RETOUR VERS LE FUTUR : 35ème anniversaire

Il y a 35 ans cette année, une production Steven Spielberg sortait sur les écrans et allait s’imposer comme l’un des films phares d’une époque et d’une génération. Mis-en-scène par un réalisateur encore méconnu, interprété par un jeune acteur venu de la télévision, RETOUR VERS LE FUTUR allait bientôt s’imposer comme un phénomène de société et une date dans la culture populaire.

Retour à Hill Valley, en 1985…

 

Photos de promo

Au tout début des années 80, les jeunes Robert Zemeckis et Bob Gale, respectivement cinéaste et scénariste, ont travaillé ensemble sur CRAZY DAY en 1978 et LA GROSSE MAGOUILLE en 1980. Produits par Steven Spielberg, les deux films sont des échecs au box-office.

Lors d’une visite chez ses parents, Bob Gale tombe sur un album de promotion de son père, lorsqu’il était au lycée. Face à ces anciennes photos, le sentiment de découverte pour un être qu’il croyait bien connaître lui donne une idée : que ferait un adolescent s’il pouvait remonter le temps et rencontrer ses parents lorsqu’ils avaient son âge ?

Le monteur Michael Kahn, Robert Zemeckis et Bob Gale sur le tournage de 1941…

L’histoire est ainsi mise en place. Marty McFly, jeune ado des années 80, échappe à une famille « compliquée » – un père pleutre et effacé, une mère alcoolique… – auprès de Doc Brown, un voisin scientifique doux dingue. Un soir, alors que Doc présente à Marty sa nouvelle invention – une machine à explorer le temps installée dans une DeLorean – il est tué par des terroristes Lybiens qu’il a escroqué. Prenant la fuite à bord de la voiture trafiquée, Marty remonte accidentellement le temps et débarque en 1955, face à ses parents adolescents comme lui…

Gale et Zemeckis développe un scénario, prévu à l’origine pour la Columbia qui leur laisse la possibilité de proposer leur projet  à un autre studio. Ils entament alors une tournée des «grands décideurs» d’Hollywood mais choisissent toutefois de ne pas s’adresser à Spielberg, producteur de leurs deux derniers films qui se sont avérés être de cuisants échecs.

Robert Zemeckis, Bob Gale et Michael J. Fox

Le scénario de RETOUR VERS LE FUTUR passe ainsi de mains en mains, jusqu’à chez Disney où l’idée d’un film tout public avec une mère de famille et son adolescent de fils flirtant dans une voiture est intolérable ! Zemeckis et Gale se souviendront de la réaction négative de la «maison de Mickey» et, après cette scène, ferons dire à Lorraine MacFly, avec un air de dégoût : « J’ai l’impression d’embrasser mon propre frère ! »

À force d’enchaîner les refus, Bob Gale et Robert Zemeckis prennent conscience que Steven Spielberg peut leur ouvrir des portes. Revenant à leur producteur « fétiche », ils parviennent enfin à avoir l’accord de la Universal Pictures.

 

Du frigo à la DeLorean

À la base, la machine à explorer le temps de RETOUR VERS LE FUTUR devait être… un réfrigérateur ! Réalisant le risque encouru auprès d’un (très) jeune public, choisissant de reproduire l’action du film en allant s’enfermer dans le frigo de famille, Zemeckis et Gale se fixent dès lors sur une voiture « hors norme ».

La DeLorean DMC-12

Produite entre 1981 et 1983 par la DeLorean Motor Company, la DMC-12 se caractérise par deux portes papillon en inox et une caisse en fibre de verre sur laquelle des panneaux en acier inoxydable ont été placés.

Une reproduction de la DeLorean du film…

La firme DMC se contentera, après l’arrêt de la production de son modèle unique, de maintenir le «service après vente» par la réparation des modèles existants et la fourniture de pièces détachées.

…aux Geek Days de Lille en 2019 !

Suite au succès du film, la DeLorean Motor Company va relancer le modèle en 2017, avec 300 exemplaires produits, équipés de nouveaux moteurs émettant moins de CO2.

 

D’Éric Stoltz à Michael J. Fox

La production de RETOUR VERS LE FUTUR n’a pas été une route en lignes droites. Le tournage du film était déjà bien entamé lorsqu’un « problème » de taille fit son apparation.

À l’origine, selon Gale et Zemeckis, c’est bien Michael J. Fox qui avait été choisi pour incarner Marty McFly. Âgé de 24 ans à l’époque, le jeune acteur avait été aperçu dans des petits rôles, comme dans CLASS 1984. Mais c’est la télévision qui le fait connaître du public américain avec la sitcom FAMILY TIES / SACRÉE FAMILLE dès 1982.

