « la Ruche », une civilisation extra-terrestre particulièrement belliqueuse…

Mal accueilli à sa sortie en salles en juin 2019, MEN IN BLACK INTERNATIONAL est une suite de trop – ou un reboot ou un spin-off de trop – à MEN IN BLACK III qui était déjà une suite de trop aux deux premiers MEN IN BLACK. Vous me suivez ?

Lorsque cette série de films – inspirée d’un comics lui même inspiré d’une légende urbaine liée aux premiers témoignages d’OVNIS, et autres rencontres d’un autre type – fit sa première apparition au cinéma en 1997, avec l’excellent duo Will Smith / Tommy Lee Jones, le succès amplement mérité entraîna, comme toujours, d’inévitables suites.

Après un MIB III vite oublié, malgré quelques bonnes idées initiales, produire un autre film n’était pas nécessaire. Mais l’époque n’étant pas à la raison, l’appât du gain donna lieu à ce MIB INTERNATIONAL paresseux et chaotique quant à sa production, le metteur en scène F. Gary Gray (BRAQUAGE À L’ITALIENNE, BE COOL) se voyant bientôt remplacé par le producteur de la saga Walter F. Parks après des problèmes de réécriture et de production.

Malgré son casting comprenant également Emma Thompson, Rebecca Ferguson et Liam Neeson, le film ne parvient jamais à susciter un quelconque intérêt. On suit les pérégrinations du nouveau tandem Hemsworth / Thompson sans s’impliquer, à peine amusé par quelques idées distrayantes et des sfx qui font le job. Un nouvel exemple d’une belle idée originale étouffée par des réflexes mercantiles et destructeurs regrettables. Vite vu, vite oublié.

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