Séance de rattrapage : DOCTOR SLEEP

L’histoire

30 ans après les tragiques et horribles évènements survenus à l’hôtel Overlook, Danny Torrance (Ewan McGregor) noie dans l’alcool son « don » qu’il porte comme un fardeau et le traumatisme qu’il a vécut. L’aide de Billy Freeman (Cliff Curtis) lui fait retrouver une forme de stabilité. Alors qu’il entre en contact avec Abra Stone (Kyliegh Curran), une enfant qui possède le « shining » comme lui, un inquiétant groupe de « vampires psychiques », menée par la vénéneuse Rose « Chapeau » O’Hara (Rebecca Ferguson), s’attaque aux enfants dotés de dons paranormaux…

 

Retour manqué à l’Overlook

40 ans après sa sortie, le SHINING de Stanley Kubrick reste une œuvre emblématique, une date dans l’histoire du cinéma et une référence du film d’horreur. Si cette version s’éloigne de l’œuvre de Stephen King dont elle s’inspire, suscitant le rejet du célèbre romancier, elle a marqué le public et demeure inoubliable.

Se voulant tout à la fois une adaptation du livre DOCTOR SLEEP et une suite du film SHINING, cette séquelle de Mike Flanagan, sortie en 2019, était-elle nécessaire ? La réponse est non.

Preuve, si c’était utile, qu’une œuvre culte ne devrait jamais être « manipulée », que les intentions premières soient bonnes ou purement commerciales, DOCTOR SLEEP n’évite pas la comparaison avec le film de Kubrick, à son grand désavantage.

Flanagan, réalisateur de thrillers horrifiques (OUIJA, THE MIRROR, PAS UN BRUIT…), s’est imposé avec l’angoissante et réussie série Netflix THE HAUNTING. Le cinéaste n’est pas Kubrick pour autant.

Bien sûr, on peut comprendre qu’il n’a volontairement pas chercher à marcher dans les pas de son illustre aîné, réalisant par avance l’inutilité de la démarche.

On peut aussi se demander dans quel sens le cinéaste n’a pas préféré une plus grande fidélité à Stephen King, produisant un film en équilibre entre la vision de Stanley Kubrick et l’œuvre originale de King…

Trêve de réflexions, j’ai, pour ma part, été déçu par ce téléfilm de luxe, préférant l’horreur et la violence frontales à la suggestion et l’ambiance oppressante du SHINING de 1980.

Certaines scènes – celle de l’enfant massacré par les dégénérés immortels, entre autres – n’ont d’autres buts que de surfer sur les tendances actuelles en matière d’horreur, s’adressant plus particulièrement à un public peu exigeant et plus avide de sensations fortes immédiates.

La maladresse, bien actuelle elle aussi, consistant à expliquer certains aspects mystérieux de SHINING, n’apporte strictement rien au récit.

Reste la dernière partie de DOCTOR SLEEP, hommage au chef d’œuvre de Kubrick et beau travail de reconstitution, où les divers protagonistes s’affrontent dans le sinistre hôtel Overlook.

L’implication du trio d’acteurs de tête – Ewan McGregor, Rebecca Ferguson et la jeune Kyliegh Curran – est l’autre atout de ce film bancal, lui apportant l’humanité et l’émotion qui faisait défaut à SHINING.

Un peu long dans son traitement, préférant l’horreur à l’épouvante, cherchant vainement  l’équilibre entre ses deux impressionnants modèles King et Kubrick, DOCTOR SLEEP ne m’a pas convaincu, ne parvenant jamais à retrouver l’impact de SHINING et son atmosphère envoutante.

 

DOCTOR SLEEP (2019) de Mike Flanagan.
Avec Ewan McGregor, Rebecca Ferguson, Kyliegh Curran, Cliff Curtis, Bruce Greenwood…
Scénario : Mike Flanagan d’après « Doctor Sleep » de Stephen King.
Musique : The Newton Brothers.

Crédits photos : © Warner Bros

 

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