Pour une poignée de films… #45

Demandez le programme : une satire visionnaire de notre monde et des médias, une épopée viking teintée de SF et un casse chez les ploucs.

 

MEURTRES EN DIRECT (1982) de Richard Brooks

Dans un futur proche, le grand reporter Patrick Hale (Sean Connery) manie l’information comme un spectacle. Il se retrouve bientôt mêlé au vol de deux bombes nucléaires impliquant la CIA, un trafiquant d’armes international et un terroriste… 

Avant dernier film du réalisateur Richard Brooks, MEURTRES EN DIRECT (WRONG IS RIGHT en VO) est une critique acerbe des medias, de l’Amérique et de la situation géo-politique du début des années 80.

Mêlant intrigue de politique-fiction, suspense, humour noir et parodie, le film surprend par sa tonalité cynique en pleine ère Reaganienne, vantant les mérites de la réussite sociale et financière. En ce sens MEURTRES EN DIRECT peut apparaître, avec le recul, comme un ultime film des années 70, plus critiques et réalistes.

Le film témoigne de l’amertume du réalisateur Richard Brooks quant à son époque et son pays. Tour à tour écrivain puis scénariste dans les années 40, ce cinéaste essentiel et atypique dans l’univers Hollywoodien s’est démarqué par des œuvres marquantes et engagées, abordant des genres variés, du Western à la chronique sociale : GRAINE DE VIOLENCE, LA CHATTE SUR UN TOIT BRÛLANT, ELMER GANTRY LE CHARLATAN, LORD JIM, LES PROFESSIONNELS, DE SANG-FROID, À LA RECHERCHE DE Mr GOODBAR…

Si ces MEURTRES EN DIRECT ne représentent probablement pas son meilleur film et peuvent dérouter par moments pour la densité des thèmes abordés, ils n’en demeurent pas moins intrigants et surprenants pour leurs côtés visionnaires. Par bien des aspects et près de 40 ans plus tôt, le film nous parle de notre propre époque, De quoi donner quelques frissons derrière l’ironie…

 

 

 

OUTLANDER : LE DERNIER VIKING (2008) de Howard McCain

Au VIIIème siècle, un vaisseau spatial s’écrase dans un lac en territoire viking. Seuls deux survivants parviennent à s’en extraire vivant : Kainan (Jim Caviezel), un guerrier à apparence humaine venu d’une lointaine planète, et une redoutable créature nommée Moorwen. Alors que Kainan, fait prisonnier par les Vikings d’un village proche, gagne bientôt leur confiance, le Moorwen ravage les habitations environnantes… 

Avant toute chose, un éclaircissement s’impose : malgré son titre, ce OUTLANDER n’a absolument rien à voir avec la série de Netflix tirée de romans nunucho-romantico-érotiques pour ados pré-pubères.

Le film d’Howard McBain se rapprocherait plus du 13ème GUERRIER de John McTiernan ou de la BD THORGAL. Croisement entre SF et film d’aventure moyen-âgeux, OUTLANDER est une bonne série B, prenante et intrigante, tournée dans les spectaculaires décors naturels du Canada, de la Norvège et de Terre-Neuve.

Si son début évoquera PREDATOR pour certains et certaines, le reste de l’intrigue se rapproche plus souvent d’un solide récit d’aventures, matinée de légendes gaéliques et celtiques. Soutenu par un casting solide d’acteurs peu ou pas connus – mis-à-part Jim Caviezel, Ron Perlman et John Hurt – OUTLANDER accroche dès le début jusqu’au dénouement de l’histoire.

Si l’on peut regretter toutefois le manque de charisme de Jim Caviezel, son allure générale très contemporaine détonne avec le reste du casting. Ce qui au final est parfait pour le récit proposé. Il se fait tout de même voler la vedette par Jack Huston et Sophia Myles, dans les rôles de ses partenaires viking.

OUTLANDER est un Honnête film de genre, bonne surprise générale qui n’a d’autres ambitions que de divertir et y parvient sans mal.

 

LOGAN LUCKY (2017) de Steven Soderbergh

Jimmy Logan (Channing Tatum) vient d’être licencié du circuit automobile où il travaillait sur un chantier. Avec son frère Clyde (Adam Driver), ancien combattant en Irak où il a perdu une main, il décide de se venger en dévalisant la salle des coffres des paris de la course NASCAR Coca-Cola 600. Mais pour leur projet, les frères Logan ont besoin de l’expert en chambres fortes Joe Bang (Daniel Craig) qui purge une peine de prison…

Après la trilogie OCEAN’S (11, 12 et 13 pour rappel), le cinéaste Steven Soderbergh proposait Il y a 3 ans un nouveau film de casse avec LOGAN LUCKY. Mais là où la bande de Danny Ocean était composée de spécialistes du vol multi-récidivistes, les frères Logan (Channing Tatum et Adam Driver) sont deux « bras cassés » de l’Amérique profonde, voleurs amateurs et maladroits.

Cherchant à se venger d’une société qui ne leur fait pas de cadeaux, ces deux frangins n’en demeurent pas moins sympathiques et attachants. S’associant avec leur jeune sœur Mellie (Rilley Keough), un expert des coffres-forts aux cheveux peroxydés (Daniel Craig, étonnant dans un rôle à 1000 lieues de 007) et ses deux frères (Jack Quaid et Brian Gleeson), cette équipe va prendre le risque de s’attaquer à bien plus gros qu’eux.

Ne se prenant jamais au sérieux tout en évoquant l’Amérique en crise, LOGAN LUCKY est, en ce qui me concerne, une très agréable séance de rattrapage. Comme c’est très souvent le cas dans ce genre de récit, on s’attache aux (anti) héros du film, acceptant facilement leur écart de conduite.

Si Soderbergh porte un regard moqueur quant aux américains moyens, le ton n’est jamais cynique et reste bienveillant quant aux personnages principaux. Les frères Logan et leur équipe sont avant tout de chics types, pas si chanceux mais débrouillards et « droits dans leurs bottes ». On aimerait bien les retrouver dans d’autres (més)aventures…

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