Coup de cœur pour THE BATMAN

L’histoire

Depuis 2 ans, la ville de Gotham City est sous la protection d’un mystérieux justicier, le Batman. Sous son masque se cache le jeune milliardaire Bruce Wayne. Mais un tueur en série – se faisant appeler le Riddler – assassine un à un les notables de la cité. Sur les lieux de chaque crime, le Riddler laisse un message à énigme, s’adressant directement au Batman…


Au coeur des ténèbres

Les amateurs de comics – et de Batman en particulier – savent que les personnages iconiques des BD américaines connaissent autant d’aventures que de «vies» selon les différents auteurs en charge de leurs récits. Ainsi, Batman, créé il y a plus de 80 ans par Bill Finger et Bob Kane, a déjà connu 1000 vies, tantôt proche du film noir, du cartoon délirant, du fantastique gothique ou du réalisme des années 70. Ses adaptations cinématographiques suivent le même parcours, en fonction des cinéastes, des scénaristes et de l’époque.

THE BATMAN, réalisé par Matt Reeves (CLOVERFIELD, LA PLANETE DES SINGES : SUPREMATIE…), est une nouvelle approche du personnage, de son alter ego Bruce Wayne et de son univers torturé. Point d’explication sur ses origines ici, ni d’épilogue sur un héros fatigué : le film présente les débuts du Caped Crusader, avec un jeune justicier ténébreux avide de vengeance – c’est d’ailleurs ici son autre surnom – qui se trompe, hésite et ne gagne pas toujours à la fin.

La 1ère grande réussite de cette nouvelle version est de resituer le personnage à sa juste place, soit au coeur des ténébres. Batman est une créature de la nuit, (très) effrayante pour les petits malfrats de Gotham, apparaissant et disparaissant au détour d’une ruelle, se fondant dans l’obscurité comme dans une seconde peau, inspirant la peur.

Un autre point positif est d’avoir mis le héros au centre du récit. Le film se nomme THE BATMAN et Reeves nous offre une histoire dont le protagoniste principal EST Batman, pas ses ennemis tous aussi marquants soit-ils.

Comme ce fut déjà le cas pour Michael Keaton en 1989, l’annonce de Robert Pattinson dans le double rôle de Bruce Wayne / Batman en avait fait hurler plus d’un et plus d’une. Oubliez ici le vampire pour midinettes : l’acteur est impeccable dans les 2 rôles.

Son Bruce Wayne se différencie des autres interprétations par une approche bien plus mélancolique et ténébreuse, et donc plus  réaliste pour un jeune homme qui a vu ses parents assassinés sous ses yeux alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Quant à son incarnation de Batman, elle s’impose le temps d’une séquence appelé à entrer dans la légende. Quelques pas qui raisonnent sur l’asphalte et une silhouette qui se détache de l’ombre pour s’avancer vers ses proies, comme si le comics prenait vie sous nos yeux.

Bien sûr, si le Chevalier Noir est au coeur du récit, ses ennemis ne sont pas mis de côté pour autant. Dans le rôle glaçant d’un Riddler ravagé par la folie, Paul Dano interprète un «homme mystère» à 100 lieues de la version hystérico-burlesque de Jim Carrey dans BATMAN FOREVER. Véritable nerd poupin au regard perdu, ce Riddler tient plus du tueur en série de SE7EN que d’un bouffon habillé de vert de la tête aux pieds.

Personnage inquiétant et tragique à la fois (comme la majorité des antagonistes de Batman), le Riddler fait prendre conscience à Batman que l’un comme l’autre sont épris de vengeance. Et que seuls leurs environnements respectifs les différencient.

Au bout d’un parcours initiatique éprouvant, débouchant sur des révélations dramatiques l’impliquant directement, Batman / Bruce Wayne comprend que pour atteindre le but qu’il s’est fixé la vengeance seule n’est pas une fin en soi. Le don de sa propre personne pour la survie des autres est aussi ce qui l’imposera dans le temps.

Autour de Robert Pattinson et Paul Dano, l’ensemble du casting est tout aussi pertinent. Zoe Kravitz interprète une Selina Kyle / Catwoman féline, forte et fragile, même si son personnage semble parfois moins développé qu’il n’aurait pu l’être.

A côté d’un Jeffrey Wright, solide et sobre dans le rôle d’un Lieutenant Gordon proche du Felix Leiter qu’il incarnait dans les derniers James Bond, John Turturro s’impose rapidement comme le véritable «monstre» de l’histoire dans le rôle d’un caid de la pègre, puisant sans doute ses références dans les films de gangsters des années 30 et 40 ou dans la série animée Batman des années 90.

Colin Farrell est quant à lui méconnaissable sous l’épaisse couche de latex d’Oswald le Pingouin. Si le personnage apparaît lui aussi secondaire, voire anecdotique, son allure repoussante et caractéristique nous ramène aux comics. Et il n’est pas improbable qu’on le retrouve dans de futures suites…

Enfin le film de Matt Reeves nous offre l’occasion de voir à visage découvert Andy Serkis, spécialiste de la Motion Capture – Gollum dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX ou KING KONG dans la version de 2005, c’était lui ! –  dans le rôle d’Alfred Pennyworth, le majordome de Bruce Wayne / Batman, et seul proche connaissant sa double identité.

Ajoutez à l’ensemble une impressionnante Batmobile (évoquant l’Interceptor de MAD MAX) et une BO réussie de Michael Giacchino (STAR TREK, LES INDESTRUCTIBLES, SUPER 8…) et vous obtenez (en ce qui me concerne) une nouvelle interprétation du Caped Crusader immanquable et s’imposant comme une réussite. S’articulant autour de l’aspect « détective » de Batman, le plaçant dans une enquête sombre et un décor poisseux (et pluvieux) comme tout droit sorti de SE7EN, THE BATMAN est à même de séduire les Bat-fans comme les non-initiés.


THE BATMAN de Matt Reeves (2022)
Avec Robert Pattinson, Zoe Kravitz, Jeffrey Wright, Paul Dano, John Turturro, Colin Farrell, Andy Serkis…
Scénario : Matt Reeves et Peter Craig, d’après les personnages créés par Bill Finger et Bob Kane.
Musique : Michael Giacchino.

© Crédits photos : Warner Bros Pictures


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