Marty, version Eric Stoltz…

C’est précisément le tournage très prenant de cette série tv qui empêchera, dans un 1er temps, Gale, Zemeckis et Spielberg d’engager Michael J. Fox. Les 3 hommes se tournent alors vers Éric Stoltz.

Acteur de la même génération que Fox, Stoltz est surtout connu aujourd’hui pour son interprétation d’un ado au visage déformé dans MASK aux côtés de Cher. On l’a également vu par la suite, entre autres, dans LA MOUCHE 2 et dans PULP FICTION au cours de la fameuse scène du « gros marqueur »…

Même scène, même partenaire mais deux MacFly !

Mais après 5 semaines de tournage avec l’ensemble du casting du film, Zemeckis, Gale et Spielberg font un constat douloureux : malgré son talent, Éric Stoltz ne parvient pas à insuffler la fantaisie et l’humour nécessaires au personnage de Marty !

Situation on ne peut plus délicate, Stoltz sera remercié (et dédommagé) malgré plusieurs séquences tournées et Michael J. Fox sera finalement engagé, l’obligeant à un « emploi du temps » des plus extrêmes. Après un accord entre les producteurs de RETOUR VERS LE FUTUR et ceux de FAMILY TIES, Fox tournera chaque jour pour la sitcom et chaque nuit pour le film de Zemeckis !

 

Autour de Marty

Autour de Michael J. Fox, parfait dans le rôle de Marty MacFly, le casting de RETOUR VERS LE FUTUR a lui aussi contribué à son grand succès depuis 35 ans.

Rendu immensément populaire avec le rôle du Dr Emmett Brown, Christopher Lloyd est un passionné de théâtre depuis son adolescence. Il a un second rôle dans VOL AU DESSUS D’UN NID DE COUCOU en 1975 puis joue dans la série américaine TAXI aux côtés de Danny DeVito dès 1978. Outre RETOUR VERS LE FUTUR, on l’a vu en féroce Klingon dans STAR TREK III, en inquiétant juge DeMort dans QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT ? et en oncle Fétide dans LA FAMILLE ADAMS.

Léa Thompson débute au cinéma dans LES DENTS DE LA MER 3D. Après RETOUR VERS LE FUTUR, son rôle le plus marquant reste celui d’une dessinatrice de comics dans la sitcom CAROLINE IN THE CITY.

Marqué par un physique atypique, Crispin Glover a enchaîné les personnages étranges au cinéma comme celui du tueur (presque) muet dans CHARLIE ET SES DRÔLES DE DAMES aux côtés de Drew Barrymore, Lucy Liu et Cameron Diaz, WILLARD ou Andy Warhol dans THE DOORS.

Thomas F Wilson

Thomas F. Wilson est essentiellement connu pour le rôle de Biff Tannen. Il a souvent prêté sa voix pour du doublage et des jeux vidéos et consacre principalement sa carrière à la télévision.

L’actrice Claudia Wells incarne Jennifer, la petite amie de Marty au début et à la fin du film. Pour des problèmes familiaux graves (sa mère venait d’avoir un cancer), elle ne reprendra pas son rôle dans les 2 suites du film où elle sera remplacée par Elizabeth Shue.

James Tolkan et Michael J. Fox

Incarnant Strickland, James Tolkan était le commandant du porte avions de TOP GUN. Vu dans CALME BLANC, Billy Zane incarne l’un des sbires de la bande de Biff Tannen.

 

Ça c’est du Rock !

La musique tient une place essentielle dans RETOUR VERS LE FUTUR, soulignant ente autres les changement d’époque par l’utilisation de standards américains des années 50 comme « Mister Sandman » par The Four Aces, la chanson « The Ballad Of Davy Crockett » tirée d’une série tv à succès de l’époque produite par Disney, « Johnny B. Good » de Chuck Berry ou « Earth Angel » de The Penguins.

Le score du film, dont le thème est devenu célèbre, est composée et interprété par Alan Silvestri, un fidèle de Robert Zemeckis avec qui il a œuvré sur À LA POURSUITE DU DIAMANT VERT, QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT ? pu CONTACT. On lui doit aussi les BO de PREDATOR, ABYSS, AVENGERS ou READY PLAYER ONE.

Michael J. Fox et Huey Lewis

Faisant une apparition en début de film, lors de l’audition manquée de Marty, le chanteur Huey Lewis a interprété, avec son groupe les News, les deux célèbres titres du film que sont THE POWER OF LOVE et BACK IN TIME. Le 1er titre, indissociable du film, sera un succès planétaire.

 

Atomic world

En évoquant les années 50, RETOUR VERS LE FUTUR ne pouvait mettre de côté l’époque « atomique » liée à la Guerre Froide et en plein développement dans l’après-guerre aux États-Unis. Des allusions y sont faîtes dans certaines répliques du film – Doc Brown s’imaginant que le plutonium peut s’acheter n’importe où dans les années 80 – ainsi que dans d’autres détails des décors.

