Séance de rattrapage : THE EMPTY MAN

L’histoire

De nos jours aux États-Unis, James Lasombra (James Badge Dale) est un ex flic, traumatisé par un drame personnel. Face au désintérêt de la police qui n’y voit qu’une simple fugue, sa voisine et amie Nora (Marin Ireland) lui demande de l’aider à retrouver sa fille Amanda (Sasha Frolova) qui a disparu avec un groupe d’amis…

 

Peur du vide

Étrange film que THE EMPTY MAN, découvert par hasard sur la plateforme Star / Disney +. Idée décalée, je le reconnais, que de choisir une œuvre mêlant fantastique, thriller et épouvante pour tenter de trouver le sommeil. Mais la curiosité nous pousse parfois à des actes surprenants. Et, je vous rassure, sans fâcheuses conséquences en ce qui me concerne. Si ce n’est une bonne frayeur !

Reprenons depuis le début. Le parcours même de THE EMPTY MAN pourrait devenir l’amorce d’un passionnant documentaire. Tiré d’un comics – disons d’un roman graphique pour éviter toute comparaison inutile avec les films issus des univers DC ou Marvel – le film de David Prior a subit les aléas d’une double actualité, soit du début de cette foutue pandémie de Covid 19 et du rachat de la 20th Century Fox par les studios Disney.

Sorti dans un premier temps en salles sur le sol américain mais pour une durée limitée, comme tant d’autres œuvres cinématographiques de par le monde depuis l’an dernier, THE EMPTY MAN embarrasse la « maison de Mickey » qui ne sait quoi en faire. Avec l’arrivée de son service de streaming Disney + / Star, le film y est alors proposé en toute discrétion, entre les classiques de l’animation et les créations originales. Voilà pour le contexte.

À première vue, il faut reconnaître que THE EMPTY MAN est plutôt inclassable. Le film débute par une longue introduction, située au Bhoutan, à l’Est de la chaîne de l’Himalaya, en 1995. 4 jeunes gens, partis en expédition, y font une étrange et mortelle découverte. Puis le film enchaîne 23 ans plus tard, aux États-Unis, dans une enquête qui ne semble avoir aucun lien direct avec l’introduction.

Il y est alors question d’une étrange disparition, d’une secte basée sur le nihilisme et d’un croque-mitaine surgit du néant, le fameux « homme vide » du titre, que l’on fait apparaître par la pensée. Je sais, sous cet angle, il y a de quoi se demander où tout cela peut bien mener.

Les esprits chagrins diront (ils le disent déjà sur la toile…) que le scénario de THE EMPTY MAN emprunte à de multiples thrillers et autres films d’épouvante, tels CANDYMAN ou THE WICKER MAN (l’originale, pas le remake). Ça n’est pas aussi simple. Car les nombreuses et évidentes références du film en font sa force et sa faiblesse.

Sa force dans le sens où le récit ne s’oriente jamais tout à fait vers une direction attendue. Sa faiblesse puisque trop de « générosité » dans le propos de base n’évite pas la confusion des genres.

Comme déjà évoqué en début d’article, THE EMPTY MAN mêle horreur, thriller, surnaturel, critique sociale, culte satanico-philosophique… Bref, un récit où le « trop » pourra provoquer le rejet ou l’emballement un poil excessif, comme vous vous en rendrez compte facilement en cherchant les retours divers partagés sur le net. Pour ne pas changer.

Entre engouement et dégoût, les avis sont partagés. Pour ma part, le film m’a rapidement accroché. Le début, souvent considéré comme un court-métrage isolé du reste du film, trouve quelques explications – mais pas trop – dans le dernier tiers du récit. Et malgré ses 2h15, THE EMPTY MAN ne m’a pas ennuyé une seconde.

Le rythme volontairement lent va déconcerter les adeptes des montages épileptiques. Il donne en vérité une atmosphère pesante et vénéneuse au film, l’éloignant d’une œuvre gore pour privilégier l’angoisse.

Soutenu par une bande originale prenante et un excellent travail sur le son, THE EMPTY MAN n’en est pas moins confus par endroit. Et une seconde vision ne sera certes pas de trop pour pleinement apprécier (du moins je le pense) sa conclusion choc mais complexe. En tous les cas… c’est ce que j’ai fait !

Si le film n’est pas à montrer aux âmes (trop) sensibles, THE EMPTY MAN parvient à instaurer l’angoisse en jouant avec nos nerfs et une horreur psychologique. Certaines scènes resteront gravées en vous, comme celle de la découverte choc sous le pont. Ou bien encore cette hôtesse au sourire figé et au visage inquiétant à l’accueil de l’organisme / secte. Et même cette séquence du mystérieux rituel, la nuit autour d’un immense feu de camp…

Doté d’un casting peu ou pas connu mais impliqué et d’une intrigue évoluant à la manière d’une enquête dans laquelle le spectateur peut se projeter, THE EMPTY MAN est un premier long-métrage à découvrir, qui réussit à distiller ce frisson que peu de films récents parviennent à créer : la peur.


THE EMPTY MAN (2020) de David Prior
Avec James Badge Dale, Marin Ireland, Sasha Frolova, Samantha Logan, Stephen Root…
Scénario : David Prior. Musique : Christopher Young / Lustmord.

Crédits photos : 20th Century Fox


Bande-annonce

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