Pour une poignée de films… #44

Au sommaire : une comédie 60’s au casting impressionnant, un OFNI signé Quentin Dupieux et de l’angoisse sous les mers.

 

LA CHASSE À L’HOMME (1964) d’Edouard Molinaro

Alors qu’il s’apprête à se marier, Antoine (Jean-Claude Brialy), un jeune publicitaire, voit son ami Julien (Claude Rich), un célibataire endurci, tenter de le dissuader en lui énumérant ses péripéties avec les femmes…

Proche du film à sketchs, genre souvent utilisé dans le cinéma français des années 50 et 60, LA CHASSE À L’HOMME est une réjouissante comédie 60’s d’Edouard Molinaro (OSCAR, HIBERNATUS, L’EMMERDEUR, LA CAGE AUX FOLLES…).

D’une tonalité ironique et « gentiment misogyne » – à replacer dans son époque, bien entendu – le film est un agréable et élégant exercice de style sur l’amour, le couple et ses petites contrariétés. Son atout principal tient dans son impressionnant casting, constitué de valeurs sûres de l’époque et de jeunes stars en devenir : Françoise Dorléac, Catherine Deneuve, Marie Dubois, Marie Laforêt, Micheline Presle, Claude Rich, Jean-Paul Belmondo, Jean-Claude Brialy, Michel Serrault, Bernard Blier, Francis Blanche…

À la tête du scénario de cette comédie, on retrouve l’inévitable Michel Audiard et France Roche, connue de certains d’entre vous en tant qu’animatrice de télévision et critique de cinéma dans les années 60 et 70.

Si le trio Brialy / Rich / Belmondo est en tête de la distribution et fait le lien entre chaque récit amoureux, LA CHASSE À L’HOMME donne l’occasion aux « sœurs jumelles » Catherine Deneuve et Françoise Dorléac de partager l’affiche sans pour autant se donner la réplique, avant de se retrouver chez Jacques Demy dans LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT.

Un peu oublié aujourd’hui par rapport aux sorties françaises de l’époque comme L’HOMME DE RIO ou LES BARBOUZES, LA CHASSE À L’HOMME (à ne pas confondre avec le film de JCVD) est à (re)découvrir pour ses acteurs et sa tonalité légère comme du théâtre de boulevard.

 

AU POSTE de Quentin Dupieux (2018)

Une nuit dans un commissariat en France. Après la découverte d’un cadavre en bas d’un immeuble, Buron (Benoît Poelvoorde), un flic opiniâtre, interroge Louis Fugain (Grégoire Ludig), le principal témoin et suspect…

Avec AU POSTE, Quentin Dupieux, aka Mr Oizo, réalise son 7ème long-métrage juste avant LE DAIM avec Jean Dujardin. Fidèle à sa ligne artistique et directrice, il offre à nouveau une œuvre humoristique et décalée, summum de non-sens, après RUBBER ou RÉALITÉ.

Articulé autour du duo Benoît Poelvoorde / Grégoire Ludig, AU POSTE peut se voir comme une parodie du polar à la française, que ce soit des films de Belmondo (avec une affiche détournant PEUR SUR LA VILLE) ou des films de Pialat comme POLICE.

Au cours d’une nuit, un pauvre quidam (Grégoire Ludig, idéal dans son rôle de candide moustachu) va plonger dans un univers aux personnages étranges – un auxiliaire de police borgne (Marc Fraize) et sa femme décérébrée (Anaïs Demoustier méconnaissable) – et aux situations absurdes. À la tête de cet univers décalé, Benoît Poelvoorde joue les flics obstinés et vachards, cachant son inefficacité derrière une agressivité larvée et un sérieux inébranlable.

Soigné visuellement, sur une courte durée d’1h10, AU POSTE prend parfois des airs du BUFFET FROID de Bertrand Blier. Ce qui est plutôt flatteur. Mais comme de nombreux films français, la fin ratée vient quelque peu gâcher l’ensemble.

Ceux qui connaissent déjà l’univers de Dupieux – et l’apprécient – ne seront pas dépaysés. Les autres, comme toujours, risquent fort d’être agacés par l’étrangeté du résultat, entre burlesque, humour noir et thriller fantastique.

 

UNDERWATER (2020) de William Eubank

En plein Océan Pacifique, dans la Fosse des Mariannes, la zone la plus profonde sur Terre, une station de forage expérimentale est victime de ce qui semble être un important séisme. Une poignée de survivants tente de s’en sortir. Mais sous la mer, ils ne sont pas seuls…

Prenez un shaker, placez-y une bonne dose d’ALIEN et une autre d’ABYSS puis secouez le tout. UNDERWATER, votre nouveau cocktail de SF saupoudré d’angoisse, est prêt.

Certes, la goût final n’a rien de comparable et le film de William Eubank n’est ni ALIEN, ni ABYSS. Tout juste une bonne grosse série B sans autres prétentions que de faire frémir à grands renforts de situations tendues et de « jump scares » un peu trop réguliers. Le tout baigné dans les ténèbres abyssales, ce qui est normal vu le lieu de l’action mais qui s’avère frustrant pour une bonne compréhension de l’intrigue.

Au casting, mis-à-part quelques jeunes acteurs inconnus, Kristen Stewart dans un rôle à la Ripley – cheveux ultra-courts et marcel badass de circonstance – et Vincent Cassel dans le rôle du Capitaine Lucien – si si si et en français dans le texte – tiennent le haut de l’affiche avec des personnages à la fois durs et fragiles, traînant derrière eux des casseroles de drames personnels et autant de clichés.

UNDERWATER se regarde, ne serait-ce que pour ses décors, ses costumes et certains sfx réussis. Mais au fond des mers, rien de nouveau ! Impossible de réellement s’attacher aux personnages tant l’action est mise en avant dès les premières minutes. Entre deux pincée d’écologie balourde, on attend donc de voir les protagonistes se faire gober les uns après les autres par d’horribles bestioles, croisement tordu entre la crevette géante et le xénomorphe aux dents pointus.

Jusqu’au dénouement du film, quelque peu surprenant et doté d’une fin ouverte et cynique, amenant peut-être à une suite. Distrayant mais inutile.

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