Marty utilise sa combinaison anti-radiations pour impressionner Georges…

Mais le contexte nucléaire fait également partie de l’époque 80’s du film, ne serait-ce que dans la manière de provoquer le voyage dans le temps, équivalant à la foudre, ou dans le costume de Marty lorsqu’il débarque, tel un alien, en 1955. À l’origine, la fin du film devait d’ailleurs s’appuyer sur un essai nucléaire pour permettre à Marty de revenir en 1985. Doc évoque également le plutonium qu’il a volé à des terroristes qui lui avait commandé une bombe.

 

Succès mondial et suites à la chaîne

Sorti au début de l’été 1985 aux États-Unis, RETOUR VERS LE FUTUR est un énorme triomphe commercial, restant en première position du box office durant plusieurs semaines et devenant un succès très rentable, totalisant au final plus de 210 millions de dollars pour un budget relativement modeste de 19 millions de dollars de l’époque.

Le film débarque en France en octobre de la même année et se classera rapidement à la 4ème place des succès de 85. Mais la critique française – quelle surprise ! – fait la fine bouche, reprochant principalement au film ses valeurs consuméristes et son apologie de « l’American Way Of Life »…

L’illustration de l’affiche signée Drew Struzan.

RETOUR VERS LE FUTUR devient vite un succès planétaire et une suite est alors envisagée. L’idée est de repartir sur la fin ouverte du 1er film – Doc revenant du futur pour embarquer Marty et sa petite amie Jennifer – pour la prolonger directement.

Le développement de cette suite prend une tournure plus importante que prévu : après avoir visité les années 50, chères aux auteures du film, il est prévu d’emmener Doc et Marty dans le futur, en 2015, puis de les faire revenir dans un lointain passé, en 1885 à l’époque de la Conquête de l’Ouest.

Il est décidé de tourner RETOUR VERS LE FUTUR II et III dans la foulée, puis de sortir les deux films à quelques mois d’intervalles, entre 1989 et 1990. Tout le casting du 1er film est de nouveau présent, sauf Crispin Glover. Ce dernier, en désaccord avec la production, réclamant 1 million de dollars pour quelques scènes, fut remplacé par Jeffrey Weissmann pour les quelques moments de présence de George McFly sur les volets 2 et 3. Glover portera également plainte contre la production pour sa présence dans quelques secondes du 1er film, réutilisées sur les deux suites…

 

Américain mais universel

En réalisant que RETOUR VERS LE FUTUR fêtait ses 35 ans cette année, je réalisais au cours de mes recherches combien le film de Robert Zemeckis était important dans la culture geek. Combien il avait marqué le public, quel que soit sa nationalité.

Parce que, malgré les phrases assassines de la presse hexagonale à sa sortie, RETOUR VERS LE FUTUR s’adresse aussi bien au public américain -en priorité, c’est sûr – qu’au public français, anglais, espagnol ou allemand.

Qui n’a pas été amusé, attendri et intrigué devant des photos de jeunesse de ses propres parents ? Qui n’a pas voulu en savoir plus devant ces êtres à la fois si proches et au parcours méconnu voire inconnu ? Après tout, la vie ne nous a pas attendu pour se développer…

RETOUR VERS LE FUTUR s’adresse autant aux ados qui l’ont découvert en 1985 (et avait l’âge de Marty MacFly / Michael J. Fox ) qu’à leurs parents pour qui les personnage de Lorraine et George ont rappelé des souvenirs.

Certains d’entre vous ont peut-être rêvé de rencontrer leurs parents dans leur jeunesse quand d’autres ont peut-être songé à « changer » leur famille !

Ce qui est certain, c’est que RETOUR VERS LE FUTUR doit sa réussite à son universalité. Quand les grincheux y voient une ode à la réussite sociale typique des années 80, les autres apprécient le film pour sa fantaisie, ses paradoxes spatio-temporels et son duo de héros très attachants.

C’est probablement ça qui en fait aujourd’hui un classique. Un récit prenant, simple et complexe à la fois, drôle et touchant, qui nous fait voyager sans avoir besoin de route.


RETOUR VERS LE FUTUR (1985) de Robert Zemeckis.
Avec Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Thomas F. Wilson, Crispin Glover…
Scénario : Bob Gale et Robert Zemeckis. Musique : Alan Silvestri.

Crédits photos : Universal Pictures / Amblin Entertainment

Photos Geek Days Lille : The Movie Freak


Bande-annonce

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Merci pour toutes ces infos pour un film qui a déjà… 35 ans ! Quel classique pour toute une génération.

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    1. De rien. Oui c’est devenu un classique pour grand nombre d’entre nous. Et un film qui se revoit toujours avec beaucoup de plaisir !

      Aimé par 1 personne

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